Trump convoque une “Conseil de paix” pour Gaza et défie l’ONU : un basculement historique de l’ordre international

L’initiative lancée par le président américain Donald Trump autour de la création d’un « Conseil de paix » dédié à Gaza marque une rupture profonde avec les mécanismes diplomatiques traditionnels. Des dizaines de pays auraient été invités à rejoindre ce nouveau cadre international, pensé comme une alternative directe aux Nations unies, jugées inefficaces, politisées et incapables de produire une stabilité durable au Moyen-Orient. Derrière cette démarche se dessine une ambition claire : contourner, voire remplacer, l’ONU sur l’un des dossiers les plus explosifs de la planète.

Selon plusieurs sources occidentales, l’objectif du Conseil de paix serait de centraliser les décisions politiques, sécuritaires et humanitaires concernant Gaza, en excluant les structures onusiennes existantes, perçues par Washington comme paralysées par des équilibres idéologiques et des vetos permanents. L’initiative a immédiatement suscité des réactions contrastées. Certains États y voient une tentative pragmatique de sortir d’une impasse diplomatique vieille de plusieurs décennies. D’autres redoutent une remise en cause radicale de l’ordre international fondé après la Seconde Guerre mondiale.

La France, par la voix de ses responsables, a déjà fait savoir qu’elle ne participerait pas à ce Conseil de paix. Paris exprime des inquiétudes quant à la légitimité du format, à l’absence de cadre juridique international clair et au risque d’un affaiblissement supplémentaire du multilatéralisme. Cette position illustre le fossé croissant entre la vision européenne, attachée aux institutions existantes, et la doctrine trumpienne fondée sur des formats ad hoc, transactionnels et dominés par les rapports de force.

La controverse s’est encore amplifiée avec la révélation selon laquelle Vladimir Poutine aurait été invité à rejoindre ce Conseil de paix. Pour Washington, l’invitation du président russe relève d’un réalisme stratégique assumé : la Russie demeure un acteur clé au Moyen-Orient, notamment en Syrie, et ne peut être ignorée dans toute tentative de stabilisation régionale. Pour de nombreuses capitales occidentales, en revanche, cette invitation soulève de lourdes questions politiques et morales, compte tenu des tensions persistantes avec Moscou.

Dans le même temps, des informations convergentes indiquent que des dirigeants du Hamas se prépareraient à quitter la bande de Gaza dans le cadre de la transition vers la phase B de l’accord de cessez-le-feu. Selon ces rapports, la Turquie ferait partie des pays prêts à accueillir certains responsables du mouvement islamiste. Cette perspective alimente de vives inquiétudes en Israël, où l’on craint que l’exil des dirigeants du Hamas ne se traduise pas par une disparition de la menace, mais par une reconstitution de réseaux terroristes à l’étranger, sous protection politique.

L’initiative américaine intervient dans un contexte sécuritaire extrêmement tendu. Le chef d’état-major de Tsahal, Eyal Zamir, aurait récemment averti le Premier ministre israélien et le ministre de la Défense d’une pénurie grave de combattants, avec des conséquences immédiates sur la capacité opérationnelle de l’armée. Cette alerte souligne la pression croissante sur les forces israéliennes, engagées sur plusieurs fronts et confrontées à une usure prolongée.

Parallèlement, la situation régionale reste instable bien au-delà de Gaza. La coupure prolongée d’Internet en Iran se poursuit, alimentant les craintes d’une répression accrue et d’un isolement informationnel de la population. En Syrie, des échanges de tirs ont été signalés à proximité de la prison de Ghweiran, dans la province d’al-Hasakah, où sont détenus des combattants de l’État islamique. Ces incidents rappellent que le Moyen-Orient demeure un champ de crises interconnectées, où chaque initiative diplomatique a des répercussions multiples.

Dans ce contexte, le Conseil de paix voulu par Trump apparaît comme une tentative de reprendre la main sur un dossier que Washington estime avoir été confisqué par des institutions incapables de trancher. L’administration américaine considère que l’ONU, en particulier sur la question israélo-palestinienne, a perdu toute crédibilité aux yeux d’une partie des acteurs régionaux, en multipliant les résolutions symboliques sans effet concret sur le terrain.

Pour Israël, cette initiative est accueillie avec un mélange d’intérêt et de prudence. D’un côté, la marginalisation de structures perçues comme hostiles ou biaisées est vue comme une opportunité stratégique. De l’autre, l’implication d’acteurs comme la Russie ou la Turquie, ainsi que les incertitudes sur le devenir du Hamas, soulèvent de sérieuses interrogations sur les véritables équilibres qui émergeraient de ce nouveau format.

Au-delà du dossier gazaoui, la création d’un Conseil de paix alternatif pose une question fondamentale : celle de l’avenir de la gouvernance mondiale. Si cette initiative devait se concrétiser et fonctionner, elle pourrait ouvrir la voie à d’autres cadres parallèles, affaiblissant durablement l’ONU et redessinant les règles du jeu diplomatique. À l’inverse, un échec renforcerait l’idée que, malgré ses défauts, le système multilatéral reste incontournable.

Ce qui est certain, c’est que l’initiative de Trump ne se limite pas à Gaza. Elle s’inscrit dans une vision plus large d’un monde structuré non plus par des institutions universelles, mais par des coalitions de puissances capables d’imposer des décisions. Un tournant qui, s’il se confirme, pourrait marquer la fin d’une époque et l’entrée dans une nouvelle ère de diplomatie fondée sur la force et l’efficacité revendiquée.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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