Un rĂ©serviste israĂ©lien de 26 ans, intĂ©grĂ© dans le système de dĂ©fense antimissile DĂ´me de fer, a Ă©tĂ© mis en examen pour espionnage au profit de l’Iran. Les informations qu’il aurait transmises — positions de bases, procĂ©dures d’armement, donnĂ©es personnelles de soldats — touchent au cĹ“ur mĂŞme de la souverainetĂ© militaire d’IsraĂ«l, en pleine pĂ©riode de guerre sur plusieurs fronts.
Un recrutement par Telegram, une rémunération en cryptomonnaie
Selon l’acte d’accusation dĂ©posĂ© par le parquet du district de JĂ©rusalem, reprĂ©sentĂ© par l’avocate Yifat Pinhassi Nevo, Raz Cohen, 26 ans, originaire de JĂ©rusalem et rĂ©serviste au sein du système DĂ´me de fer, a Ă©tĂ© mis en examen pour avoir transmis des informations sensibles Ă l’Iran via l’application Telegram, Ă partir du mois de dĂ©cembre dernier, en Ă©change de paiements en cryptomonnaie — le premier versement ayant Ă©tĂ© effectuĂ© dès le dĂ©but du contact, Ă titre de preuve de sĂ©rieux.
Le mode opĂ©ratoire est prĂ©cis et mĂ©thodique. Cohen aurait fourni Ă l’agent iranien des informations dĂ©taillĂ©es sur son rĂ´le dans le système DĂ´me de fer, notamment son mode de fonctionnement, la structure de la batterie, ainsi que les procĂ©dures d’armement et de lancement. Il aurait Ă©galement transmis des photos et vidĂ©os enregistrĂ©es durant son service, incluant des documents opĂ©rationnels du système.
Des cibles humaines et des positions géographiques
Le dossier ne se limite pas aux donnĂ©es techniques. Cohen aurait Ă©galement communiquĂ© Ă l’agent Ă©tranger les positions de bases de l’armĂ©e de l’air et des batteries DĂ´me de fer, ainsi que des informations personnelles et les coordonnĂ©es de plusieurs individus, dans le but d’Ă©valuer la possibilitĂ© de les recruter comme collaborateurs au profit de l’entitĂ© iranienne.
C’est cette dimension — transformer des collègues soldats en cibles potentielles de recrutement — qui distingue cette affaire d’un simple cas de nĂ©gligence ou de fuite involontaire. Il s’agit d’une dĂ©marche active, structurĂ©e, au service d’un adversaire dĂ©clarĂ©.
En pleine guerre, une trahison en conscience
Ce qui aggrave considĂ©rablement le tableau juridique et moral, c’est le contexte dans lequel les faits se sont dĂ©roulĂ©s. Les actes auraient Ă©tĂ© commis alors que Cohen Ă©tait pleinement conscient qu’il s’agissait d’une entitĂ© hostile, et avec l’intention dĂ©libĂ©rĂ©e d’aider l’ennemi dans sa guerre contre IsraĂ«l, au moment mĂŞme oĂą l’État hĂ©breu se trouve en Ă©tat de combat sur plusieurs fronts.
L’acte d’accusation retient deux chefs d’inculpation : aide Ă l’ennemi en temps de guerre et transmission d’informations Ă l’ennemi — les charges les plus graves du droit pĂ©nal militaire israĂ©lien.
Un profil qui soulève des questions systémiques
L’affaire Cohen s’inscrit dans une sĂ©rie de cas qui interrogent la soliditĂ© du filtrage des personnels accĂ©dant aux systèmes sensibles. L’acte d’accusation mentionne Ă©galement des individus nommĂ©s Iliaspov et Andreiev : le premier, ancien technicien du système DĂ´me de fer ayant poursuivi son service en tant que rĂ©serviste, et le second, ancien technicien au sein du quartier gĂ©nĂ©ral opĂ©rationnel de l’armĂ©e de l’air, Ă©galement en service de rĂ©serve.
Le fait que plusieurs profils similaires apparaissent dans le mĂŞme dossier indique que l’enquĂŞte dĂ©passe le cas individuel. Ce n’est pas l’histoire d’un soldat isolĂ© ayant craquĂ© sous une pression financière — c’est le portrait d’un rĂ©seau de recrutement iranien qui a su identifier et exploiter des failles dans le dispositif humain de la dĂ©fense israĂ©lienne.
La cryptomonnaie, nouvel outil des services de renseignement ennemis
L’utilisation du crypto comme monnaie d’Ă©change n’est pas anodine. Elle permet Ă la fois l’anonymat des transactions, la difficultĂ© de traçabilitĂ© immĂ©diate, et un attrait particulier pour des individus en difficultĂ© financière. Dans un contexte Ă©conomique tendu — oĂą de nombreux rĂ©servistes cumulent service militaire prolongĂ© et perte de revenus civils — ce vecteur de corruption est d’une redoutable efficacitĂ©.
L’enquĂŞte a Ă©tĂ© menĂ©e par le dĂ©partement sĂ©curitĂ© de l’unitĂ© Lahav 433 de la police israĂ©lienne, en coordination avec le Shin Bet. La responsable du dossier cĂ´tĂ© police, la commandante Sarit Peretz, a prĂ©sentĂ© les Ă©lĂ©ments de l’affaire lors d’une confĂ©rence de presse officielle.
Cette affaire rappelle que la guerre ne se gagne pas uniquement sur le terrain ou dans les airs. Elle se joue aussi dans les failles humaines — et que l’Iran, malgrĂ© ses revers militaires rĂ©pĂ©tĂ©s, continue d’investir massivement dans l’intelligence humaine pour pĂ©nĂ©trer les structures les plus protĂ©gĂ©es de l’État hĂ©breu.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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