La violence contre des soldates de Tsahal à Bnei Brak ne peut être traitée comme un simple incident isolé. La formule officielle évoquant « une minorité extrémiste » est politiquement compréhensible. Elle évite la stigmatisation collective. Elle protège l’équilibre social.
Mais soyons lucides.
Dans une communauté aussi structurée, disciplinée et organisée que la communauté haredi, rien d’important ne se produit sans climat préalable. Ce n’est pas une société anarchique. C’est une société guidée par l’autorité rabbinique, structurée autour de décisions halakhiques et d’orientations claires données par les rabbanim.
Et c’est précisément pour cela que la responsabilité est immense.
Une communauté organisée agit selon ses dirigeants
Le monde haredi fonctionne selon une hiérarchie spirituelle forte. Les décisions des גדולי הדור ne sont pas symboliques. Elles orientent les comportements. Elles définissent les lignes rouges. Elles apaisent ou, au contraire, radicalisent.
Lorsqu’un psak halakha clair est donné, il est respecté.
S’il existait une directive ferme et publique interdisant toute confrontation avec des soldats, toute violence, toute intimidation — le message serait entendu immédiatement.
Il ne s’agit pas de blâmer l’ensemble d’une population. Il s’agit de reconnaître un fait sociologique : l’autorité religieuse est centrale. Donc la solution ne peut venir que d’elle.
Nous sommes en guerre
Israël est dans une période de guerre. Une guerre régionale potentielle. Une tension sécuritaire constante.
Dans un tel contexte, voir des soldates obligées de fuir dans une ville israélienne est un signal dangereux. Non seulement sur le plan interne, mais aussi sur le plan symbolique.
Car l’ennemi extérieur observe toujours les fractures intérieures.
À la veille du 7 octobre, la société israélienne était déjà fracturée. La polarisation était forte. La méfiance mutuelle était installée. L’histoire récente a montré à quel point la division affaiblit.
Répéter ce schéma serait une erreur stratégique.
Ce n’est pas une question partisane
Il serait trop simple d’en faire un débat idéologique.
Ce n’est pas un affrontement entre laïcs et religieux.
Ce n’est pas une guerre culturelle.
Ce n’est pas une question droite contre gauche.
C’est une question d’autorité morale.
Dans une communauté où la parole du Rav structure la vie quotidienne, seul un message clair et sans ambiguïté peut stopper l’escalade.
Un psak halakha interdisant formellement toute violence contre des soldats.
Un appel explicite à refuser toute confrontation de rue.
Une déclaration ferme des grands décisionnaires : « Stop. »
Sans ambiguïté. Sans nuance. Sans calcul politique.
La responsabilité des dirigeants haredi
Les leaders politiques haredi ont également une responsabilité. Lorsqu’un climat de confrontation s’installe autour de la conscription, les mots ont un poids.
Les discours peuvent calmer.
Ils peuvent aussi nourrir la tension.
Dans une société disciplinée, l’absence de condamnation explicite et répétée peut être interprétée comme une tolérance implicite.
La situation actuelle exige autre chose : une décision franche. Un cadre clair. Une interdiction religieuse nette.
L’unité nationale n’est pas optionnelle
Israël peut affronter l’Iran.
Israël peut affronter le Hezbollah.
Israël peut affronter des menaces extérieures complexes.
Mais Israël ne peut pas se permettre une fracture intérieure durable.
La cohésion nationale n’est pas un slogan. C’est un élément de sécurité stratégique.
Lorsque des soldats deviennent des cibles dans leur propre pays, même symboliquement, cela affaiblit le tissu national.
La solution existe
Elle ne viendra pas de la rue.
Elle ne viendra pas des réseaux sociaux.
Elle ne viendra pas d’un débat télévisé.
Elle viendra des rabbanim.
Si les grands décisionnaires disent clairement que toute violence contre Tsahal est interdite, que toute confrontation publique est contraire à la Torah, que la division affaiblit le peuple juif — alors la tension retombera.
Dans une communauté structurée par l’autorité spirituelle, la décision halakhique est l’outil le plus puissant.
Ce n’est pas une attaque.
Ce n’est pas une accusation.
C’est un constat.
Dans un pays en guerre, la responsabilité des leaders spirituels est immense.
Et aujourd’hui, plus que jamais, une parole claire pourrait éviter que la pression ne continue de monter.
Par Sabrina Hania – Redactrice en chef des sites Alyaexpress-News et Infos Israel News
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés
Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News
📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢







