Une arabe israélienne condamnée à 2,5 ans de prison pour avoir publié des photos sur Facebook à un membre du Hezbollah 

Le tribunal de district du district central a condamnĂ© Mai-Bat Masarua, 27 ans, de Taibeh, Ă  30 mois de prison, reconnu coupable d’avoir contactĂ© un agent ennemi et lui avoir transmis des informations. L’accusĂ©e a admis que depuis un an et demi elle envoyait sur Facebook Ă  un agent du Hezbollah une photo d’un vĂ©hicule militaire, une batterie Kipat Barzel, un poste militaire au poste de contrĂ´le d’Erez, la frontière libanaise près de Rosh HaNikra, une armĂ©e de l’air musĂ©e Ă  la base de Hatzerim et autres objets associĂ©s Ă  Tsahal.

Mai-Bat, la nièce d’un avocat de Taibe, une mondaine aux Ă©tudes supĂ©rieures incomplètes issue d’une famille respectable, a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©e en mars 2020 et est restĂ©e derrière les barreaux jusqu’Ă  la fin du procès. Cependant, l’affaire très mĂ©diatisĂ©e d’ « espionnage en faveur du Hezbollah » s’est soldĂ©e par un accord avec des charges mitigĂ©es et une peine relativement clĂ©mente, car lors des audiences du tribunal, il s’est avĂ©rĂ© que l’accusĂ© n’avait aucune idĂ©e Ă  qui elle parlait sur Facebook et coupait les contacts dès que l’on soupçonne que quelque chose n’allait pas.

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Elle a admis avoir donnĂ© Ă  l’inconnu Ali, qui Ă©tait membre de la communautĂ© israĂ©lienne Facebook et lui a parlĂ© en hĂ©breu, les photographies qu’il lui a demandĂ© de prendre – mais elle Ă©tait sĂ»re qu’elle ne faisait rien d’illĂ©gal, puisqu’elle filmait dans les lieux autorisĂ©s et une seule fois, au poste de contrĂ´le d’Erez, un militaire s’est approchĂ© d’elle et lui a demandĂ© d’arrĂŞter de filmer « l’objet militaire fermĂ© ». Les avocats de la jeune fille ont prĂ©sentĂ© au tribunal une sĂ©rie de photos provenant de sources ouvertes, qui montraient les mĂŞmes objets que Mai-Bat a filmĂ©s Ă  la demande de l’inconnu « Ali ».

Un ami juif de l’accusĂ©, professeur d’anglais dans un collège privĂ©, lors d’un interrogatoire au Shabak a qualifiĂ© Mai-Bat de « nationaliste » et a Ă©tĂ© tĂ©moin de l’accusation, mais a dĂ©clarĂ© au procès que sa petite amie arabe n’Ă©tait qu’une fille très amicale et sociable, qui aime aider les autres et est loin de tout politicien. Il a dit qu’il l’avait qualifiĂ©e de « nationaliste » lorsque le Shabak lui a montrĂ© sa publication sur Facebook exprimant des sentiments nationalistes, mais en personne, il n’a jamais remarquĂ© de manifestations de nationalisme arabe Ă  Mai Bat.

Après l’arrestation, Mai-Bat a Ă©tĂ© placĂ©e dans le dĂ©partement oĂą siègent les accusĂ©s de terrorisme. Elle a suppliĂ© devant le tribunal de la transfĂ©rer dans un autre dĂ©partement, car les prisonniers palestiniens lui sont hostiles et la maltraitent de toutes les manières possibles, elle ne communique avec personne, souffre mentalement et a mĂŞme perdu 10 kilogrammes.

Le bureau du procureur a demandĂ© d’envoyer Mai-Bat en prison pour 3 Ă  5 ans. Le code pĂ©nal israĂ©lien prĂ©voit des peines très sĂ©vères pour le transfert d’informations, 3 ans – la peine minimale pour ce crime, commis par frivolitĂ© et ignorance, sans intention de nuire Ă  la sĂ©curitĂ© de l’État. Le tribunal a finalement condamnĂ© la jeune fille Ă  30 mois de prison – la peine maximale acceptĂ©e par son avocat – et a recommandĂ© Ă  l’administration pĂ©nitentiaire de prĂŞter attention Ă  son sort dans le dĂ©partement des accusĂ©s de terrorisme.

La prĂ©venue ayant dĂ©jĂ  passĂ© plus de 20 mois en prison, elle pourra ĂŞtre libĂ©rĂ©e prochainement si la commission des libĂ©rations anticipĂ©es la juge digne d’une rĂ©duction d’un tiers de sa peine.