Cette annĂ©e, le 14 Adar – Pourim – tombe un vendredi, et le 15 Adar, alias Purim Demukafin (cĂ©lĂ©brĂ© dans des villes qui Ă©taient entourĂ©es d’un mur au moment de la conquĂŞte de JosuĂ©) tombe le Chabbat. Nos sages ont dĂ©crĂ©tĂ© que lorsque la fĂŞte de Pourim tombe le Chabbat, nous ne lisons pas la MĂ©guila le Chabbat, car cela pourrait conduire Ă un transport illĂ©gal dans le domaine public. De mĂŞme, les autres mitsvot de la journĂ©e sont observĂ©es avant ou après Shabbat.
Les changements significatifs dans la pratique de Pourim s’appliquent principalement aux villes encerclĂ©es, dont nous ne savons avec certitude que JĂ©rusalem et JĂ©richo. Mais les Juifs qui vivent ailleurs seront Ă©galement affectĂ©s par le fait que leur Pourim tombe vendredi.
Voici les diverses lois qui s’appliquent cette annĂ©e Ă la fĂŞte de Pourim selon le rabbin Zvi Rimon :
En gĂ©nĂ©ral, les lois habituelles de Pourim s’appliquent cette annĂ©e aux Juifs vivant en dehors de JĂ©rusalem. La seule diffĂ©rence concerne le repas de Pourim. Lors de la tenue d’un repas de Pourim un vendredi, il faut le faire le matin (avant midi) ou au plus tard avant la prière de Mincha Ktana (vers 15h15), par respect pour le Shabbat, afin que l’on puisse entrer dans le Shabbat avec de l’appĂ©tit, et pour que les besoins du Shabbat soient correctement pris en charge.
Certains pratiquent le repas de Pourim dans l’après-midi, en s’appuyant sur la halakha de  » Mapa u’Mekadesh » qui dĂ©clare que pendant un repas de Yom Tov ou Pourim qui a commencĂ© Erev Shabbat jusqu’Ă Shabbat nĂ©cessitera le kiddouch de Shabbat, il n’est pas nĂ©cessaire d’arrĂŞter le repas, mais on peut faire motsi sur les challahs, faire le kiddouch et continuer le repas.
Cependant, tenir le repas de Pourim dans l’après-midi soulève une question concernant le fait de dire Al Hanissim (allumĂ© pour les miracles) qui est l’addendum liĂ© Ă Pourim aux prières après le repas. De plus, cette conduite empĂŞcherait de prier Maariv dans un minyan.
Par consĂ©quent, la coutume courante est de tenir le repas tĂ´t et de le manger avant midi. NĂ©anmoins, ceux qui commencent le repas de Pourim le vendredi après-midi et «glissent» dans le repas de Shabbat, ne violent aucune loi – Ă condition qu’ils conduisent la prière de Ma’ariv après le repas de Shabbat.
Les habitants de JĂ©rusalem ne disent pas Tachanoun le dimanche, car c’est le jour oĂą ils observent les mitsvot de Pourim, y compris la joie, la boisson et la fĂŞte. Il est Ă©galement de coutume pour les Juifs en dehors de JĂ©rusalem de ne pas dire Tachanoun.
Lois de la lecture de la Méguila à Jérusalem
Heure de lecture : lorsque le 16 de l’Ader tombe le Chabbat, la MĂ©guila n’est pas lue le Chabbat Ă JĂ©rusalem mais le vendredi (c’est-Ă -dire jeudi soir). La raison en est que nos sages craignaient qu’une personne ne porte la MĂ©guila le Chabbat dans le domaine public.
Lecture publique : En principe, lors de la lecture de la Megillah pas Ă l’heure normalement fixĂ©e, elle doit ĂŞtre lue avec un minyan. Les poskim (commentateurs juridiques) Ă©taient divisĂ©s sur la question de savoir si la lecture de la MĂ©guila par les habitants des villes fortifiĂ©es vendredi Ă©tait une lecture anticipĂ©e – pas Ă l’heure convenue. Selon la Mishna Brura, ce n’est pas le moment fixĂ© et nĂ©cessite donc un minyan, et si l’on lit sans un minyan, il ne devrait pas faire les bĂ©nĂ©dictions pertinentes. Cependant, selon de nombreux poskim, cette lecture est Ă son moment opportun.
En fait, pour commencer, il vaut la peine de faire attention Ă lire avec un minyan, y compris lors d’une lecture pour femmes – il devrait y avoir au moins dix femmes prĂ©sentes. Mais lĂ oĂą cela n’est pas possible, en particulier en cette annĂ©e des restrictions de Corona, on peut lire avec une bĂ©nĂ©diction mĂŞme sans minyan.
Quand le reste des mitsvot de Pourim est-il observé à Jérusalem ?
Cadeaux pour les nécessiteux : la Gemara indique que donner des cadeaux aux nécessiteux doit être fait le jour de la lecture de la Megillah, et donc des cadeaux sont donnés aux nécessiteux le vendredi.
Repas de Pourim : Le Talmud Yerushalmi dit qu’un repas de Pourim ne doit pas avoir lieu le Shabbat parce que la joie du Shabbat est fixĂ©e d’en haut et ce n’est pas un moment appropriĂ© pour la joie de Pourim, qui a Ă©tĂ© fixĂ© un jour oĂą la joie n’est pas fixĂ©e par le ciel. Par consĂ©quent, le repas doit avoir lieu le dimanche. Une autre raison est qu’Ă Pourim, il nous est ordonnĂ© de boire «ad delo yada» (allumĂ© au point de grande confusion), tandis que le Chabbat, nous avons la mitsva du souvenir du jour saint, il n’est donc pas possible de remplir l’obligation du repas Pourim le Shabbat. C’est aussi l’opinion du Rif et des autres Rishonim, de mĂŞme que la halakha. Cependant, il est habituel d’augmenter la taille du repas de Shabbat et d’ajouter un plat spĂ©cial pour marquer le repas de Pourim.
Mishloach Manot (envoi de cadeaux de nourriture) : certains disent que la raison du mishloach manot est de s’assurer que le destinataire aurait quelque chose Ă manger au repas de Pourim. Par cette logique, l’heure de la mitsva doit ĂŞtre rattachĂ©e Ă l’heure du repas, donc le Michloach Manot doit ĂŞtre donnĂ© dimanche Ă JĂ©rusalem. Mais certains disent que le but du mishloach manot est d’augmenter la fraternitĂ© et l’amitiĂ©, et selon ce point de vue, la mitsva ne peut ĂŞtre observĂ©e que le jour de Pourim lui-mĂŞme, c’est-Ă -dire le Shabbat. Mais de l’avis de la plupart des poskim, nous ne faisons pas de mishloach manot le Chabbat par crainte de transporter dans le domaine public.
Al Hanissim (lit. pour les miracles): nous disons Al Hanissim le Shabbat et non le vendredi. Le dimanche, nous ne disons pas Al Hanissim dans la prière ou la grâce après le repas, y compris après le repas de Pourim lui-mĂŞme. Mais il est recommandĂ© de dire Al Hanissim dans l’addendum HaRachaman Ă la grâce après le repas.
Lecture de la Torah le Shabbat
Il est d’usage de lire Ă JĂ©rusalem la Paracha de «Vayavo Amalek» (Exode 17: 8) pour le maftir le Shabbat, et non le vendredi. Le Haftara est le mĂŞme que la semaine prĂ©cĂ©dente, «Pakadeti at asher asa Amalek (I Shmuel 15: 2). En dehors de JĂ©rusalem, nous lisons le maftir et la haftarah de la semaine.





