Tsahal en état d’alerte maximale au nord : les scénarios de riposte après l’élimination du chef militaire du Hezbollah

Tsahal a renforcé cette nuit son dispositif défensif sur le front nord, à la suite de l’élimination spectaculaire du chef d’état-major du Hezbollah au Liban — une frappe attribuée à Israël et confirmée par des sources libanaises citées par Reuters et AP. L’opération, qui a surpris l’organisation terroriste chiite au cœur même de sa structure militaire, a immédiatement déclenché une série d’évaluations sécuritaires, aboutissant à une montée de vigilance inédite depuis l’escalade de 2024. Alors que le Hezbollah promet d’« évaluer toutes les options », selon les propos d’un responsable du mouvement rapportés par la presse libanaise, l’armée israélienne se prépare à quatre scénarios de riposte possibles, qui vont du tir de roquettes jusqu’à l’absence totale de réaction — un choix qui trahirait une fragilité interne rarement avouée.

Selon les informations publiées ce matin par JDN et confirmées par des sources sécuritaires israéliennes, le premier scénario envisagé est celui d’une salve de roquettes visant le nord d’Israël. Le Hezbollah a déjà démontré sa capacité à tirer des volées massives de projectiles depuis le Liban, y compris depuis des zones profondément intégrées dans des villages civils — une stratégie qui lui permet de se protéger derrière des boucliers humains, dénoncée à plusieurs reprises par les Nations unies. Tsahal a donc immédiatement renforcé la DCA dans toute la région, avec le déploiement de batteries supplémentaires du Dôme de Fer, de Fronde de David et du système Arrow en veille avancée, par crainte d’un tir combiné ou d’un assaut coordonné avec d’autres organisations pro-iraniennes.

Le deuxième scénario étudié est celui d’une tentative d’infiltration ou de raid commando, que ce soit contre des positions de Tsahal situées en territoire libanais ou contre une localité israélienne proche de la frontière. Les unités d’élite du Hezbollah, en particulier la Force Radwane, ont été entraînées pendant des années par les Gardiens de la Révolution iraniens pour une opération de ce type. Malgré les pertes sévères qu’elles ont subies depuis le début des hostilités, Tsahal estime que le mouvement terroriste pourrait tenter un coup d’éclat symbolique pour restaurer son image après la perte de son chef militaire.

Le troisième scénario, considéré comme particulièrement sensible par les analystes militaires, concerne l’implication possible des Houthis. Selon les sources militaires citées par la presse israélienne, Tabatabai — maintenant éliminé — jouait un rôle central dans la coordination opérationnelle entre le Hezbollah, l’Iran et les milices houthies au Yémen. Son influence avait même été décrite par certains analystes américains comme “l’un des maillons les plus dangereux” de l’axe iranien. Un tir de missiles ou de drones longue portée depuis le Yémen contre Israël constituerait une réponse indirecte, permettant au Hezbollah d’affirmer qu’il a réagi tout en évitant d’endosser directement le risque d’une confrontation totale. Ce type d’attaque, déjà observé en 2023 et 2024, nécessiterait une coopération active de l’Iran — ce qui n’est pas exclu dans le contexte actuel d’escalade régionale.

Enfin, le quatrième scénario envisagé par Tsahal est celui d’une absence totale de riposte. Cette possibilité, embarrassante pour l’organisation chiite, est pourtant jugée crédible par certains experts. Le Hezbollah se trouve dans un dilemme stratégique : réagir, c’est risquer une guerre ouverte avec Israël à un moment où sa population au Liban est épuisée, son infrastructure militaire constamment frappée, et l’économie libanaise en chute libre. Ne pas réagir, en revanche, reviendrait à reconnaître publiquement sa vulnérabilité. Les responsables israéliens, s’exprimant sous anonymat auprès de Reuters, estiment que le Hezbollah n’a pas encore décidé et évalue encore les conséquences de chaque option.

Pendant que ces scénarios sont examinés, Tsahal poursuit son programme opérationnel au Liban. L’armée israélienne a l’intention de maintenir une pression militaire continue — ce que les sources militaires appellent un “cycle d’affaiblissement” — visant à empêcher le Hezbollah de reconstruire ses capacités. Selon des responsables cités par AP, cela inclut des frappes préventives dans des zones où le mouvement terroriste tente de reconstituer des dépôts d’armes, des postes d’observation et des infrastructures de commandement. L’objectif déclaré reste de réduire au maximum la marge de manœuvre du Hezbollah et d’empêcher tout changement stratégique qui mettrait en danger le nord d’Israel.

Le contexte politique complique encore la situation. Depuis plusieurs semaines, le gouvernement israélien multiplie les déclarations affirmant qu’il ne tolérera pas un retour du Hezbollah au sud du Liban aux conditions antérieures, et que les règles du jeu ont changé. Des sources diplomatiques occidentales, citées par Reuters, confirment que les États-Unis et la France tentent de calmer les tensions, mais admettent en privé que l’élimination de Tabatabai rend tout retour au statu quo extrêmement improbable. Le chef militaire éliminé était considéré comme l’un des architectes de l’agression continue du Hezbollah contre Israël, et son absence change la dynamique interne du mouvement, qui doit désormais reconfigurer ses chaînes de commandement.

Dans le nord d’Israël, la population reste en état d’alerte permanent. Les habitants des localités frontalières, déjà évacués ou vivant sous la menace constante depuis plus d’un an, expriment une lassitude palpable mais aussi une détermination renouvelée. Plusieurs d’entre eux, interrogés sur Kan 11, affirment qu’ils comptent sur Tsahal pour restaurer une sécurité durable, exigeant qu’aucune organisation terroriste ne puisse continuer à opérer librement à quelques centaines de mètres de leurs maisons. Ce sentiment, profondément ancré, renforce la pression sur les responsables militaires et politiques israéliens pour qu’ils exploitent l’avantage obtenu par l’élimination de Tabatabai.

La situation reste volatile, incertaine et explosive. Chaque heure qui passe sans riposte du Hezbollah peut être interprétée comme un signe de faiblesse — ou comme un calcul stratégique pour porter un coup plus tard, de manière plus précise. Chaque signal, chaque déclaration, chaque déplacement de troupes devient source d’analyse. Pourtant, une chose est claire : Israël a marqué un point majeur en désorganisant l’un des organes militaires centraux de l’axe iranien. Le Hezbollah, confronté à l’une des pertes les plus significatives de son histoire récente, sait qu’une mauvaise décision pourrait le conduire à une confrontation pour laquelle il n’est peut-être pas prêt. Tsahal, de son côté, se prépare à toutes les options, déterminé à empêcher l’organisation terroriste de transformer cette élimination en prétexte pour une escalade incontrôlée.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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