25 ans du 11-Septembre : des familles de victimes réclament l’absence de Mamdani à la cérémonie

Une controverse politique et publique agite New York à l’approche des cérémonies commémoratives marquant les 25 ans des attentats du 11 septembre 2001. Le maire de la ville, Zohran Mamdani, fait l’objet d’attaques virulentes de la part de familles de victimes des attentats, après la résurgence d’une publication qu’il avait faite en 2023 et qui a récemment refait surface sur les réseaux sociaux.

Dans ce message, Mamdani avait écrit que « près de 3 000 New-Yorkais sont morts le 11 septembre. Vingt-deux ans plus tard, la mort ne s’est pas arrêtée. Nous pleurons nos voisins morts ce jour-là, les centaines de milliers de personnes tuées dans les guerres qui ont suivi, et les millions inconnus de blessés et de déplacés. » Ces propos ont été perçus par beaucoup comme établissant un parallèle entre les victimes de l’attentat terroriste et les morts des conflits qui en ont découlé, sans jamais nommer les auteurs de l’attaque elle-même.

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La controverse s’est intensifiée après la révélation que Mamdani avait par le passé participé à une interview avec le militant d’extrême gauche Hasan Piker, connu pour avoir déclaré en 2019 d’une phrase selon laquelle « l’Amérique méritait le 11-Septembre ». Mamdani n’avait pas désavoué ces propos au moment de l’entretien, ne les qualifiant de « condamnables et déplorables » qu’après une vague de critiques publiques.

Une pétition en ligne lancée par plusieurs familles de victimes, à l’initiative notamment de Giovanni Galante, dont l’épouse Grace a péri dans les attentats, a recueilli plus de 98 000 signatures. Le texte demande aux organisateurs de la cérémonie de reconsidérer soigneusement la participation de Mamdani, estimant qu’elle pourrait ne pas correspondre à l’esprit de la commémoration ni aux attentes des familles les plus directement concernées par la tragédie. Selon des relais de la presse américaine, les pétitionnaires reprochent également à Mamdani sa réticence passée à condamner le slogan « mondialiser l’intifada », ses éloges envers l’imam de Brooklyn Siraj Wahhaj, ainsi que des écrits de son père, le professeur de l’université Columbia Mahmoud Mamdani, qui avait qualifié après 2001 les attentats-suicides de forme de violence politique moderne plutôt que de pur acte de barbarie.

Plusieurs personnalités se sont jointes aux critiques. Marc Thiessen, ancien rédacteur de discours à la Maison-Blanche présent au Pentagone au moment des attentats, a déclaré que Mamdani n’avait « aucun droit de fouler le sol de Ground Zero », espérant qu’il soit accueilli par des huées s’il se présentait. L’élue du conseil municipal de New York Inna Vernikov a également critiqué le maire, tandis que l’ancien policier new-yorkais Paul Mauro l’a appelé à s’abstenir de tout événement lié au 11-Septembre, quelle que soit l’année.

Malgré cette pression croissante, Mamdani a fait savoir qu’il comptait bien assister à la cérémonie du 25e anniversaire, aux côtés du vice-président JD Vance et d’anciens présidents, dont Joe Biden et George W. Bush, afin d’honorer les victimes, les survivants, les familles et les premiers intervenants. Plusieurs proches de victimes ont d’ores et déjà annoncé leur intention de lui tourner le dos s’il se présente sur les lieux. Angie Pesce, dont le frère Danny a péri dans la tour nord, a estimé qu’il ne viendrait que « par esprit de provocation », tandis que Maureen Santora, 81 ans, dont le fils pompier Christopher est mort à 23 ans, a simplement exprimé l’espoir qu’il ne prenne pas la parole.

Les organisateurs de la pétition doivent tenir une conférence de presse à l’Hôtel de Ville de New York le 8 septembre, aux côtés de l’élue républicaine du Queens Joann Ariola, qui a par ailleurs jugé creux les récents décrets pris par Mamdani sur le devoir de mémoire, pointant notamment le maintien en poste de son conseiller juridique en chef Ramzi Kassem.