Un soutien inattendu de plus à Netanyahou : « Il faut le féliciter »

Les échanges directs et dramatiques entre Jérusalem et Téhéran au cours des dernières vingt-quatre heures continuent de susciter des réactions au sein de la haute hiérarchie sécuritaire israélienne. Le général de division (rés.) Giora Eiland, ancien chef du Conseil de sécurité nationale (le Mal’al), apporte ce mardi matin son plein soutien aux décideurs politiques et militaires suite à leur choix de ne pas céder aux pressions extérieures et de frapper sur le sol iranien.

C’est dans le cadre d’un entretien conduit par Guideón Oeko et Amichaï Ataali sur l’émission « Sheva Tisha » de Radio 103FM qu’Eiland a pris la parole pour analyser le nouvel équilibre de la terreur qui s’est instauré au Moyen-Orient à l’issue des journées de combat tendues, expliquant l’importance stratégique de la riposte israélienne.

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Il faut féliciter les décideurs

Dans ses propos, le général Eiland a évoqué les rapports faisant état des fortes pressions exercées par l’administration de Washington sur le Premier ministre Benyamin Netanyahou afin de freiner toute riposte militaire, et il a salué la fermeté israélienne face à ces exigences.

« Notre situation, je dirais qu’elle est stable », a-t-il qualifié l’état des choses actuel. « Et cela grâce à une décision pour laquelle il faut féliciter ceux qui l’ont prise : malgré la pression de Trump pour tolérer une frappe iranienne sans répondre, ils sont parvenus à la conclusion qui s’imposait — si nous ne ripostons pas, nous normalisons l’agression iranienne. »

La formule est brève mais le constat est lourd de sens : pour Eiland, ne pas répondre à une attaque directe de l’Iran n’aurait pas simplement été une capitulation ponctuelle, ce aurait été l’ouverture d’une brèche stratégique durable. La logique de dissuasion qui a longtemps protégé Israël repose sur la certitude, dans l’esprit de l’adversaire, qu’aucun tir ne restera sans réponse. Tolérer une frappe iranienne sans réagir directement sur le sol de la République islamique aurait modifié cette équation de façon fondamentale, envoyant un signal de faiblesse à l’ensemble des acteurs de la région.

« Chaque camp a tenu ses promesses »

Selon Eiland, l’opération israélienne menée en temps utile a empêché la formation d’une équation dangereuse dans laquelle l’Iran pourrait viser les villes israéliennes sans subir de conséquences directes sur son propre territoire, préservant ainsi le filet de sécurité et la capacité de dissuasion de Tsahal dans la région.

Interrogé sur le bilan global du cycle de confrontation actuel et sur la façon dont les deux parties perçoivent les résultats, le général de division (rés.) Eiland a conclu avec lucidité : « En apparence, toutes les parties s’en sortent correctement — chacune a tenu ses promesses. » De son point de vue, ce cycle a permis à chaque État de présenter un résultat à usage interne et externe, ce qui pourrait conduire à une accalmie temporaire sur l’axe reliant Jérusalem à Téhéran.

Une analyse sobre, venue d’un homme dont le parcours — chef des opérations de Tsahal, patron du Conseil de sécurité nationale — lui confère une autorité incontestable pour lire les équilibres de force au Moyen-Orient. Que ce soutien soit qualifié de « surprenant » dit aussi quelque chose de la polarisation du débat sécuritaire en Israël, où les anciens hauts gradés se trouvent souvent dans le camp des critiques du gouvernement. Voir Eiland prendre la défense explicite d’une décision prise par le niveau politique face à une pression américaine directe constitue, dans ce contexte, un signal politique en soi.


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