Les chiffres publiĂ©s ce mercredi par l’Institut d’Ă©tudes de sĂ©curitĂ© nationale (INSS) de Tel Aviv rĂ©vèlent une asymĂ©trie frappante dans la stratĂ©gie de riposte iranienne : en quatre jours de guerre, l’Iran a tirĂ© 2,5 fois plus de missiles et 20 fois plus de drones sur les pays du Golfe que sur IsraĂ«l. Une disproportion qui n’est pas accidentelle — elle traduit une doctrine de pression Ă©conomique et stratĂ©gique dont l’objectif dĂ©clarĂ© est de forcer Washington Ă mettre fin aux hostilitĂ©s.
Les donnĂ©es sont prĂ©cises. Vers IsraĂ«l : environ 200 missiles et 100 drones en 123 vagues d’attaque. Vers les pays du Golfe et les États arabes environnants : environ 500 missiles et 2 000 drones. La ventilation par pays est Ă©loquente : les Émirats arabes unis ont reçu 812 drones et 186 missiles ; le KoweĂŻt 384 drones et 178 missiles ; BahreĂŻn 92 drones et 74 missiles ; le Qatar 46 drones et 116 missiles ; l’Irak 70 missiles et drones ; la Jordanie 36 drones et 13 missiles. Chypre, Oman et l’Arabie saoudite ont Ă©galement Ă©tĂ© touchĂ©s dans des proportions moindres.
Le bilan humain dans ces pays est lourd : 11 morts et 5 blessés en Irak, 4 morts et 35 blessés au Koweït, 3 morts et 68 blessés aux Émirats, 3 morts et 4 blessés en Oman, un mort et 4 blessés à Bahreïn, 16 blessés au Qatar et 5 blessés en Jordanie.
Pourquoi cette concentration sur le Golfe plutĂ´t que sur IsraĂ«l ? Les analystes de l’INSS et les correspondants de sĂ©curitĂ© de Ynet identifient trois logiques convergentes.
La première est stratĂ©gique et Ă©conomique : l’Iran cherche Ă infliger un coĂ»t Ă©conomique suffisamment douloureux aux monarchies du Golfe pour les pousser Ă faire pression sur Trump afin qu’il mette fin Ă l’offensive. La richesse de ces États — et leur capacitĂ© Ă investir aux États-Unis et dans les affaires de Trump — en fait des leviers de pression potentiels sur la Maison-Blanche. Fragiliser leur Ă©conomie pĂ©trolière, leurs infrastructures portuaires et leurs hubs aĂ©riens, c’est s’attaquer aux intĂ©rĂŞts mĂŞmes qui pourraient pousser Washington Ă nĂ©gocier.
La deuxième logique est balistique et militaire : l’Iran possède des milliers de missiles Ă portĂ©e de 300 Ă 600 kilomètres — la distance exacte qui sĂ©pare ses cĂ´tes des installations pĂ©trolières du Golfe — et des milliers de drones kamikazes de type Shahed-136, bien moins coĂ»teux et plus difficiles Ă intercepter que des missiles balistiques. Contre des cibles molles comme les raffineries, les terminaux portuaires et les infrastructures de construction, quelques dizaines de kilos d’explosifs suffisent. Pas besoin d’un missile balistique Ă 3 millions de dollars pour endommager une installation pĂ©trolière.
La troisième logique est dissuasive : en frappant les pays qui hĂ©bergent des bases amĂ©ricaines — Qatar (Al-Udeid), KoweĂŻt (Ali Al-Salem), Émirats (Al-Dhafra) — l’Iran cherche Ă rendre politiquement et physiquement plus risquĂ© pour ces États de continuer Ă servir de plateforme Ă des opĂ©rations amĂ©ricaines offensives contre le territoire iranien.
L’INSS estime par ailleurs qu’Ă la fin du quatrième jour, l’armĂ©e de l’air israĂ©lienne avait mis hors service 300 lanceurs en Iran et plus de 100 missiles balistiques, tandis que les forces amĂ©ricaines avaient coulĂ© 17 navires et sous-marins iraniens. La guerre de l’Ă©puisement que l’Iran essaie d’imposer au Golfe se heurte Ă une destruction mĂ©thodique de ses propres capacitĂ©s de frappe. La question est de savoir lequel des deux rythmes l’emportera.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés
Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News
📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢






