Yémen : le chef du gouvernement houthiste aurait été tué dans une frappe israélienne à Sanaa

Un coup majeur aurait été porté à la direction houthiste au Yémen. Selon le quotidien yéménite Aden al-Rad, Ahmed Ghaleb al-Rahwi, Premier ministre de facto du gouvernement mis en place par les Houthis à Sanaa, aurait trouvé la mort lors d’une frappe israélienne menée hier dans la capitale. L’attaque aurait visé une maison située dans un quartier résidentiel où al-Rahwi se trouvait en compagnie d’autres responsables du mouvement.

À ce stade, les autorités houthis n’ont publié aucune réaction officielle, ni confirmé ni infirmé l’information. Le silence du groupe chiite pro-iranien alimente les spéculations : soit le chef du gouvernement a bien été tué et les Houthis cherchent à contenir le choc, soit il s’agit d’une campagne de désinformation dans un contexte de guerre psychologique.

Cette frappe, si elle est confirmée, marquerait un tournant. Al-Rahwi, nommé par les Houthis en 2021, était l’un des visages politiques du mouvement, présenté comme une façade gouvernementale auprès des populations locales et de certains interlocuteurs régionaux. Son élimination porterait un coup sévère à la structure politico-administrative houthiste, qui repose déjà sur des équilibres fragiles.

Israël a multiplié ces dernières semaines les opérations ciblées contre des infrastructures et des cadres houthis, accusant le groupe d’être devenu un acteur central du dispositif iranien dans la région. Depuis le déclenchement de la guerre à Gaza en octobre 2023, les Houthis se sont illustrés par des tirs de missiles et de drones contre Israël ainsi que par des attaques contre des navires en mer Rouge, perturbant gravement le commerce international.

L’élimination présumée d’al-Rahwi s’inscrirait dans cette stratégie israélienne d’affaiblissement systématique de l’« axe de la résistance » piloté par Téhéran, qui comprend le Hezbollah au Liban, les milices chiites en Irak, et les Houthis au Yémen. En visant directement la hiérarchie politique houthiste, Jérusalem entend envoyer un message : aucune figure de ce réseau n’est hors de portée.

Si la nouvelle venait à être confirmée, elle pourrait provoquer une escalade violente. Les Houthis ont déjà menacé à plusieurs reprises d’élargir leurs représailles au-delà de la mer Rouge et du golfe d’Aden. Pour Israël, cependant, cette démonstration de force apparaît comme une nécessité stratégique, destinée à dissuader ses ennemis régionaux et à rappeler que la guerre contre le terrorisme iranien se joue bien au-delà des frontières israéliennes.

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