Une vive polémique secoue actuellement l’UNRWA au Liban. L’agence onusienne, chargée de l’aide et de l’éducation des réfugiés palestiniens, se retrouve au cœur d’une crise après la suppression du terme « Palestine » dans certains manuels scolaires utilisés dans ses écoles. En réaction, plusieurs organisations palestiniennes ont annoncé la fermeture des établissements scolaires dans les camps de réfugiés, dénonçant ce qu’elles considèrent comme une atteinte grave à l’identité nationale palestinienne.
Selon des sources palestiniennes relayées par l’agence de presse Quds Press, les écoles de l’UNRWA au Liban ont été fermées samedi dans le cadre d’un mouvement de protestation coordonné. Les organisations impliquées accusent la direction locale de l’UNRWA d’avoir opéré une « dérive dangereuse » par rapport à la mission historique de l’agence, en modifiant le contenu pédagogique transmis aux jeunes générations.
Au cœur de la controverse se trouve l’omission du nom « Palestine » dans certains supports éducatifs. Pour les représentants palestiniens, il ne s’agit pas d’un détail terminologique ou administratif, mais d’un acte lourd de signification politique et symbolique. Ils estiment que cette suppression contribue à effacer la conscience nationale des élèves et à banaliser la question des réfugiés palestiniens.
Le « Palestinian Return Center » (Institution du droit au retour) a publié un communiqué affirmant que l’enseignement dans les camps de réfugiés ne peut être considéré comme un espace neutre. Selon l’organisation, l’école est un lieu central de transmission de la mémoire collective, et retirer le nom de la Palestine des manuels revient à vider l’éducation de sa dimension nationale et historique. Elle accuse l’UNRWA de servir, volontairement ou non, des tentatives visant à diluer la question des réfugiés dans un cadre strictement humanitaire, détaché de ses racines politiques.
Dans le camp de Bourj el-Barajneh, au sud de Beyrouth, des organisations de jeunesse ont également exprimé leur colère. Dans un message largement diffusé sur les réseaux sociaux, elles ont rappelé que la Palestine n’est pas « un simple mot imprimé dans un livre », mais le cœur même de l’identité palestinienne, englobant la mémoire, l’histoire et le récit collectif transmis de génération en génération. Ces groupes ont appelé l’UNRWA à annuler immédiatement cette décision et à rétablir les contenus éducatifs contestés.
La crise met une nouvelle fois en lumière la position délicate de l’UNRWA, prise en étau entre les pressions politiques internationales, les exigences des pays hôtes et les attentes très fortes des communautés palestiniennes qu’elle sert depuis des décennies. Pour de nombreux réfugiés, l’agence ne se limite pas à fournir des services sociaux ou éducatifs : elle est perçue comme l’un des derniers garants institutionnels de la reconnaissance de leur statut et de leur histoire.
Cette affaire intervient dans un contexte régional déjà extrêmement tendu, où la question palestinienne est plus que jamais au centre des débats. Les critiques adressées à l’UNRWA s’ajoutent à celles formulées ces dernières années concernant ses programmes éducatifs, accusés tantôt de politisation excessive, tantôt – comme dans ce cas précis – de dépolitisation forcée.
À ce stade, la direction de l’UNRWA au Liban n’a pas publié de réponse détaillée aux accusations. Les organisations palestiniennes préviennent toutefois que la mobilisation se poursuivra tant qu’un engagement clair ne sera pas pris pour rétablir le terme « Palestine » dans les manuels et garantir que l’enseignement dispensé dans les camps respecte pleinement l’identité nationale palestinienne.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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