Tibi et Kasif : qu’est-ce qui est permis aux membres de la Knesset qui est interdit aux citoyens ordinaires ?

Plus tĂ´t dans la journĂ©e (lundi), nous avons annoncĂ© que la police avait approchĂ© le procureur gĂ©nĂ©ral avec une demande d’ouverture d’une enquĂŞte pĂ©nale contre les dĂ©putĂ©s Ahmad Tibi et Ofer Kasif de la liste commune. MK Kasif est vu en train d’attaquer un officier de police , et MK Tibi est vu en train d’aider un suspect qui a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© pour Ă©chapper aux policiers . En toile de fond des Ă©vĂ©nements de ces derniers jours, le Dr Amir Fox et le Dr Assaf Shapira, chercheurs Ă  l’Israel Democracy Institute, expliquent aux internautes de N12 : Ă€ quoi ressemblent les limites de l’immunitĂ© pour les membres de la Knesset ?

Pourquoi les dĂ©putĂ©s obtiennent-ils l’immunitĂ© ?

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Les membres de la Knesset se voient accorder l’immunitĂ© pour leur garantir la libertĂ© d’action d’agir sans crainte dans le cadre de leurs fonctions, et pour assurer leur indĂ©pendance vis-Ă -vis des autres autoritĂ©s.

De quels types d’immunitĂ© les membres de la Knesset bĂ©nĂ©ficient-ils ?

Les membres de la Knesset ont deux types d’immunitĂ© –

ImmunitĂ© procĂ©durale : empĂŞche la poursuite d’un membre de la Knesset pendant son mandat et concerne toute infraction pour laquelle un acte d’accusation a Ă©tĂ© dĂ©posĂ© contre lui. Dans le passĂ©, cette immunitĂ© Ă©tait accordĂ©e automatiquement et, pour la retirer, une demande spĂ©ciale du procureur gĂ©nĂ©ral Ă©tait nĂ©cessaire. Depuis 2005, le dĂ©putĂ© n’a pas d’immunitĂ© dĂ©libĂ©rative automatique – il peut plutĂ´t demander Ă  la Knesset, pour un certain nombre de raisons. Autrement dit, par dĂ©faut, il n’y a pas d’immunitĂ© dĂ©libĂ©rative, Ă  moins que la Knesset n’ait dĂ©cidĂ© de l’accorder.

Le membre de la Knesset bĂ©nĂ©ficie Ă©galement de l’immunitĂ© procĂ©durale de perquisition ou d’Ă©coute, sous rĂ©serve d’exceptions que seul le juge de la Cour suprĂŞme doit approuver. Ils bĂ©nĂ©ficient Ă©galement de l’immunitĂ© de dĂ©tention – sauf « s’ils sont surpris en train de commettre un crime avec lequel utiliser la force ou troubler la paix ou trahison ».

ImmunitĂ© substantielle : protège les actions liĂ©es au rĂ´le direct du membre de la Knesset, y compris : voter, exprimer une opinion orale ou Ă©crite, ou tout autre acte – Ă  l’intĂ©rieur ou Ă  l’extĂ©rieur de la Knesset – qui Ă©taient dans l’exercice de son rĂ´le de dĂ©putĂ© de la Knesset. Il s’agit principalement de dĂ©fendre la libertĂ© d’expression du membre de la Knesset – vote et actions qui remplissent sa fonction.

Cette immunitĂ© contredit la responsabilitĂ© pĂ©nale – elle ne porte pas atteinte après la fin du sacerdoce et ne peut ĂŞtre supprimĂ©e. Le tribunal a interprĂ©tĂ© cette immunitĂ© comme ne s’appliquant qu’au « composĂ© de risques naturels » de l’action du dĂ©putĂ©. Son objectif principal est de permettre Ă  l’Ă©lu d’agir en tant que parlementaire – de parler, de voter et d’agir librement dans son poste Ă  la Knesset, sans peur des transgressions et des poursuites.

Quelles mesures peuvent ĂŞtre prises contre les membres de la Knesset ?

L’État de droit exige que les membres de la Knesset soient Ă©galement soumis Ă  la loi, sous rĂ©serve de l’immunitĂ© matĂ©rielle (qui, comme indiquĂ©, n’est utilisĂ©e que pour les actions destinĂ©es Ă  remplir leur fonction). Une enquĂŞte pĂ©nale ne peut ĂŞtre ouverte contre eux qu’avec l’approbation du mĂ©diateur, et un dĂ©putĂ© peut ĂŞtre arrĂŞtĂ© – une dĂ©tention qui ne sera pas considĂ©rĂ©e comme une violation de son immunitĂ© – « s’il est surpris en train de commettre un crime avec lequel il utilise la force ou le trouble de paix ou de trahison »). Sous rĂ©serve de leur demande d’immunitĂ©, ils peuvent ĂŞtre poursuivis.

Lorsqu’un membre de la Knesset est soupçonnĂ© d’infractions graves, vous pouvez demander Ă  ĂŞtre entendu ou une perquisition est autorisĂ©e – sur ordonnance d’un juge de la Cour suprĂŞme. La Knesset peut Ă©galement, si nĂ©cessaire après la dĂ©cision du comitĂ© de la Knesset – accorder l’immunitĂ© d’arrestation, de perquisition ou d’Ă©coute Ă©lectronique. La Commission ne peut pas lever l’immunitĂ© matĂ©rielle.

Dans les cas oĂą un dĂ©putĂ© lève la main ou frappe un reprĂ©sentant officiel de l’État d’IsraĂ«l, quelles mesures peuvent ĂŞtre prises ?

Ă€ première vue, un acte de violence commis par un membre de la Knesset n’est pas protĂ©gĂ© par une immunitĂ© matĂ©rielle – qu’il s’agisse d’un reprĂ©sentant officiel de l’État ou de toute autre personne. Ceci, bien sĂ»r, est soumis aux circonstances du cas spĂ©cifique et aux questions de droit de la lĂ©gitime dĂ©fense. L’immunitĂ© substantielle n’est pas destinĂ©e Ă  protĂ©ger contre les actes de violence. Après coup, dans la mesure oĂą il existe effectivement des soupçons d’infraction pĂ©nale, une enquĂŞte peut ĂŞtre ouverte et Ă©ventuellement mĂŞme poursuivie – sous rĂ©serve des circonstances de l’incident et d’une demande d’immunitĂ© procĂ©durale.

Outre les poursuites pĂ©nales, la conduite inappropriĂ©e des membres de la Knesset peut ĂŞtre traitĂ©e par le biais de la commission d’Ă©thique. Cependant, le comitĂ© critique pour le fonctionnement de la Knesset et la confiance du public en elle n’a pas Ă©tĂ© Ă©tabli dans la Knesset actuelle – en raison d’un diffĂ©rend entre la coalition et l’opposition. Sans elle, le saccage effrĂ©nĂ© des membres de la Knesset ne peut ĂŞtre empĂŞchĂ©, et sa non-Ă©tablissement contribue Ă  la dĂ©tĂ©rioration continue du discours Ă  la Knesset et approfondit la crise politique dans laquelle nous nous trouvons.