De Rivière a dĂ©clarĂ© que l’application de la souverainetĂ© israĂ©lienne « constituerait une violation flagrante du droit international, qui interdit strictement l’acquisition par la force de territoires occupĂ©s « .
Les commentaires Ă l’ONU sont intervenus quelques heures après que le haut reprĂ©sentant pour les affaires Ă©trangères, Josep Borrell, a publiĂ© une dĂ©claration contre l’annexion sans le soutien des États membres de l’Union europĂ©enne.
« La position de l’Union europĂ©enne sur le statut des territoires occupĂ©s par IsraĂ«l en 1967 reste inchangĂ©e », indique le communiquĂ©.  » L’Union europĂ©enne ne reconnaĂ®t pas la souverainetĂ© israĂ©lienne sur la Cisjordanie occupĂ©e. L’Union europĂ©enne rĂ©affirme que toute annexion constituerait une grave violation du droit international ».
Borrell a commencĂ© la dĂ©claration en disant que l’Union europĂ©enne « prend note » de l’accord de coalition entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du parti Kahol-Lavan Benny Gantz, qui permet Ă Netanyahu de proposer un vote sur l’application de la souverainetĂ© israĂ©lienne d’une partie de la JudĂ©e-Samarie pour le 1er juillet. Borrell a Ă©galement dĂ©clarĂ© que l’Union europĂ©enne est prĂŞte Ă poursuivre sa coopĂ©ration avec IsraĂ«l dans la lutte contre le coronavirus.
Huit des 27 pays de l’Union europĂ©enne se sont opposĂ©s Ă la dĂ©claration, qui selon une source diplomatique israĂ©lienne, Ă©tait plus que contre toute dĂ©claration prĂ©cĂ©dente de l’Union europĂ©enne sur IsraĂ«l.
Borrell a fait des dĂ©clarations similaires peu de temps après que le prĂ©sident des États-Unis, Donald Trump, ait annoncĂ© son plan de paix, qui comprend l’application de la souverainetĂ© d’IsraĂ«l Ă 30% de la JudĂ©e et de la Samarie, mais Ă l’Ă©poque, il a dĂ©clarĂ© que «les Ă©tapes vers l’annexion, s’ils sont appliquĂ©s, ne peuvent passer sans ĂŞtre verifiĂ©s ».
La dĂ©claration est venue de Borrell et non des États membres parce que la Hongrie, l’Autriche et plusieurs autres États se sont opposĂ©s Ă la menace implicite dans la dĂ©claration. Les États de l’Union europĂ©enne prennent des dĂ©cisions de politique Ă©trangère Ă l’unanimitĂ©.
Cette fois, Borrell a de nouveau publiĂ© sa propre dĂ©claration, sans le soutien des États membres de l’Union europĂ©enne. Borrell a dĂ©clarĂ© que l’Union europĂ©enne « continuera de suivre de près la situation et ses implications plus larges et agira en consĂ©quence ».
Lors des entretiens avec les ministres des Affaires Ă©trangères des Etats membres, Borrell a plaidĂ© pour l’imposition de sanctions Ă IsraĂ«l en cas « d’annexion », a rapportĂ© KAN. L’Union europĂ©enne est particulièrement sensible Ă la question de la souverainetĂ© israĂ©lienne, car elle a sanctionnĂ© la Russie pour l’annexion de la CrimĂ©e et parce qu’une partie de l’État membre Chypre est occupĂ©e par la Turquie.
Une source de l’un des États de l’Union europĂ©enne qui s’oppose Ă la dĂ©claration s’est dĂ©clarĂ©e surprise par sa libĂ©ration et attendait plus de dĂ©bats. Contrairement Ă la dernière dĂ©claration de Borrell, la source a dĂ©clarĂ© que, dans ce cas, la plupart des opposants Ă©taient prĂ©occupĂ©s par le temps. Le gouvernement israĂ©lien n’a pas encore Ă©tĂ© autorisĂ© par la Knesset et il ne voulait pas entamer ses relations avec Gantz, qui, selon l’accord de coalition, deviendra Premier ministre dans un an et demi, sur une base aussi nĂ©gative.
Un responsable de l’Union europĂ©enne a dĂ©clarĂ© qu’il Ă©tait question d’inclure JĂ©rusalem, ce qui n’Ă©tait pas mentionnĂ© dans la dĂ©claration finale, et d’en dire plus sur la coopĂ©ration bilatĂ©rale avec IsraĂ«l.
Le ministère des Affaires Ă©trangères a dĂ©clarĂ© qu’ « il est regrettable que Josep Borrell… ait choisi d’accueillir le nouveau gouvernement d’un partenaire central de l’Union europĂ©enne de cette manière et ait choisi de considĂ©rer les relations entre IsraĂ«l et l’Union europĂ©enne uniquement Ă travers le prisme de un flĂ©au et «le statut des territoires» ».
« Compte tenu du fait que ce message n’a pas reçu le soutien des Etats membres, nous nous sommes demandĂ©, et non pour la première fois, quelles politiques l’honorable dĂ©putĂ© a choisi de reprĂ©senter », a ajoutĂ© le ministère des Affaires Ă©trangères.
Le ministre des Affaires Ă©trangères, IsraĂ«l Katz, a remerciĂ© les États membres de l’UE qui sont amis d’IsraĂ«l pour s’ĂŞtre opposĂ©s au message de Borrell, affirmant qu’ « ils voient la valeur des relations avec IsraĂ«l, et nous continuerons Ă promouvoir les relations entre IsraĂ«l et l’Europe avec eux.  »
Pourtant, les États membres de l’Union europĂ©enne au Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU ont fait leurs propres dĂ©clarations s’opposant Ă l’annexion lors de la rĂ©union de jeudi.
L’ambassadeur d’Allemagne a dĂ©clarĂ© au Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU qu’il « dĂ©conseille fortement » une « annexion », qui aurait des rĂ©percussions nĂ©gatives, serait dĂ©stabilisante et menacerait la  » solution Ă deux Etats «  .
L’Estonie et la Belgique ont dĂ©clarĂ© que l’annexion Ă©tait contraire au droit international.
Le Coordonnateur spĂ©cial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, a Ă©galement dĂ©clarĂ© que l’annexion des « colonies » viole le droit international, dans ses remarques au Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations Unies, ce jeudi.
La « dangereuse perspective d’annexion » « porterait Ă©galement un coup dĂ©vastateur Ă la solution Ă deux Etats, fermerait la porte Ă de nouvelles nĂ©gociations et menacerait les efforts pour faire avancer la paix rĂ©gionale », a prĂ©venu Mladenov.







