Pas seulement NSO : la police engage un jeune hacker Elishai Teboul, pour entrer par effraction sur les téléphones de suspects

Les camĂ©ras de sĂ©curitĂ© d’une entreprise de la zone centrale ont documentĂ© une infraction pĂ©nale grave commise par une personnalitĂ© publique de premier plan. Les enquĂŞteurs de la police ont pu mettre la main sur les photos prĂ©sumĂ©es coupables. Un acte d’accusation a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©. Jusqu’Ă  prĂ©sent, cela ressemble Ă  une enquĂŞte policière de routine et rĂ©ussie. Sauf qu’il n’a pas Ă©tĂ© exĂ©cutĂ© par des policiers. Celui qui s’est emparĂ© Ă  distance des camĂ©ras de sĂ©curitĂ© Ă©tait un hacker israĂ©lien, du nom d’Elishai Teboul. Teboul est un citoyen ordinaire, pas un policier, et n’a aucune formation dans le domaine. Cela n’a pas empĂŞchĂ© la police de lui demander d’entrer par effraction dans ces camĂ©ras, et pas seulement lui.

Ce n’est pas un cas isolĂ©, et Teboul n’est pas le seul hacker. Une enquĂŞte calcaliste rĂ©vèle que la cyber-division de la police, la branche de collecte de renseignements technologiques de la Division des enquĂŞtes et du renseignement, a embauchĂ© au moins trois pirates informatiques externes ces dernières annĂ©es, qui ont travaillĂ© comme sous-traitants moyennant des frais, pour aider Ă  recueillir des renseignements et rĂ©soudre des affaires pĂ©nales.

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Ce sont des citoyens qui ont Ă©tĂ© exposĂ©s Ă  des informations top secrètes sans classification de sĂ©curitĂ©, sans signature d’engagement de Shos (partenaires secrets) et sans examens polygraphiques pĂ©riodiques pour Ă©viter l’utilisation abusive des informations qui lui ont Ă©tĂ© divulguĂ©es. Ils ont reçus des donnĂ©es personnelles de citoyens qu’ils ont eux-mĂŞmes obtenues pour la police, ou qui ne servent pas d’ « agents doubles ».

Le travail de certains des pirates informatiques, a appris Calcalist, a souvent Ă©tĂ© effectuĂ© de manière illĂ©gale. Par exemple, en piratant des rĂ©seaux WiFi fermĂ©s, en tĂ©lĂ©chargeant des vidĂ©os Ă  partir de camĂ©ras de vidĂ©osurveillance, en piratant et parcourant des fichiers d’assurance, en piratant Ă©galement des tĂ©lĂ©phones oĂą la police n’a pas pu installer le logiciel Pegasus de NSO, et plus encore. Les actions ont Ă©tĂ© menĂ©es sans contrĂ´le judiciaire et leurs produits ont Ă©tĂ© dĂ©guisĂ©s sous des certificats de confidentialitĂ©, gĂ©nĂ©ralement sous la forme d’une « source ponctuelle ». Les pirates ont Ă©tĂ© payĂ©s pour des factures de « consultation ».

La police a localisĂ© Teboul qui Ă©tait en difficultĂ© financière, et en a depuis fait son sous-traitant. Elle l’a fait mĂŞme si, lorsqu’il a commencĂ© Ă  travailler, il a Ă©tĂ© plongĂ© au milieu d’un enchevĂŞtrement juridique liĂ© Ă  son utilisation illĂ©gale prĂ©sumĂ©e de ses connaissances dans le monde numĂ©rique. En 2015, la sociĂ©tĂ© japonaise Sony a dĂ©posĂ© une plainte de 100 000 NIS contre Teboul devant le tribunal de district de JĂ©rusalem.

Selon le procès, Teboul a créé un site Web appelĂ© PS3PRIZE (« hacking » pour PS3 – abrĂ©viation de Sony PlayStation 3), et sur le site, il a proposĂ© de vendre un moyen de pirater le logiciel de codage PlayStation : « hacking for all types of Sony  » pour 70 NIS, qui peut ĂŞtre tĂ©lĂ©chargĂ© Ă  partir du rĂ©seau Jeux Internet gratuits de PlayStation ou d’autres consoles. En tant que forfait, selon le procès, le site proposait Ă©galement un forfait « cambriolage + jeu cadeau » pour 150 NIS. Les enquĂŞteurs privĂ©s de Sony ont localisĂ© Teboul et recueilli des preuves de ses actions.

