Les rapports sont apparus après quatre heures du matin, heure de l’Irak. Une mystĂ©rieuse attaque aĂ©rienne près de l’aĂ©roport avait provoquĂ© des rumeurs de sa fermeture quelques heures plus tĂ´t. A cette Ă©poque, il y avait deux vols entrants. Un vol de Pegasus et de l’Irak. Trois ou quatre roquettes ont frappĂ© près de l’aĂ©roport. Il a Ă©tĂ© signalĂ© que les hĂ©licoptères amĂ©ricains avaient survolĂ© la zone Ă distance.
On ne sait pas si les États-Unis ont agi seuls ou qui d’autre pourrait ĂŞtre responsable du raid aĂ©rien. Le secrĂ©taire d’État amĂ©ricain Mike Pompeo avait appelĂ© les dirigeants du Moyen-Orient pour rĂ©affirmer leur soutien et discuter de la stratĂ©gie. Il a appelĂ© le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le prince hĂ©ritier des Émirats arabes unis Mohammed bin Zayed Al Nahyan et le prince hĂ©ritier Mohammed Bin Salman en Arabie saoudite. Il a Ă©galement appelĂ© les dirigeants irakiens et le Qatar. Il a averti Muhandis ainsi que Qais Khazali, un chef de milice chiite que les États-Unis allaient agir. Il a ensuite mis en garde les dirigeants des UnitĂ©s de mobilisation populaire soutenues par l’Iran, Hadi al-Amiri et Faleh al-Fayed.
Muhandis Ă©tait responsable de l’attaque contre les forces amĂ©ricaines Ă K-1 le 27 dĂ©cembre qui a entraĂ®nĂ© la mort d’un entrepreneur amĂ©ricain. Il est responsable des attaques contre les AmĂ©ricains depuis les annĂ©es 1980. Qais Khazali est Ă©galement responsable des attaques au Camp Cropper en 2007. Mais c’est Muhandis qui a toujours Ă©tĂ© Ă la tĂŞte du puissant soutien iranien Ă un rĂ©seau de milices de la rĂ©gion qui ont aidĂ© Ă orienter cette politique. Muhandis a jouĂ© un rĂ´le dĂ©terminant dans le soutien du Hezbollah et a travaillĂ© en Ă©troite collaboration avec Imad Mughniyeh du Hezbollah dans le passĂ©. Mughniyeh a Ă©tĂ© tuĂ© en 2008.
En rĂ©sumĂ© ´: les activitĂ©s de l’Iran en 2019 se sont accĂ©lĂ©rĂ©es et reprĂ©sentaient une menace croissante pour l’Irak, la Syrie, le Liban et le YĂ©men, ainsi qu’une menace le long de 3 000 milles de ligne de front depuis la frontière libanaise avec IsraĂ«l jusqu’au golfe d’Oman et au YĂ©men. Qasem Soleimani a jouĂ© un rĂ´le clĂ© dans la construction des menaces de l’Iran dans ce sens. Muhandis Ă©tait, comme son nom l’indique, l’ingĂ©nieur qui a contribuĂ© Ă renforcer le rĂ´le de l’Iran en Irak et Ă©galement en Syrie.
Ces hommes, Qasem Soleimani, Muhandis et leur rĂ©seau, Ă©taient personnellement austères et frugaux. Ils s’habillaient presque tous les jours sans ĂŞtre ornĂ©s de mĂ©dailles. Ils faisaient partie de la population civile et faisaient partie de leurs hommes. Ils Ă©taient souvent raffinĂ©s dans leurs manières. Les vidĂ©os de Muhandis le montrent dĂ©tendu, allongĂ© sur le sol pour une sieste de quelques secondes et parlant doucement. Ces hommes reprĂ©sentaient une menace dangereuse non pas en raison de leurs bluffs, mais en raison de leur caractère pratique et des dĂ©cennies au cours desquelles ils ont perfectionnĂ© leurs compĂ©tences.
