Selon le nombre de morts en Iran : Trump exige des plans de frappe « décisifs » contre l’Iran

Alors que la répression en Iran atteint des niveaux qualifiés d’historiques par de nombreux observateurs internationaux, le président des États-Unis Donald Trump continue d’exercer une pression intense sur son entourage afin d’obtenir des options militaires qu’il décrit comme « décisives » contre le régime iranien. Cette position intervient après son recul, la semaine dernière, concernant des frappes immédiates contre l’Iran, dans un contexte où Téhéran semble avoir resserré son contrôle interne tout en poursuivant une répression meurtrière contre les manifestants.

Selon des sources américaines citées par le Wall Street Journal, les discussions au sein de l’administration américaine se poursuivent à un rythme soutenu. Elles ont lieu alors que les États-Unis déploient des moyens militaires massifs au Moyen-Orient, signe clair que l’option militaire reste pleinement sur la table, même si aucune décision finale n’a encore été prise.

Sur le plan naval, le groupe aéronaval du porte-avions USS Abraham Lincoln a été redéployé depuis la zone indo-pacifique vers le Moyen-Orient. Selon des analyses publiées par le site spécialisé The War Zone, le porte-avions a traversé le détroit de Malacca puis le golfe du Bengale, opérant sous silence radio, avec ses systèmes de localisation désactivés. Ce type de manœuvre est généralement interprété comme une préparation à des opérations sensibles.

Dans les airs, des avions de combat américains F-15E Strike Eagle ont été déployés depuis la base de la Royal Air Force à Lakenheath, au Royaume-Uni. Ces appareils, conçus pour des missions de frappe de précision et de défense aérienne, sont soutenus par des avions ravitailleurs KC-135, permettant une présence prolongée dans la région. Parallèlement, une part exceptionnelle de la flotte américaine de transport stratégique a été mobilisée : environ 75 % des avions C-17 Globemaster III ont participé, au cours des deux dernières semaines, à un véritable pont aérien vers le Moyen-Orient, acheminant troupes et équipements lourds, dont des chars Abrams et des véhicules blindés Bradley.

Cette montée en puissance ne se limite pas aux capacités offensives. Les États-Unis renforcent également leur dispositif défensif dans la région. Des batteries supplémentaires de missiles Patriot et des systèmes THAAD destinés à l’interception de missiles balistiques à haute altitude sont en cours de déploiement dans le golfe Persique. Ces systèmes viennent s’ajouter à environ 30 000 soldats américains et à six navires de guerre déjà placés sous le commandement du US Central Command.

Ces mouvements militaires pourraient constituer la première phase d’une montée en puissance plus large, destinée à offrir au président Trump un éventail complet d’options militaires. Selon plusieurs responsables américains, le président insiste sur le terme « décisif » pour qualifier toute action éventuelle contre l’Iran, signifiant par là qu’il ne souhaite pas de frappes symboliques ou limitées, mais une opération capable de produire un impact stratégique majeur sur le régime.

Cette exigence a poussé le Pentagone et la Maison-Blanche à affiner différents scénarios. Certains envisagent des frappes ciblées contre des installations clés des Gardiens de la Révolution islamique, tandis que d’autres options, plus ambitieuses, viseraient à affaiblir directement les fondements du pouvoir iranien. Toutefois, des responsables soulignent que Trump n’a, à ce stade, donné aucun ordre formel de lancer des attaques, et que l’issue de ces délibérations demeure incertaine.

L’élément déclencheur de cette réflexion stratégique reste l’ampleur de la répression en Iran. Les estimations du nombre de victimes varient fortement, mais des responsables américains estiment que le bilan réel dépasse largement les chiffres initialement avancés de 2 000 à 3 000 morts. Mike Waltz a évoqué, en citant des évaluations internationales, un chiffre pouvant atteindre 18 000 morts, tués par les forces du régime lors de la répression des manifestations.

Interrogé cette semaine sur la possibilité d’une frappe américaine, Trump a indiqué que le régime iranien avait, selon lui, répondu aux avertissements de Washington en annulant des projets d’exécutions massives, notamment l’exécution annoncée de 837 prisonniers. « Nous devons simplement voir ce qui va se passer avec l’Iran », a-t-il déclaré, laissant planer une ambiguïté stratégique soigneusement entretenue.

Pour de nombreux experts, la question centrale dépasse toutefois la seule dimension militaire. Peut-on réellement renverser un régime étranger par la seule puissance aérienne américaine ? D’anciens responsables et analystes militaires rappellent que toute tentative sérieuse de changement de régime nécessiterait probablement une campagne prolongée, combinant actions aériennes et opérations terrestres, avec des risques considérables d’escalade régionale.

Cette complexité est reconnue jusque dans l’entourage de Trump. Le président a été abondamment briefé, la semaine dernière, sur les limites d’une intervention militaire et sur le fait que des frappes aériennes, aussi massives soient-elles, ne garantiraient pas nécessairement l’effondrement du régime iranien. La Maison-Blanche n’a d’ailleurs présenté aucun plan public sur la gestion d’un Iran post-régime, si une telle opération devait réussir.

Les signaux envoyés par Trump sur la question du leadership iranien restent contradictoires. S’il a exprimé des doutes sur la capacité de Reza Pahlavi à rassembler le pays après la chute éventuelle du régime, il a également déclaré, dans un autre entretien, souhaiter voir les dirigeants iraniens quitter le pouvoir. Il a qualifié le guide suprême Ali Khamenei d’« homme malade » qui devrait « cesser de tuer son propre peuple ».

De son côté, Téhéran a clairement averti que toute attaque américaine entraînerait des représailles directes contre les intérêts américains et leurs alliés. Le président iranien Massoud Pezeshkian a affirmé qu’une attaque visant le guide suprême équivaudrait à une « guerre totale contre la nation iranienne ».

Dans ce climat explosif, Israël observe la situation avec une attention extrême. Les précédents affrontements directs avec l’Iran ont déjà fortement sollicité les capacités de défense israéliennes, et Jérusalem a exprimé ses inquiétudes à Washington quant à sa capacité à faire face à une nouvelle vague de représailles iraniennes sans un soutien américain renforcé.

En définitive, l’administration Trump se trouve face à un dilemme stratégique majeur : intervenir militairement au risque d’un conflit régional prolongé, ou s’abstenir et accepter que la répression en Iran se poursuive, avec un coût humain et moral considérable. Les mouvements militaires en cours montrent toutefois que, pour Washington, l’option de la force reste non seulement envisageable, mais activement préparée.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés

Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News

📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