« Comme je n’avais pas d’argent pour survivre pendant que j’Ă©tais dans l’armĂ©e », a admis Teboul dans un affidavit au tribunal, « j’ai dĂ» chercher des sources de revenus qui me permettraient de survivre, et j’ai donc commencĂ© Ă  pirater Ă  la demande des gens pour appareils Sony PlayStation afin qu’ils puissent copier des logiciels Web. »

Teboul a joint une lettre de l’officier de la ville de JĂ©rusalem, qui a tĂ©moignĂ© que pendant son service militaire, il avait Ă©tĂ© dĂ©fini comme un soldat solitaire. Une impression d’un compte bancaire qu’il a ajoutĂ© a montrĂ© que le solde de son compte courant n’Ă©tait que de milliers de shekels Ă  l’Ă©poque. Le juge Yigal Marzel a dĂ©cidĂ© de facturer 15 000 shekels Ă  Teboul en compensation Ă  Sony et Ă  ses avocats.

La personne qui a engagĂ© Teboul pour aider la police moyennant des frais Ă©tait l’ancien chef du dĂ©partement de la technologie de la division Cygint, le surintendant adjoint Yosef Kahlon. Et la police l’a chargĂ© de beaucoup de travail. Au cours de certains mois, a appris Calcalist, le paiement mensuel Ă  Teboul, en fonction des heures de travail, a Ă©galement atteint environ 50 000 NIS par mois.

Mais la police n’a fait aucun effort pour vĂ©rifier comment Teboul avait obtenu les informations sensibles du renseignement. Il a mĂŞme eu accès aux bureaux de la Brigade Signet Ă  JĂ©rusalem et a Ă©tĂ© exposĂ© Ă  des informations top secrètes, mĂŞme s’il s’agit d’un citoyen qui n’a pas Ă©tĂ© formĂ© comme officier de police.

Les personnes exposĂ©es au travail du pirate ont notĂ© que Teboul avait apportĂ© de grandes rĂ©alisations en termes de renseignement Ă  la police et aidĂ© Ă  rĂ©soudre une affaire compliquĂ©e. Entre autres choses, il a traquĂ© des Ă©lĂ©ments d’organisations criminelles pour les prendre « sur le vif » lorsqu’ils commettent des crimes, et a retrouvĂ© des tĂ©moins de l’État.

Une autre affaire qu’il a rĂ©ussi Ă  rĂ©soudre a Ă©tĂ© de localiser un homme qui a ouvert de faux profils sur les rĂ©seaux sociaux et persuadĂ© de jeunes femmes de lui envoyer des vidĂ©os nues. Toutes ces actions ont Ă©tĂ© faites avec la connaissance de la police.

La police israĂ©lienne a rĂ©pondu : « Les allĂ©gations faites dans votre demande sont contraires Ă  la vĂ©ritĂ©. La police israĂ©lienne agit conformĂ©ment aux pouvoirs qui lui sont confĂ©rĂ©s par la loi et comme l’exigent les ordonnances des tribunaux, dans le cadre des procĂ©dures et des règles Ă©tablies par les autoritĂ©s compĂ©tentes. les autoritĂ©s.

« L’activitĂ© policière dans ce domaine est sous la surveillance et le contrĂ´le continus du procureur gĂ©nĂ©ral et d’autres entitĂ©s juridiques non organisationnelles.
« Naturellement, la police n’entend pas se rĂ©fĂ©rer aux outils qu’elle utilise. Cependant, nous continuerons Ă  agir rĂ©solument avec tous les moyens Ă  notre disposition, dans l’espace physique et rĂ©seau, afin de lutter contre la criminalitĂ© en gĂ©nĂ©ral et le crime organisĂ© en particulier pour protĂ©ger la sĂ©curitĂ© publique et la propriĂ©tĂ©. »