
Les États-Unis ont lancé ces derniers jours l’une de leurs opérations les plus significatives en Syrie depuis plusieurs années, envoyant un message clair à leurs ennemis comme à leurs alliés : Washington n’a aucune intention de quitter le théâtre syrien. Selon un communiqué du United States Central Command, une série de frappes aériennes et de raids de forces spéciales a conduit à la mort ou à la capture de 25 membres de l’État islamique.
Cette escalade fait suite à une attaque particulièrement grave menée le 13 décembre dans la région de Palmyre, au cours de laquelle deux soldats américains et un contractuel civil servant d’interprète ont été tués. Il s’agit des premières pertes américaines en Syrie depuis la chute du régime de Bachar el-Assad, un événement qui a profondément modifié l’équilibre sécuritaire du pays.
La riposte américaine s’est articulée en plusieurs phases. Le 19 décembre, les forces américaines, en coopération étroite avec l’aviation jordanienne, ont lancé une offensive aérienne massive baptisée « Œil du Faucon ». Plus de 70 cibles de Daech ont été frappées à travers la Syrie, à l’aide d’avions de chasse, d’hélicoptères d’attaque et de drones, avec plus de 100 munitions guidées tirées contre des centres de commandement, des dépôts d’armes et des camps d’entraînement. Le message transmis par le Pentagone était sans ambiguïté : toute atteinte aux forces américaines entraînera un coût « insupportable ».
Mais cette vague de frappes n’était que le prélude. Entre le 20 et le 29 décembre, l’opération est entrée dans une phase terrestre beaucoup plus ciblée. Des unités spéciales américaines, appuyées par des partenaires locaux, ont mené 11 raids commandos dans des zones contrôlées ou infiltrées par Daech. Sept terroristes supplémentaires ont été tués, dix-sept capturés, et quatre dépôts d’armes stratégiques ont été détruits dans le désert syrien, un espace que l’organisation jihadiste tente de transformer en sanctuaire.
L’un des éléments les plus notables de cette campagne est le niveau inédit de coopération régionale. La Royal Jordanian Air Force a joué un rôle central dans les frappes aériennes, reflet de l’inquiétude croissante à Amman face au risque de débordement de l’activité terroriste de Daech vers le territoire jordanien. Pour la Jordanie, la neutralisation des cellules jihadistes en Syrie est devenue un impératif de sécurité nationale.
Autre fait marquant : la coordination, au moins partielle, avec les forces de sécurité du nouveau pouvoir syrien dirigé par Ahmed al-Sharaa. Cette coopération, encore impensable il y a peu, suggère un changement de posture à Damas, qui voit désormais les États-Unis comme un partenaire dans la lutte contre les groupes jihadistes plutôt que comme une force d’occupation. En Israël, cette évolution est observée avec une grande prudence, voire une méfiance assumée. Des responsables sécuritaires israéliens redoutent qu’un rapprochement entre Washington et Damas ne restreigne à terme la liberté d’action de Tsahal sur le front syrien.
Malgré les succès opérationnels, les services de renseignement américains restent sur leurs gardes. Selon le CENTCOM, Daech cherche activement à exploiter le vide du pouvoir laissé par la chute du régime précédent pour se réorganiser dans les vastes étendues désertiques de l’est syrien. L’objectif affiché des États-Unis est clair : empêcher toute capacité de planification et d’exécution d’attentats contre des intérêts américains ou ceux de leurs alliés régionaux.
Au-delà de la lutte contre Daech, « Œil du Faucon » porte un message stratégique plus large. Il s’adresse également aux milices pro-iraniennes actives en Syrie et dans la région. Pour Iran, l’avertissement est limpide : les États-Unis entendent rester un acteur militaire majeur en Syrie, prêt à frapper rapidement et avec force pour défendre leurs intérêts et ceux de leurs partenaires.
Dans ce contexte volatil, l’opération américaine apparaît comme un signal de fermeté destiné à stabiliser une région en pleine recomposition, tout en rappelant que, malgré les débats internes à Washington, le retrait américain de Syrie n’est pas à l’ordre du jour.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés
Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News




