Trump n’est pas mort, mais les rumeurs enflamment les réseaux sociaux

Depuis vendredi soir, X (ex-Twitter) bruisse d’une rumeur persistante : Donald Trump serait décédé. Des dizaines de milliers de messages ont relayé cette affirmation sans fondement, transformant le président américain en sujet viral mondial. Pourtant, aucun communiqué officiel n’a été publié, aucun incident médical n’a été rapporté, et Trump lui-même a posté sur Truth Social vendredi à l’aube. Mais cela n’a pas suffi à calmer les spéculations.

Les internautes s’en sont donné à cœur joie. « Rumeurs ou pas, Miri Regev est déjà dans l’avion pour l’enterrement de Trump », a ironisé une utilisatrice israélienne. D’autres ont multiplié les détournements visuels et les blagues, certains évoquant un « retour de Trump avec un bébé de mère porteuse » ou se moquant de ses récentes apparitions publiques. Le phénomène illustre la capacité des réseaux sociaux à s’emballer, même en l’absence de la moindre preuve.

L’emballement a trouvé un terreau fertile dans l’état de santé du président de 79 ans, régulièrement scruté. En juillet, des photos l’avaient montré avec des hématomes et des chevilles enflées, ce qui avait nourri des commentaires alarmistes, malgré les démentis immédiats de la Maison Blanche. Ces images, reprises et exagérées ces derniers jours, ont ravivé les soupçons.

Le déclencheur de cette nouvelle vague semble avoir été une interview donnée par le vice-président J.D. Vance à USA Today. Interrogé sur sa préparation en cas de « tragédie », il a assuré que Trump était « en excellente forme », tout en concédant que « les tragédies arrivent ». Une phrase suffisante pour relancer les théories complotistes et faire croire à un aveu voilé.

Cette mécanique n’est pas nouvelle. En septembre 2023, un hacker avait pris le contrôle du compte X de Donald Trump Jr. et publié un faux message annonçant la mort de son père. Le canular avait déjà provoqué une tempête médiatique. Aujourd’hui, le phénomène illustre une règle immuable de l’ère numérique : l’absence du président dans l’espace public pendant quelques jours suffit à déclencher des spéculations. Comme le résume une commentatrice américaine : « Si on ne voit pas Trump jouer au golf ou apparaître en public, certains trouvent cela suspect. »

La Maison Blanche, pour l’heure, garde le silence, tandis que les réseaux continuent de tourner en boucle. Trump, maître de l’attention médiatique depuis des décennies, reste fidèle à sa réputation : même ses « faux décès » suffisent à dominer l’actualité et à occuper les fils d’actualité mondiaux【Wikipédia : Donald Trump】.

Dans ce climat de surinformation et de méfiance, la question n’est pas tant de savoir si Trump est vivant — il l’est, et s’exprime encore — mais de constater que sa capacité à occuper l’espace public est telle que son absence relative devient elle-même un événement. Une illustration parfaite de l’hyper-présidence à l’ère des réseaux sociaux.

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