Shin Bet contre la police : polémique sécuritaire autour des arrestations de gazaouis à Rahat

Un affrontement inhabituel a éclaté au sommet de l’appareil sécuritaire israélien après l’annonce de l’arrestation de trois individus dans la ville bédouine de Rahat. Alors que la police avait affirmé avoir interpellé des terroristes infiltrés depuis Gaza le 7 octobre, le Shin Bet a formellement démenti cette version, assurant qu’il s’agissait uniquement d’immigrants illégaux et non de combattants terroristes.

Selon un rapport transmis à la presse vers midi, le Shin Bet indique avoir fourni à la police des informations concernant la présence de Palestiniens en situation irrégulière dans un village bédouin, sans jamais évoquer un lien avec le terrorisme ni une infiltration lors de l’attaque du 7 octobre. Les services de renseignement précisent que ces individus, originaires de la bande de Gaza, avaient travaillé en Israël avant la guerre avec des permis légaux. À l’expiration de ces permis, ils ne seraient pas rentrés à Gaza et se seraient dissimulés sur le territoire israélien, en violation de la loi mais sans preuve d’activité terroriste.

Cette version contredit frontalement le communiqué diffusé plus tôt dans la matinée par la Police israélienne et la Garde nationale. Les forces de l’ordre avaient alors affirmé que l’un des détenus était un militant du Hamas et que les trois hommes avaient pénétré en Israël avec les « hordes de terroristes » lors de l’assaut du 7 octobre. La police évoquait également la découverte de munitions — une cinquantaine de cartouches de calibre 9 mm, dont des munitions de 7,62 mm pour fusils d’assaut Kalachnikov — ainsi que d’une machine destinée à la fabrication d’armes.

Des sources sécuritaires citées par plusieurs médias israéliens ont toutefois tempéré ces accusations, affirmant qu’« aucun élément ne permet d’établir que les trois détenus soient entrés en Israël avec les terroristes ». Cette précision renforce la position du Shin Bet et jette un doute sérieux sur la communication initiale des forces de police.

La réaction de la police ne s’est pas fait attendre. Dans une déclaration particulièrement virulente, elle a dénoncé toute remise en cause de la fiabilité de ses informations, estimant que de tels propos « ne servent pas la sécurité nationale » et pourraient être interprétés comme une tentative de masquer des défaillances au sein des services de sécurité. En filigrane, la police a laissé entendre que le Shin Bet porterait une part de responsabilité dans l’échec sécuritaire majeur du 7 octobre, une accusation lourde de conséquences institutionnelles et politiques.

Cet échange public met en lumière des tensions profondes au sein de l’appareil sécuritaire israélien, à un moment où la société israélienne exige transparence, efficacité et coordination maximale face aux menaces. La distinction entre immigration illégale et terrorisme n’est pas seulement juridique : elle conditionne la confiance du public dans ses institutions et la crédibilité des alertes sécuritaires. À Rahat, l’affaire dépasse désormais le cadre local et soulève une question centrale : dans l’Israël post-7 octobre, comment éviter que la lutte légitime contre le terrorisme ne se transforme en confusion opérationnelle aux conséquences potentiellement graves.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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