Il est temps de dire Ă  haute voix : Nous avons envie d’une plage pour les familles

La volontĂ© de rester modeste (Tsanouah) a conduit Ă  l’ouverture de nombreuses plages sĂ©parĂ©es, mais le prix Ă  payer est grand : il est impossible d’aller Ă  la mer avec toute la famille. Le rabbin Ido Pechter affirme que l’ouverture d’une plage familiale mixte est dans l’intĂ©rĂŞt de nombreuses communautĂ©s.

Quand nous Ă©tions enfants, Ă  HaĂŻfa dans les annĂ©es 1980, je me souviens avoir passĂ© du temps ensemble en famille sur la plage de Dado. Enfant, je ne me rappelle pas de vues interdites. Ce qui est vraiment gravĂ© en moi, c’est en fait quand j’ai Ă©tĂ© renversĂ© dans l’eau salĂ©e, suite Ă  une forte vague qui est venue, et les secondes qui m’ont semblĂ© ĂŞtre une Ă©ternitĂ©, pendant laquelle j’Ă©tais avec la tĂŞte sous l’eau. Ma mère, si je me souviens bien, m’a remontĂ© au-dessus de l’eau. Depuis lors, j’ai un peu peur des vagues, mais la peur a Ă©tĂ© supprimĂ©e par le grand plaisir de s’amuser en famille sur la plage. C’Ă©tait un moment de calme et de sĂ©rĂ©nitĂ©, de jeux avec les frères et sĹ“urs et de moments passĂ©s avec les parents.

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Au fil des annĂ©es, et en vieillissant, nous nous sommes rendu compte qu’une plage mixte n’Ă©tait pas pour nous. En tant qu’enfants, c’Ă©tait naĂŻf, mais en tant qu’adolescents, nous pensions qu’il n’Ă©tait pas bon pour nous de rester sur des plages mixtes, oĂą de nombreuses parties du corps sont exposĂ©es. Ce n’Ă©tait pas agrĂ©able pour nous, pour nous-mĂŞmes. Nous voulions vivre modestement, et la solution Ă©tait la plage sĂ©parĂ©e.

En tant que groupe d’adolescents religieux, nous avons adorĂ© la plage sĂ©parĂ©e. Nous Ă©tions heureux de pouvoir passer du temps en mer, avec un tampon casher accrochĂ© dessus. Nous Ă©tions exempts de prĂ©occupation sur notre corps (autre qu’un commentaire Ă  la frontière du harcèlement, dont je me souviens de la part d’un homme grossier) et le harcèlement des regards qui nous fixent ou que nous regardons les autres. Nous n’avions pas peur de ce qu’ils diraient et de la façon dont ils nous regarderaient. Nous avons investi notre temps juste Ă  profiter de la mer.

Mais dans ces annĂ©es, oĂą nous Ă©tions pour la plupart Ă©gocentriques, nous ne pensions pas du tout au prix que nous payions pour notre choix. Parce que pendant que nous marchions vers la plage sĂ©parĂ©e, nos familles ont Ă©tĂ© laissĂ©es pour compte. Le passe-temps familial partagĂ© a complètement cessĂ©. Garçons et filles de la mĂŞme famille, mère et père, tout cela a disparu au nom de la plage sĂ©parĂ©e, Ă  des jours et Ă  des heures diffĂ©rentes. Il n’y avait plus de famille. Il n’y avait que la question du genre.

En tant qu’adolescent, qui Ă©tait encore rebelle dans sa famille, cela ne me dĂ©rangeai pas. Mais aujourd’hui, alors que je suis père de quatre enfants, dont trois filles, je comprends ce que je ne comprenais pas alors. Je rattrape la perte que j’ai perdue, suite Ă  mon choix de rester modeste. Je ne peux pas rĂ©pĂ©ter mon expĂ©rience d’enfance Ă  mes enfants aujourd’hui. On ne peut pas aller Ă  la mer ensemble en famille. C’est soit moi avec le fils, et peut-ĂŞtre mĂŞme une très jeune fille, soit la mère avec les filles, sans moi. Les options qui s’offrent Ă  nous ne sont que deux : soit une plage complètement mixte, soit une plage complètement sĂ©parĂ©e.

Mais n’est-il pas possible de trouver le juste milieu, pour des familles comme nous ? N’est-il pas possible d’amĂ©nager une bande de plage, qui sera destinĂ©e aux personnes souhaitant se baigner modestement mais avec toute leur famille – hommes et femmes, garçons et filles ?

Je suis sĂ»r que je ne suis pas seul dans cette demande. Je suis sĂ»r qu’il y a beaucoup d’autres familles qui aimeraient le faire – se baigner sur la plage oĂą elles peuvent rester dans le cadre familial naturellement, sans exposition excessive et sans sĂ©paration excessive. Les personnes intĂ©ressĂ©es pourront continuer Ă  marcher vers des plages sĂ©parĂ©es. La demande ne vient pas priver les personnes intĂ©ressĂ©es par la sĂ©paration. La demande vient seulement pour permettre mĂŞme Ă  ceux qui ne veulent pas renoncer Ă  la pudeur mais aussi pas Ă  la famille d’obtenir un bout de plage.

Nous ne devons pas accepter la rĂ©alitĂ© d’aujourd’hui, oĂą les familles intĂ©ressĂ©es recherchent des plages non dĂ©clarĂ©es sans la supervision des services de secours. C’est interdit et dangereux. Au lieu de cela, il est temps de passer Ă  autre chose. Montrez qu’il y a tout un public qui le veut. Soit dit en passant, ce n’est pas seulement un public national-religieux. Beaucoup d’ultra-orthodoxes s’en rĂ©jouissent Ă©galement, et mĂŞme un public non religieux.

Nous aimons la mer. Avons envie d’une plage pour les familles. Qui d’autre est intĂ©ressĂ© par ça ? Merci de faire entendre votre voix.