Tsahal et le COGAT appellent à réduire l’aide entrant à Gaza : « Sans alternative, la reprise des combats sera inévitable »

Trois mois après la fin des combats, les évaluations au sein de l’appareil sécuritaire israélien convergent vers un constat alarmant : l’absence d’initiative politique claire profite directement au Hamas. Selon des responsables de Tsahal et de l’unité du COGAT (Coordination des activités gouvernementales dans les territoires), sans avancée israélienne structurée vers la phase B de l’accord de cessez-le-feu, le Hamas ne déposera pas les armes et Israël sera contraint de reprendre des opérations militaires dans la bande de Gaza.

Sur le terrain, une forme de normalisation partielle est visible : banques et restaurants ont rouvert, les marchés sont animés et le système scolaire fonctionne à nouveau. Mais cette apparente routine masque une réalité bien plus sombre : infrastructures détruites, crise aiguë des égouts et montagnes de déchets atteignant jusqu’à 18 mètres de hauteur. Pour Tsahal, cette normalisation coexistante avec une dégradation humanitaire profonde s’accompagne surtout d’un phénomène jugé stratégique : la reconstruction progressive de la puissance du Hamas.

L’aide humanitaire, moteur économique du Hamas

Au cœur de l’alerte israélienne se trouve le volume massif de l’aide entrant quotidiennement dans la bande. Actuellement, environ 600 camions par jour pénètrent à Gaza. Selon le COGAT, ce chiffre devrait être ramené à 200 camions maximum, dont 120 camions alimentaires au plus, avec un contrôle strict de leur contenu.

Les calculs israéliens sont sans appel : chaque camion représente une valeur moyenne d’environ 500 000 shekels. Le Hamas impose une taxe d’environ 15 %, soit 75 000 shekels par camion, ce qui lui permettrait d’empocher jusqu’à 45 millions de shekels par jour uniquement grâce à l’entrée des marchandises. Les autorités israéliennes affirment que les entrepôts de Gaza sont pleins, mais que les prix restent artificiellement élevés sur les marchés en raison de cette fiscalité imposée par le Hamas.

Malgré un manque de liquidités dans la bande, l’économie locale a développé des mécanismes alternatifs : transferts via applications numériques, compensations bancaires et activité intense des changeurs informels, permettant au Hamas de maintenir son emprise économique.

Rafah : ligne rouge stratégique

La question du passage de Rafah est considérée comme tranchée. Toute sortie de Gazaouis nécessitera une triple autorisation — israélienne, égyptienne et internationale. En Israël, on insiste : Rafah ne doit jamais être ouvert au transfert de marchandises, même au prix d’un affrontement diplomatique. L’Égypte craint qu’une ouverture non contrôlée transforme le passage en porte de sortie permanente vers le Sinaï, susceptible de déstabiliser son régime, et exige de rester un pays de transit בלבד, non une destination d’installation.

Trois scénarios, un risque central

Les évaluations sécuritaires israéliennes envisagent trois trajectoires possibles pour le Hamas :

  1. Un gouvernement technocratique de façade, où l’administration civile serait officiellement indépendante, mais en réalité contrôlée par des cadres du Hamas, tandis que l’organisation se recentrerait sur le militaire.
  2. Un retrait tactique temporaire, permettant au Hamas de se reconstruire pour reprendre le pouvoir dans plusieurs années.
  3. Un chaos total, scénario jugé moins probable, car le Hamas n’a aucun intérêt à abandonner le contrôle sans alternative.

Tsahal estime que le Hamas refusera toute démilitarisation et ne consentira pas au désarmement, rendant une reprise des combats probable.

Bataille des chiffres et échec du narratif

Selon le COGAT, environ 70 000 personnes ont été tuées à Gaza durant la guerre, avec une analyse en cours pour distinguer combattants et civils. Israël accuse le Hamas d’avoir gonflé les chiffres et d’avoir menti sur une prétendue famine. Les autorités affirment qu’aucun décès par inanition n’a été recensé et rappellent qu’Israël a raccordé trois lignes d’eau depuis son territoire vers Gaza, y compris pour l’agriculture.

Dans le même temps, les responsables israéliens reconnaissent un échec communicationnel majeur : le Hamas a mené une campagne internationale efficace, tandis qu’Israël, en partie pour des raisons politiques internes, n’est pas parvenu à imposer son récit.

Après-guerre : entre reconstruction et influence régionale

Un chiffre interpelle : malgré la guerre, environ 60 000 bébés sont nés à Gaza en 2025. À plus long terme, Israël estime que la reconstruction de Gaza pourrait devenir un moteur économique important, notamment pour les secteurs israéliens du bâtiment et des infrastructures. Le projet à l’étude, baptisé « la ville verte » à l’est de Rafah, viserait à isoler la population civile du Hamas. Le financement devrait provenir principalement du Qatar, avec l’espoir d’impliquer également les Émirats du Golfe.

Conclusion sécuritaire

Le message de Tsahal et du COGAT est clair :
sans réduction drastique de l’aide, sans leadership politique israélien affirmé et sans démilitarisation du Hamas, la reprise des combats à Gaza devient une option quasi inévitable.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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