Sans chef — l’étape suivante à Gaza : « La neutralisation prouve que le démantèlement du Hamas est possible. De gré ou de force »
Un jour après la neutralisation d’Izzeddine Al-Haddad, chef de la branche militaire du Hamas, une source haut placée impliquée dans les efforts de reconstruction de la bande de Gaza a livré ce samedi une analyse qui ne laisse guère de place au doute : le désarmement du Hamas est une question de temps, pas de principe. L’opération israélienne, loin de faire dérailler le processus diplomatique, pourrait bien l’accélérer.
« La neutralisation d’Izzeddine Al-Haddad prouve que le démantèlement du Hamas est possible, y compris par la force », a déclaré ce haut responsable. « Ce n’est pas terminé. Le Hamas sera désarmé, de gré ou de force. Il est possible que cet acte les pousse à accepter un désarmement volontaire — mais ce n’est pas garanti non plus. Si le désarmement se fait de leur plein gré, ce sera dans leur intérêt. Plus ils temporisent, moins c’est dans l’intérêt de qui que ce soit, y compris le leur. C’est du « win win » ou du « lose lose » — mais ils seront désarmés dans tous les cas. »
Washington ne nourrit pas de rancœur
La frappe soulève une question logique : le Conseil de la paix de Trump — l’instance internationale supervisée par les États-Unis chargée de piloter la reconstruction de Gaza — a-t-il mal pris l’initiative israélienne, qui intervient en plein milieu d’un processus diplomatique délicat ?
La réponse du haut responsable est sans ambiguïté. « Il n’y a pas de colère envers Israël. Nous continuons normalement, et il est clair pour tout le monde que le Hamas est en infraction avec l’accord — c’est lui qui a provoqué cette situation. »
Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz, en annonçant l’opération, avaient d’ailleurs insisté sur le fait qu’Al-Haddad « avait refusé d’appliquer l’accord que le président Trump avait conduit pour le désarmement du Hamas et la démilitarisation de la bande de Gaza ». Selon une source israélienne citée vendredi soir, Guennadi Mladenov, président du Conseil de la paix, aurait lui-même exprimé son exaspération face à l’intransigeance du Hamas sur les questions essentielles — ce qui l’amènerait théoriquement à ne pas pleurer la disparition d’Al-Haddad.
Le Hamas, pour sa part, a diffusé un communiqué officiel confirmant la mort de son chef militaire, tué avec son épouse, sa fille et plusieurs civils. L’organisation a qualifié la frappe de nouvelle tentative israélienne ratée d’imposer une réalité politique par la force, et a appelé les médiateurs à contraindre Israël à respecter les termes de l’accord.

La prochaine étape : le comité technocratique entre dans l’arène
Au-delà de la dimension militaire, le haut responsable interrogé par Ynet a précisé ce que sera concrètement la prochaine séquence sur le terrain : l’introduction du comité technocratique palestinien et d’une force de maintien de l’ordre palestinienne dans les zones placées sous contrôle israélien — et non dans celles où le Hamas exerce encore son autorité.
« Il y a une coopération très satisfaisante. C’est davantage une question de coordination et d’organisation que de désaccord fondamental. Nous passons à la reconstruction — certes pas totale, mais à la reconstruction. Il reste encore énormément à faire au préalable : évacuation des décombres, obstruction des tunnels. Tout est en cours. La décision du Conseil de la paix est de ne pas interrompre les préparatifs de la reconstruction. »
Ce comité technocratique, présidé par l’ingénieur palestinien Ali Shaath, a été constitué en janvier 2026 dans le cadre de la deuxième phase du plan américain pour Gaza. Composé de quinze techniciens palestiniens sans appartenance au Hamas ni à l’Autorité palestinienne, il est supervisé par le Conseil de la paix coprésidé par Trump, dont font partie le secrétaire d’État Marco Rubio, l’émissaire Steve Witkoff et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Sa mission : gérer les affaires civiles quotidiennes et coordonner la reconstruction d’un territoire dévasté à plus de 80 % selon les estimations onusiennes.
Le Hamas, en infraction depuis des semaines
La source consultée par Ynet n’a pas hésité à qualifier la position du Hamas en termes clairs : « Le Hamas est en infraction avec l’accord depuis plusieurs semaines, avec toutes les conséquences que cela implique. Comme le président Trump l’a dit : « Le Hamas désarmera d’une bonne ou d’une mauvaise façon. » Ils se sont mis dans cette situation eux-mêmes. Le désarmement aura lieu dans tous les cas. Nous ne disons pas à Israël si elle doit reprendre ou non les combats — c’est la décision d’Israël. »
Le nœud du problème est connu depuis plusieurs mois. Après la restitution du corps du dernier otage israélien, Ran Gueli, le Hamas a refusé catégoriquement de passer à la deuxième phase de l’accord, affirmant qu’Israël n’avait pas respecté l’ensemble de ses engagements de la première phase. L’organisation continue de soutenir que le désarmement est une question qui dépend du peuple palestinien, conditionnée à la création d’un État palestinien et à la fin de l’occupation — une position que les médiateurs américains jugent incompatible avec le cadre du plan de paix.
La neutralisation d’Al-Haddad, figure centrale de cette intransigeance, s’inscrit dans cette logique de pression maximale. Elle constitue un signal adressé autant à la direction restante du Hamas qu’aux médiateurs : Israël entend ne pas laisser le processus se diluer dans l’attente indéfinie d’une coopération qui ne vient pas.
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