De nombreux francophones installés en Israël choisissent le statut d’indépendant : consultants, thérapeutes, développeurs, formateurs, freelances du digital ou professions libérales. Ce choix offre une grande liberté, mais il expose aussi à des pièges fiscaux spécifiques, souvent mal compris par les nouveaux immigrants. Contrairement à une idée répandue, le statut d’oleh ne protège pas contre les erreurs fiscales, surtout lorsqu’on travaille à son compte.
Le premier piège : croire que “petit revenu = peu de règles”
En Israël, le fait de générer un revenu, même modeste, déclenche des obligations immédiates. Beaucoup de francophones commencent à travailler avant d’avoir :
- ouvert un dossier officiel d’indépendant,
- choisi le bon statut (osek patour ou osek mourche),
- déclaré leur activité aux trois administrations concernées.
Or, l’Autorité fiscale israélienne ne fait pas de distinction entre une activité “test” et une activité régulière. Une erreur au départ peut entraîner des rattrapages rétroactifs coûteux.
Osek patour ou osek mourche : un choix mal compris
Le choix du statut fiscal est crucial. Beaucoup d’olim francophones optent pour le régime le plus simple sans mesurer ses limites :
- plafonds de chiffre d’affaires,
- impossibilité de récupérer la TVA,
- image parfois négative auprès de certains clients professionnels.
Ce choix doit être fait en fonction de la nature réelle de l’activité, pas uniquement du montant des revenus espérés.
Revenus de l’étranger : un piège fréquent chez les indépendants
Un grand nombre de travailleurs indépendants continuent à facturer :
- des clients français,
- des plateformes étrangères,
- ou des entreprises hors d’Israël.
Erreur classique : penser que ces revenus “n’existent pas fiscalement” en Israël. En réalité, le lieu de résidence fiscale prime souvent sur le lieu du client. Ces revenus doivent généralement être déclarés localement, même s’ils sont encaissés à l’étranger.
C’est l’un des motifs les plus fréquents de redressement chez les indépendants francophones.
Cotisations sociales : la surprise de Bituah Leumi
Beaucoup découvrent tardivement que les cotisations sociales ne sont ni automatiques ni facultatives. Le Bituah Leumi exige une inscription spécifique pour les indépendants, avec des acomptes calculés sur des estimations.
Une sous-déclaration initiale peut entraîner :
- des régularisations importantes,
- des pénalités,
- une perte de droits sociaux (maladie, maternité, retraite).
La confusion entre comptable et conseiller fiscal
Autre erreur fréquente : croire qu’un simple comptable suffit à gérer une situation France–Israël. Or, beaucoup de dossiers nécessitent une vision internationale, notamment en cas de :
- revenus mixtes,
- pension étrangère,
- activité exercée partiellement à distance.
Un conseil inadapté peut coûter plus cher que l’honoraire économisé.
Pourquoi les francophones sont particulièrement exposés
Plusieurs facteurs aggravants reviennent régulièrement :
- difficulté à comprendre le vocabulaire fiscal hébreu,
- confiance excessive dans des conseils informels,
- peur d’attirer l’attention de l’administration,
- mauvaise compréhension des accords fiscaux internationaux.
Des plateformes pédagogiques comme Kol Zchut permettent pourtant d’obtenir des informations fiables, mais restent sous-utilisées.
Les bonnes pratiques à adopter dès le départ
Sans entrer dans une complexité excessive, certaines règles simples permettent d’éviter l’essentiel des problèmes :
- ouvrir les dossiers administratifs avant de facturer,
- déclarer tous les revenus, y compris étrangers,
- vérifier régulièrement les acomptes fiscaux,
- conserver une traçabilité claire des paiements,
- demander un avis professionnel en cas de doute.
Conclusion
Être travailleur indépendant en Israël est une opportunité réelle pour les francophones, mais l’improvisation fiscale est l’erreur la plus coûteuse. Les règles existent, les protections aussi, mais elles ne s’appliquent que si l’activité est déclarée correctement dès le début. Dans ce domaine, corriger une erreur a posteriori coûte presque toujours plus cher que de faire les choses correctement dès le départ.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés
Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News





