Trump a arrêté Maduro, mais la Russie et la Chine se frottent déjà les mains – voici pourquoi

L’arrestation spectaculaire de Nicolás Maduro par les États-Unis a été présentée par le président Donald Trump comme un message sans ambiguïté : Washington n’acceptera plus la présence de puissances rivales dans ce qu’il considère comme son « arrière-cour stratégique ». En affirmant que la domination américaine sur l’hémisphère occidental est « totale », Trump visait clairement la Russe et la Chine, alliés de longue date du régime chaviste. Pourtant, selon plusieurs analystes, cette démonstration de force pourrait paradoxalement servir les intérêts de Moscou et de Pékin.

D’après une analyse citée par le New York Times, l’intervention américaine crée un précédent dangereux : elle légitime, aux yeux des autres grandes puissances, l’usage unilatéral de la force au nom des « zones d’influence ». Fiona Hill, spécialiste de la Russie à la Brookings Institution, estime que la rhétorique de Trump envoie un signal clair : dans le nouvel ordre mondial qu’il esquisse, « tout est négociable ». Cette approche pourrait encourager la Russie à réclamer des concessions américaines ailleurs, notamment en Ukraine, en échange d’un retrait ou d’un désengagement symbolique au Venezuela.

Selon Hill, Moscou a déjà laissé entendre par le passé qu’un tel échange serait légitime, au nom d’une symétrie entre les « arrière-cours » des grandes puissances. Dans cette logique, l’abandon de Maduro deviendrait une monnaie d’échange acceptable si cela permettait au Kremlin de consolider ses gains stratégiques en Europe de l’Est.

Officiellement, la Russie et la Chine ont condamné l’opération américaine au Conseil de sécurité de l’ONU et exigé la libération de Maduro. Mais dans les faits, leur réaction est restée remarquablement mesurée. Aucun avertissement militaire crédible n’a été formulé. Plus étonnant encore, Dmitri Medvedev, ancien président russe, a publiquement salué la fermeté de Trump dans la défense des intérêts nationaux américains, laissant transparaître une certaine admiration pour cette politique de puissance assumée.

Pour Xi Jinping, la situation offre également plusieurs opportunités. Sur le plan économique, Pékin pourrait renforcer son accès au pétrole vénézuélien dans un contexte de recomposition politique. Sur le plan stratégique, l’opération américaine détourne une partie de l’attention militaire et diplomatique de Washington de l’Asie-Pacifique vers l’Amérique latine. Plus encore, l’usage de la force par les États-Unis pourrait servir de précédent juridique et moral à de futures actions chinoises, notamment vis-à-vis de Taiwan, en affaiblissant l’argument occidental fondé sur le respect strict du droit international.

Le silence relatif de Vladimir Poutine est lui aussi lourd de sens. De nombreux observateurs estiment que le Kremlin serait prêt à sacrifier son influence au Venezuela si cela permettait d’obtenir des avantages stratégiques majeurs ailleurs. Medvedev a résumé cette approche pragmatique en affirmant qu’après l’intervention américaine, Washington n’aurait « même plus de base formelle » pour critiquer les actions russes dans ses propres zones d’intérêt.

Ainsi, si Trump peut se targuer d’avoir mis la main sur Maduro et d’avoir réaffirmé la puissance américaine, la Russie et la Chine pourraient bien être les bénéficiaires indirects de cette opération. En redessinant les règles du jeu international autour de rapports de force assumés, Washington ouvre un espace que ses rivaux stratégiques se montrent prêts à exploiter sans états d’âme.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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