Les travaux de scientifiques de l’UniversitĂ© hĂ©braĂŻque de JĂ©rusalem, publiĂ©s dans la revue eLife , concluent que le nombre de dĂ©cès est sous-estimĂ© d’au moins un million.
La surmortalitĂ©, dĂ©finie comme une augmentation de la mortalitĂ© toutes causes confondues par rapport Ă la mortalitĂ© attendue, est largement considĂ©rĂ©e comme une mesure plus objective du nombre de dĂ©cès dus au COVID-19. Cependant, il n’y avait pas de rĂ©fĂ©rentiel mondial, frĂ©quemment mis Ă jour, des donnĂ©es de mortalitĂ© toutes causes confondues dans les pays. Pour combler cette lacune, les scientifiques ont collectĂ© des donnĂ©es de mortalitĂ© hebdomadaires, mensuelles ou trimestrielles toutes causes confondues dans 94 pays.
Les donnĂ©es sont basĂ©es sur des calculs qui estiment l’Ă©cart entre le nombre signalĂ© de dĂ©cès dus aux coronavirus et le nombre total de dĂ©cès supplĂ©mentaires. Ils soutiennent que l’essentiel du dĂ©ficit est constituĂ© de dĂ©cès causĂ©s par le coronavirus, mais est classĂ© dans d’autres catĂ©gories.
Cet effet est particulièrement prononcĂ© dans les pays autoritaires. En Russie, lorsque l’Ă©tude s’est terminĂ©e au printemps, il y avait 110 000 dĂ©cès confirmĂ©s dus au coronavirus, mais il y avait 500 000 dĂ©cès supplĂ©mentaires. Il n’y a eu que 390 dĂ©cès confirmĂ©s de coronavirus en BiĂ©lorussie, mais 5 700 dĂ©cès supplĂ©mentaires.
Certains pays sous-estiment considĂ©rablement leurs donnĂ©es sur les dĂ©cès dus au COVID-19 (par exemple, le Nicaragua, la Russie, l’OuzbĂ©kistan), parfois de deux ordres de grandeur (Tadjikistan). Dans le mĂŞme temps, dans plusieurs autres pays (Australie, Nouvelle-ZĂ©lande), les dĂ©cès pendant la pandĂ©mie Ă©taient infĂ©rieurs aux niveaux normaux, probablement en raison de mesures de distanciation sociale qui rĂ©duisent les dĂ©cès infectieux non associĂ©s au coronavirus.
Les chercheurs concluent que le nombre de dĂ©cès dus au virus est sous-estimĂ© d’un million ou plus en raison d’erreurs statistiques et d’une dissimulation dĂ©libĂ©rĂ©e de l’Ă©tendue des dĂ©cès.




