Steinitz avertit : un conflit avec l’Iran pourrait étendre la menace balistique jusqu’à l’Europe

Le professeur Yuval Steinitz, président de Rafael, a lancé un avertissement inhabituel lors de l’émission « Rencontre avec la presse » : « S’il y a un affrontement avec l’Iran, il est possible qu’une partie des missiles iraniens atteigne également l’Europe ». Cette déclaration, venant d’un acteur central de l’industrie de défense israélienne, élargit considérablement le cadre habituel de la menace iranienne, généralement perçue comme régionale.

Jusqu’à présent, les discussions publiques sur un éventuel affrontement avec l’Iran se concentraient principalement sur le Moyen-Orient : Israël, les bases américaines dans la région, et les pays du Golfe. L’hypothèse évoquée par Steinitz introduit une dimension nouvelle, celle d’un impact potentiel direct sur le continent européen, modifiant profondément la lecture stratégique d’un tel conflit.

L’avertissement ne constitue pas une prédiction, mais une possibilité conditionnelle, clairement formulée comme telle. Il repose sur l’idée qu’un conflit de haute intensité pourrait entraîner l’utilisation de capacités balistiques de longue portée, dépassant le cadre strictement régional. En évoquant l’Europe, Steinitz souligne implicitement que les frontières géographiques traditionnelles ne suffisent plus à contenir les effets d’un affrontement moderne impliquant des puissances disposant de vecteurs avancés.

Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions accrues autour de l’Iran, marqué par des discussions diplomatiques sur le nucléaire, des déclarations de dissuasion, et une accumulation de signaux militaires contradictoires. L’idée que des missiles puissent atteindre l’Europe transforme le conflit potentiel en enjeu de sécurité continentale, et non plus seulement régionale ou bilatérale.

Le rôle de Yuval Steinitz donne un poids particulier à cette déclaration. En tant que président de Rafael, entreprise au cœur du développement de systèmes de défense antimissile, sa lecture repose sur une compréhension fine des capacités balistiques et des scénarios de confrontation. Sans détailler de trajectoires, de portées exactes ou de pays concernés, il met en lumière un risque systémique : celui d’une escalade qui ne respecterait aucune ligne géographique prédéfinie.

L’hypothèse d’une extension du champ de menace vers l’Europe pose plusieurs questions stratégiques majeures. D’abord, elle suggère que les États européens pourraient devenir des acteurs indirectement exposés, même sans implication militaire directe. Ensuite, elle interroge la préparation des dispositifs de défense antimissile européens face à des scénarios jusque-là considérés comme improbables.

Sur le plan politique, un tel scénario modifierait profondément les calculs diplomatiques. Si l’Europe est perçue comme potentiellement exposée, la pression pour privilégier la désescalade et les solutions diplomatiques pourrait s’intensifier. À l’inverse, cette même perspective pourrait renforcer les logiques de dissuasion collective, en élargissant le cercle des acteurs concernés par la menace.

La déclaration de Steinitz s’inscrit également dans un débat plus large sur la nature des conflits contemporains. Les affrontements entre États dotés de capacités balistiques avancées ne sont plus confinés à des zones géographiques limitées. La portée des armes, la vitesse des vecteurs et la multiplicité des théâtres rendent toute escalade potentiellement globale dans ses effets, même si elle reste localisée dans ses causes.

Il est important de souligner que Steinitz n’évoque ni intention déclarée ni plan opérationnel spécifique. Il met en avant une possibilité stratégique, conditionnée à un affrontement ouvert. Cette nuance est essentielle : il s’agit d’un avertissement destiné à élargir la perception du risque, non d’une affirmation sur un scénario imminent.

En filigrane, cette prise de parole renforce l’argument selon lequel un conflit avec l’Iran ne serait pas un événement isolé, mais un choc aux répercussions multiples, susceptibles d’atteindre des zones jusqu’ici considérées comme périphériques. Elle rappelle que les décisions prises au Moyen-Orient peuvent avoir des conséquences bien au-delà de la région.

En définitive, l’avertissement de Yuval Steinitz agit comme un signal stratégique : dans un monde marqué par la prolifération de capacités balistiques avancées, aucun continent ne peut se considérer totalement à l’abri des effets d’un conflit majeur. L’Europe, souvent observatrice des tensions au Moyen-Orient, pourrait, dans certaines circonstances extrêmes, en devenir également une victime indirecte.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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