Vers une crise diplomatique : le ministre israélien Itzhak Wasserlauf appelle à riposter à la reconnaissance française d’un État palestinien

Les tensions entre Jérusalem et Paris franchissent un nouveau cap. Alors que l’Élysée s’apprête, selon plusieurs sources diplomatiques, à reconnaître un État palestinien et à accréditer un ambassadeur palestinien à Paris, le ministre israélien du Néguev et de la Galilée, Itzhak Wasserlauf (Sionisme religieux), a répliqué avec virulence. Pour lui, un tel geste constituerait un alignement de la France « du côté du terrorisme ».

« Si la France reconnaît un État palestinien, elle apportera son soutien au meurtre, au viol et au massacre du peuple juif », a affirmé Wasserlauf dans une déclaration relayée par les médias israéliens. Selon lui, la seule réponse adéquate d’Israël serait d’appliquer immédiatement la souveraineté israélienne en Judée-Samarie. « Nous devons cesser de lier notre politique aux décisions de l’étranger. La souveraineté devait être appliquée hier déjà, et sans attendre les choix de la France », a-t-il martelé, précisant qu’il continuera de défendre cette position « au gouvernement et dans les coulisses diplomatiques ».

Le ministre propose que cette démarche devienne la réponse israélienne officielle à la reconnaissance française. « Si notre souveraineté est proclamée en parallèle à la reconnaissance d’un État palestinien par Paris, ce sera une réaction claire, un message sans ambiguïté : toute la Terre d’Israël nous appartient », a-t-il insisté.

Dans la matinée, des fuites diplomatiques rapportaient que le président Emmanuel Macron envisageait non seulement de reconnaître la Palestine mais aussi d’envoyer un ambassadeur officiel auprès de l’Autorité palestinienne, laquelle verse régulièrement des allocations aux familles de terroristes condamnés. Cette annonce a suscité une onde de choc à Jérusalem.

Du côté français, le discours se veut tout autre. Ofer Bornstein, conseiller israélien proche de l’Élysée, a déclaré qu’« une telle reconnaissance est un pas nécessaire », ajoutant qu’« avec un État palestinien reconnu, le 7 octobre n’aurait pas eu lieu ». Des propos qui résonnent comme une justification de la reconnaissance et qui, côté israélien, sont perçus comme une provocation et une négation de la réalité sécuritaire.

L’affaire illustre une fracture grandissante entre Paris et Jérusalem. Alors qu’Israël rappelle que la reconnaissance internationale d’un État palestinien, en l’absence d’accord de paix et sans désarmement du Hamas, reviendrait à récompenser le terrorisme, la diplomatie française semble vouloir s’aligner sur une logique symbolique, destinée à peser sur le rapport de forces régional.

La crise naissante pourrait avoir de lourdes conséquences bilatérales. Israël pourrait envisager des mesures de rétorsion diplomatiques, allant de la convocation de l’ambassadeur de France à Jérusalem à une révision des coopérations économiques et sécuritaires. Dans un contexte où l’Union européenne est déjà divisée sur la question palestinienne, la décision française viendrait renforcer les lignes de fracture, tout en compliquant les efforts de médiation.

Pour Israël, l’enjeu est clair : affirmer sa souveraineté et ne pas céder à ce qu’il considère comme des pressions idéologiques venues d’Europe. Pour la France, il s’agit de peser sur un dossier qui lui échappe depuis longtemps. Mais au final, ce sont les relations bilatérales, déjà fragiles, qui risquent de payer le prix d’une confrontation diplomatique désormais ouverte.

.