Dans les annĂ©es 80, Muhandis et ses semblables ont soutenu le terrorisme contre les installations diplomatiques amĂ©ricaines du KoweĂŻt au Liban. C’Ă©tait son champ d’opĂ©rations. Cela leur a pris du temps, mais ils ont construit des franchises comme le Hezbollah au Liban et le Kataib Hezbollah en Irak. Ce n’est qu’après 2010 que leurs rĂŞves pourront enfin se rĂ©aliser. Après le printemps arabe et le chaos dĂ©chaĂ®nĂ©, ils ont mobilisĂ© les hommes pour faire face Ă la menace de Daech et ont rempli leur vide avec leurs propres bases et combattants. C’est ainsi que le Kataib Hezbollah d’Irak s’est retrouvĂ© en Syrie avec le Hezbollah.
Ce n’est qu’au cours des deux dernières annĂ©es que son rĂŞve d’un Moyen-Orient dominĂ© par l’Iran s’est rĂ©alisĂ©. Ils Ă©taient arrogants. Ils avaient le genre d’arrogance dont ils accusaient l’Occident. Qasem Soleimani Ă©tait plus dans l’ombre et Muhandis plus apparent. Ils ont agi en tant que chefs d’État. Ses milices en Irak, appelĂ©es unitĂ©s de mobilisation populaire (PMU), semblaient dominer non seulement les forces de sĂ©curitĂ© mais aussi le parlement. Ils avaient le deuxième parti en importance en Irak et avaient accès Ă 300 000 hommes qu’ils avaient recrutĂ©s. La plupart d’entre eux Ă©taient de jeunes chiites qui voulaient combattre Daesh. Ce qui importait, c’Ă©tait un plus petit groupe d’hommes dans les brigades PMU. Ils ont stockĂ© des munitions et depuis aoĂ»t 2018, ont dĂ©placĂ© des missiles balistiques iraniens Ă travers l’Irak vers la Syrie. En Syrie, ils ont construit un rĂ©seau de bases de l’Imam Ali au T-2, T-4 et autres. Ce rĂ©seau visait Ă dĂ©placer des munitions Ă guidage de prĂ©cision vers le Hezbollah au Liban. Il a Ă©galement tentĂ© d’importer la dĂ©fense aĂ©rienne, le 3e système de Khordad, en avril 2018. IsraĂ«l en a Ă©vitĂ© plus d’une.
Enfin, après le massacre et les attentats qui ont blessé les Américains le 27 décembre, les États-Unis ont agi.
Le Kataib Hezbollah a rĂ©pondu le 29 dĂ©cembre par l’attaque de l’ambassade amĂ©ricaine. Travailler avec le commandant de l’organisation Badr, Hadi al-Amiri, qui joue un rĂ´le au sein de l’UGP et du Parlement, a ouvert les portes de la zone verte et les membres de l’UGP ont pris d’assaut l’ambassade. Ils ont Ă©crit « Soleimani est mon chef » dans la caserne.
Quarante-huit heures plus tard, Qasem Soleimani  et Muhandis ont Ă©tĂ© attaquĂ©s lors d’un raid aĂ©rien près de l’aĂ©roport. C’est une fin appropriĂ©e pour les hommes qui pensaient qu’il n’y aurait pas de rĂ©ponse aux provocations. Ce sera un coup dur pour leurs organisations et leur rĂ©seau, car tuer Mughniyeh a Ă©tĂ© un coup dur. Mais ils ont encore des cadres et des loyalistes. Qais Khazali, Hassan Nasrallah et Hadi al-Amiri sont toujours en Irak et au Liban. L’IRGC d’Iran a des responsables puissants et a dĂ©veloppĂ© une nouvelle technologie pour les drones et les missiles. Les États-Unis ont envoyĂ© un message fort qu’ils n’oublieront pas, car les USA ne tolĂ©reront le meurtre d’AmĂ©ricains.
Article de SETH J. FRANTZMAN dans The Jerusalem Post | Traduit par : Infos Israël News





