Le tribunal de première instance a rĂ©cemment ordonnĂ© au ministère de la DĂ©fense de reconnaĂ®tre comme vĂ©tĂ©ran de Tsahal un ancien soldat qui a dĂ©veloppĂ© la schizophrĂ©nie pendant son service, ce qui l’a amenĂ© Ă nĂ©gliger sa santĂ© et plus tard a causĂ© sa mort.
En 1983, le dĂ©funt a Ă©tĂ© reconnu invalide par l’armĂ©e israĂ©lienne en raison d’un trouble schizo-affectif causĂ© pendant et Ă la suite de son service dans l’armĂ©e, et il a reçu une invaliditĂ© de 50 % en raison d’un trouble mental avec une grave limitation fonctionnelle.Â
Il est dĂ©cĂ©dĂ© en 2019, deux mois seulement après avoir reçu un diagnostic de cancer du cĂ´lon Ă un stade mĂ©tastatique avancĂ©, et a subi une opĂ©ration dont il n’a pas rĂ©ussi Ă se remettre. Quelques mois après sa mort, sa veuve a fait appel Ă l’officier d’indemnisation du ministère de la DĂ©fense pour lui demander de le reconnaĂ®tre comme vĂ©tĂ©ran de Tsahal, affirmant que sa mort Ă©tait en rĂ©alitĂ© causĂ©e par la maladie mentale reconnue comme une maladie causĂ©e pendant et Ă la suite de son service militaire.
Selon elle, en raison de sa schizophrĂ©nie, le dĂ©funt a commencĂ© Ă s’isoler et Ă fumer cigarette après cigarette sans arrĂŞt, et avec l’aggravation de son Ă©tat mental, il a atteint la consommation de cinq paquets de cigarettes par jour. En outre, on prĂ©tend qu’en raison de sa maladie mentale, il a nĂ©gligĂ© sa santĂ© et a Ă©vitĂ© pendant de nombreuses annĂ©es les tests de coloscopie et les tests de dĂ©tection de sang dans les selles, malgrĂ© les recommandations de ses mĂ©decins, et que le cancer a donc Ă©tĂ© diagnostiquĂ© trop tard. Ă€ la demande Ă©taient joints les avis mĂ©dicaux d’un gastro-entĂ©rologue et d’un psychiatre qui Ă©tayaient les allĂ©gations.
En revanche, le ministère de la DĂ©fense a insistĂ© sur le fait qu’aucun lien n’avait Ă©tĂ© Ă©tabli entre le dĂ©cès du dĂ©funt et sa maladie mentale. La dĂ©cision Ă©tait basĂ©e sur des opinions opposĂ©es selon lesquelles il est peu probable que le tabagisme ait causĂ© le cancer du cĂ´lon et que la maladie mentale soit la cause du retard du diagnostic.
La veuve a refusĂ© d’abandonner. Dans un recours dĂ©posĂ© devant le tribunal par l’intermĂ©diaire de Me Uri Tzfouri, elle a attaquĂ© la dĂ©cision de l’officier d’indemnisation, entre autres, au moyen d’avis complĂ©mentaires rĂ©futant ceux soumis par le ministère de la DĂ©fense.
Dans ce contexte, le tribunal a dĂ©signĂ© en son nom des experts neutres dans les domaines de l’oncologie et de la psychiatrie. En effet, l’oncologue pensait que le tabagisme Ă©tait très probablement Ă l’origine du cancer du cĂ´lon, et que la schizophrĂ©nie contribuait au retard du diagnostic.
En revanche, le psychiatre s’est montrĂ© moins dĂ©cisif. Il a soulignĂ© que la relation entre la schizophrĂ©nie et le tabagisme est complexe et qu’il n’est pas possible de dĂ©terminer une relation causale entre les deux, mais on peut dire que les personnes atteintes de schizophrĂ©nie ont plus de difficultĂ© Ă arrĂŞter de fumer. Cependant, sur la question du retard dans le diagnostic du cancer, le psychiatre, au nom du tribunal, a Ă©galement estimĂ© que la schizophrĂ©nie aurait pu contribuer Ă la nĂ©gligence des tests mĂ©dicaux et au retard dans le diagnostic de la maladie.
Suite Ă l’avis qui penchait clairement en faveur de la veuve, le ministère de la DĂ©fense a rĂ©cemment informĂ© le tribunal de sa dĂ©cision de reconnaĂ®tre le dĂ©funt comme soldat de Tsahal. Le juge Shay Mizrahi a donnĂ© Ă cette annonce l’effet d’un verdict.






