Yair Lapid, nouveau ministre des Affaires Ă©trangères d’IsraĂ«l

Après l’Ă©lection de NaftalĂ­ Bennet comme nouveau Premier ministre de l’Etat d’IsraĂ«l, le leader centriste de Yesh Atid, Yair Lapid, remplacera Gabi Ashkenazi comme ministre des Affaires Ă©trangères. Après deux ans et dans le cadre du gouvernement de coalition, Lapid prendra la place de Bennett.

Le ministre des Affaires Ă©trangères sortant, Gabi Ashkenazi, avait passĂ© la majeure partie de sa vie d’adulte dans les Forces de dĂ©fense israĂ©liennes, atteignant le rang de chef d’Ă©tat-major et finalement assumĂ© le poste de ministre des Affaires Ă©trangères après que le parti Kakhol lavan ait acceptĂ© une coalition d’unitĂ© avec le Likoud l’annĂ©e dernière.

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Ashkenazi avait mis en place un système réglementé pour gérer les objectifs du ministère et analyser ses succès et ses échecs, et a utilisé sa personnalité militaire directe tout au long de son mandat.

Au lieu de cela, Yair Lapid s’est dĂ©veloppĂ© en tant que journaliste, Ă©crivain et animateur de talk-show avant d’entrer en politique, donc son expĂ©rience en tant que communicateur sera un trait utile en tant que plus haut diplomate d’IsraĂ«l dans le monde.

De plus, Lapid se prĂ©pare depuis des annĂ©es au poste de chancelier. Après avoir passĂ© un peu plus d’un an comme ministre des Finances en 2013-2014, s’Ă©tant retrouvĂ© dans l’opposition.

Les nouveaux chanceliers avaient dĂ©jĂ  nouĂ© des contacts, se dĂ©plaçant pour rencontrer les ministres des Affaires Ă©trangères et les lĂ©gislateurs. En 2016, il a accusĂ© le ministre suĂ©dois des Affaires Ă©trangères d’ĂŞtre antisĂ©mite lors d’un discours lors d’un rassemblement pro-israĂ©lien Ă  Stockholm, et en 2017, il a menĂ© une campagne avec le reprĂ©sentant rĂ©publicain amĂ©ricain Ted Deutch pour convaincre les États europĂ©ens de dĂ©clarer le Hezbollah organisation terroriste, quelque chose qu’Ashkenazi a repris des annĂ©es plus tard.

Lapid a maintenu son rĂ©seau de relations internationales, a dĂ©clarĂ© dimanche une source proche du leader de Yesh Atid, comprenant des personnes comme le prĂ©sident français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Boris Johnson, qu’il a rencontrĂ©s avant d’accĂ©der Ă  leurs fonctions actuelles. Elle est l’une des rares personnalitĂ©s politiques israĂ©liennes Ă  avoir rencontrĂ© Kamala Harris avant qu’elle ne devienne vice-prĂ©sidente des États-Unis.

La prioritĂ© absolue du nouveau ministre des Affaires Ă©trangères sera d’essayer de renforcer le soutien bipartite Ă  IsraĂ«l, en tirant parti de ses relations avec les dĂ©mocrates et les rĂ©publicains au Congrès, allant de Lindsey Graham et Tom Cotton Ă  Elizabeth Warren. La plate-forme de Yesh Atid appelle Ă  la guĂ©rison des divisions entre IsraĂ«l et les Juifs amĂ©ricains.

La plate-forme appelle également Israël à encourager une implication américaine plus active au Moyen-Orient, une position impopulaire aux États-Unis ces dernières années.

« Nous devons apporter au gouvernement des États-Unis une vision du Moyen-Orient menĂ©e et conçue par des alliĂ©s des États-Unis et non par l’axe radical », affirme la plateforme. « De cette façon, nous pouvons ramener notre puissant alliĂ© dans la rĂ©gion et garantir que les intĂ©rĂŞts israĂ©liens sont exprimĂ©s partout, alors que nous nous dirigeons vers la sĂ©paration des Palestiniens, ce qui est nĂ©cessaire pour notre avenir. »

La plate-forme montre que Lapid considère les accords abrahamiques entre IsraĂ«l et quatre pays arabes comme la clĂ© d’une politique rĂ©gionale plus large qui serait Ă©galement l’une de ses prioritĂ©s au pouvoir.

Les pays des accords abrahamiques partagent l’objectif de « mettre fin Ă  l’agression iranienne et vaincre l’islam radical », explique la plateforme Yesh Atid.

Accord nuclĂ©aire avec l’Iran

Lapid s’Ă©tait rendu Ă  Washington pour faire pression contre l’accord nuclĂ©aire avec l’Iran et les puissances mondiales en 2015, lorsqu’il a Ă©tĂ© autorisĂ© pour la première fois, et s’est dit prĂ©occupĂ© par le fait que ses mĂ©canismes d’application ne sont pas assez forts et qu’il ne traite pas l’agression iranienne conventionnelle.

Dans le mĂŞme temps, Lapid avait critiquĂ© Netanyahu s’exprimant devant les deux chambres du Congrès en 2015, et prĂ©voyait de s’engager diffĂ©remment sur la question aux cĂ´tĂ©s du Premier ministre Naftali Bennett.

Yesh Atid voit Ă©galement les accords d’Abraham comme « une opportunitĂ© de rĂ©aliser la vision d’un large soutien rĂ©gional pour une solution Ă  deux États qui rĂ©ponde aux intĂ©rĂŞts diplomatiques et sĂ©curitaires de l’État d’IsraĂ«l ». Les liens d’IsraĂ«l avec davantage de pays de la rĂ©gion                « pousseront les Palestiniens Ă  abandonner leur approche actuelle pour s’orienter vers une voie de nĂ©gociations rĂ©alistes ».

Ă€ l’instar d’Ashkenazi, le soutien de Lapid Ă  une solution Ă  deux États ne va probablement pas au-delĂ  des dĂ©clarations en raison de la nature d’un gouvernement d’union gauche-droite, mais principalement en raison du refus du prĂ©sident de l’AutoritĂ© palestinienne, de Mahmoud Abbas de participer et des actions unilatĂ©rales de l’AutoritĂ© palestinienne contre IsraĂ«l dans les organisations internationales.

Sur ce front, la plate-forme Yesh Atid appelle IsraĂ«l Ă  avoir une stratĂ©gie claire pour contrer les accusations de crimes de guerre contre IsraĂ«l devant la Cour pĂ©nale internationale, et appelle Ă  une  » campagne diplomatique avec les pays impliquĂ©s dans la lutte contre le terrorisme dans les zones peuplĂ©es.  » La campagne se concentrerait sur l’indĂ©pendance de la justice israĂ©lienne et les justifications juridiques des mĂ©thodes israĂ©liennes de lutte contre le terrorisme.

Le chef de Yesh Atid a Ă©galement appelĂ© le ministère des Affaires Ă©trangères Ă  disposer d’un budget plus Ă©levĂ© au fil des ans, ce qu’il sera en mesure de rĂ©aliser en tant que chef du plus grand parti de coalition si un nouveau gouvernement est formĂ© cette semaine.