« En dĂ©cembre 2019, jâai Ă©crit un article sur le journaliste saoudien Abdul Hameed al-Ghobain qui nâavait pas peur dâexprimer ses opinions en faveur dâIsraĂ«l et qui a Ă©tĂ© le premier saoudien Ă Ă©crire un article dâopinion pour un journal israĂ©lien (Israel HaYom) dans lequel il a exprimĂ© son soutien Ă ce que lâon appelle la Jordanie est la solution palestinienne au conflit israĂ©lo-palestinien  » a dit Yochanan Visser sur Arutz Sheva.
Al-Ghobain a frĂ©quemment pris la vague et a sĂ©vĂšrement critiquĂ© les dirigeants palestiniens ainsi que le roi Abdallah II de Jordanie tout en exprimant son soutien au soi-disant « accord du siĂšcle » du prĂ©sident Donald J. Trump, lâapproche nouvelle et controversĂ©e du conflit israĂ©lo-palestinien.
Le journaliste saoudien a écrit des choses comme le Tweet suivant sur le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahu :
«Netanyahu, que Dieu vous sauve et vous protĂšge. Vous avez Ă©tĂ© fidĂšle et honnĂȘte avec lâEtat et le peuple dâIsraĂ«l, vous avez Ă©tĂ© dĂ©cisif et courageux. La sociĂ©tĂ© israĂ©lienne met beaucoup de temps Ă produire quelquâun comme vous. Vous mĂ©ritez dâĂȘtre honorĂ© parmi des gens formidables parce que vous avez fait dâIsraĂ«l un pays dâaccueil dans la rĂ©gion arabe. «Â
En fin de compte, la citoyennetĂ© saoudienne dâal-Ghobain a Ă©tĂ© rĂ©voquĂ©e et il lâa imputĂ©e non pas au prince hĂ©ritier Mohammad ben Salmane (MBS) mais Ă certaines personnes du ministĂšre saoudien de lâIntĂ©rieur qui Ă©taient restĂ©es fidĂšles Ă lâancien prince hĂ©ritier Mohammed ben Nayef qui avait Ă©tĂ© limogĂ© par le MBS.
Le New York Times et dâautres mĂ©dias ont rapportĂ© Ă lâĂ©poque que la transition du pouvoir au ministĂšre de lâIntĂ©rieur nâavait pas Ă©tĂ© « parfaite » et que ben Nayef avait Ă©tĂ© assignĂ© Ă rĂ©sidence.
Bin Nayef appartient Ă la vieille garde en Arabie saoudite et sâoppose fermement aux rĂ©formes radicales du MBS, y compris la nouvelle relation avec IsraĂ«l.
Lors de deux entretiens avec al-Ghobain qui ont eu lieu en dĂ©cembre 2019, jâavais lâimpression que le journaliste saoudien craignait que sa vie ne soit en danger aprĂšs quelques tentatives dâenlĂšvement.
Il mâa informĂ© plus tard que grĂące Ă la rĂ©vĂ©lation de son cas dans les mĂ©dias en dehors de lâArabie saoudite, lui et sa famille avaient reçu la confirmation que leurs donnĂ©es sur la citoyennetĂ© saoudienne rĂ©apparaissaient sur le site Web du ministĂšre de lâIntĂ©rieur Ă Riyad.
Depuis que nous sommes restés en contact, bien que sporadiquement.
La semaine derniĂšre, al-Ghobain mâa recontactĂ© et mâa envoyĂ© un Tweet disant que les articles pro-israĂ©liens quâil avait Ă©crits avaient Ă©tĂ© supprimĂ©s de son site Web. Ces articles portaient sur le sionisme et les relations dâIsraĂ«l avec le monde arabe, quâelle a Ă©crit sur Twitter.
Le tweet transmis Ă©tait accompagnĂ© sur WhatsApp de salutations et mâa souhaitĂ© une bonne nuit.
Cela sâest produit le 15 juin, une semaine avant lâarrestation dâal-Ghobain par les autoritĂ©s saoudiennes et deux jours avant son retour sur Twitter, affirmant quâil avait de nouveau fait lâobjet dâune tentative dâenlĂšvement et a Ă©galement Ă©crit quâil craignait « dâĂȘtre liquidé ».
« Je suis kidnappé », a écrit al-Ghobain, et ce message a maintenant également été supprimé, bien que son compte Twitter existe toujours.
Les autoritĂ©s saoudiennes accusent al-Ghobain dâespionnage pour un « pays Ă©tranger » (lire IsraĂ«l) et de falsification de documents pour obtenir la citoyennetĂ© saoudienne alors quâil est nĂ© en Arabie saoudite et membre de la grande tribu Enza du pays.
Avant son arrestation et son emprisonnement, les dirigeants saoudiens ont tentĂ© dâincriminer al-Ghobain en lâaccusant dâĂȘtre membre des FrĂšres musulmans (MB) et de soutenir lâancien prĂ©sident MB Muhammad Morsi.
Si al-Ghobain est reconnu coupable de fausses accusations, il pourrait encourir 10 ans de prison, selon les experts.
Le journaliste saoudien avait des raisons de craindre dâĂȘtre «liquidé», car MBS a ordonnĂ© lâenlĂšvement de son collĂšgue Jamal Kashoggi, qui en 2018 a Ă©tĂ© emmenĂ© au consulat saoudien Ă Istanbul, en Turquie, avant dâĂȘtre tuĂ© par lâĂ©quipe saoudienne qui a volĂ© de Riyad Ă la Turquie.
MBS a par la suite niĂ© toute implication dans lâassassinat de Kashoggi et a ordonnĂ© lâarrestation de certains des membres de lâĂ©quipe qui ont assassinĂ© le journaliste saoudien aprĂšs avoir Ă©crit des articles critiques sur le prince hĂ©ritier saoudien au cours de sa pĂ©riode en tant que journaliste du Moyen-Orient pour le Washington Post.
Lors de nos entretiens en dĂ©cembre 2019, al-Ghobain a fait tout son possible pour fĂ©liciter les dirigeants saoudiens, affirmant quâil resterait toujours fidĂšle Ă la famille royale dâal-Saud tout en louant MBS comme un «rĂ©formateur sincĂšre».
« Des personnes sans lien de parentĂ© avec MBS ont fait cela et cela pourrait nuire Ă moi ou Ă ma famille », a dĂ©clarĂ© al-Ghobain Ă Arutz Sheva Ă lâĂ©poque.
Cependant, aprÚs avoir conservé sa nationalité saoudienne, il a continué de publier des articles critiquant les dirigeants palestiniens et jordaniens tout en soutenant Israël dans ses efforts pour introduire la souveraineté israélienne dans certaines parties de la Samarie, de la Judée et de toute la vallée du Jourdain.
Selon le Dr Edy Cohen du Begin Sadat Center for Strategic Studies, «Ghabin ne sâest pas opposĂ© au rĂ©gime saoudien, mais ses apparitions dans les mĂ©dias ont dĂ©rangĂ© les dĂ©cideurs de Riyad, notamment en raison de la colĂšre quâils ont provoquĂ©e parmi les dirigeants palestiniens, qui se sont plaints amĂšrement de lui. «Â
Cohen a en outre Ă©crit que «Ghabin Ă©tait dans le collimateur des autoritĂ©s depuis un certain temps. Ils craignaient quâil nâinfluence ses lecteurs et auditeurs, dâautant plus quâil est considĂ©rĂ© comme lâun des journalistes saoudiens les plus influents de ces derniĂšres annĂ©es. «Â
Lâanalyste de BESA a appelĂ© les organisations de dĂ©fense des droits humains Ă travailler au nom dâal-Ghobain et Ă garantir la libertĂ© dâexpression en Arabie saoudite.
«Il est urgent que toutes les mesures soient prises pour assurer la libĂ©ration immĂ©diate de Ghabin de la prison saoudienne. Toutes les organisations concernĂ©es par les droits de lâhomme doivent travailler en leur nom. Pour le crime dâessayer dâexercer la libertĂ© dâexpression, Ghabin paie dĂ©sormais un prix Ă©levĂ© », a conclu Cohen.
Le sort du journaliste saoudien pourrait en effet dépendre de la révélation de son cas par les médias internationaux et des pressions des gouvernements étrangers.
Les organisations de dĂ©fense des droits de lâhomme, en particulier, devraient abandonner dĂ©finitivement leur obsession dâIsraĂ«l et se concentrer sur les pays oĂč les journalistes sont persĂ©cutĂ©s pour avoir exprimĂ© leur opinion mĂȘme sur des questions sensibles telles que la normalisation des relations avec lâEtat juif.
RĂ©daction francophone Infos Israel News pour lâactualitĂ© israĂ©lienne
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