Le Mossad rĂ©vèle pour la première fois les tĂ©moignages de deux survivants de l’Holocauste qui ont servi comme agents dans le noyau opĂ©rationnel de l’organisation du Mossad, sans que leurs membres de cette mĂŞme organisation connaissent l’histoire de leur vie et le fait qu’ils sont des survivants de la Shoah.
Ă€ l’occasion de la JournĂ©e de commĂ©moration de la Shoah, le Mossad a organisĂ© un Ă©vĂ©nement à « Leur mĂ©moire » dans 20 centres diffĂ©rents au siège de l’organisation. Dans le cadre de l’Ă©vĂ©nement, une scène spĂ©ciale a Ă©tĂ© donnĂ©e aux survivants de l’Holocauste qui ont travaillĂ© au fil des ans dans les rĂ´les principaux du Mossad et ont menĂ© des opĂ©rations et des opĂ©rations secrètes avec courage, et comme mentionnĂ© sans que leurs membres sachent qu’ils sont des survivants de l’Holocauste qui ont survĂ©cu Ă l’enfer. Pendant des annĂ©es, ils ont gardĂ© le secret entre eux et, avec dĂ©vouement, ont apportĂ© une contribution significative Ă la sĂ©curitĂ© nationale d’IsraĂ«l.
Par respect et hommage Ă leur travail, le Mossad publie aujourd’hui les tĂ©moignages de deux des protagonistes – Haim Victor Tayar qui a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© par son nom complet et sa photo, et Sylvia dont l’identitĂ© complète est toujours interdite de publication. Son visage est floutĂ© du fait que malgrĂ© son âge avancĂ© (82 ans), mĂŞme aujourd’hui, exposer son identitĂ© peut causer des dommages opĂ©rationnels importants.
« Je regarde avec une grande humilitĂ© votre courage personnel, l’histoire de votre vie. Les leçons de l’Holocauste et les dĂ©fis sĂ©curitaires nous enseignent que nous devons renforcer notre force et ne faire confiance qu’Ă nous-mĂŞmes », a dĂ©clarĂ© le chef du Mossad, Dudi Barnea.
Sylvia, une ancienne commandante opĂ©rationnelle supĂ©rieure, a partagĂ© l’histoire de sa vie en tant qu’Ă©tat-major du Mossad avec des yeux brillants. « Je suis nĂ© Ă Bialystok dans la famille Wissotzky en 1940. Quand les Russes sont entrĂ©s Ă Bialystok, ma mère s’est enfuie avec moi Ă Varsovie et y a vĂ©cu dans le ghetto. Ma mère m’a enveloppĂ© de haillons et m’a jetĂ© par-dessus le mur du ghetto. Le mĂŞme Polonais m’a remis Ă ses parents. Très jeune, j’ai fui la famille polonaise qui m’envoyait mendier dans la rue. Je souffrais lĂ -bas, je me suis enfuie, j’ai couru comme un folle. Un couple d’adultes sans enfant, m’a Ă©levĂ©e en tant que chrĂ©tien. Mes parents ont pĂ©ri dans l’Holocauste. Après la guerre, ma tante, qui a survĂ©cu Ă la guerre, m’a retrouvĂ©e et nous avons immigrĂ© ensemble en IsraĂ«l en 1950. »
Plus tard, Sylvia a Ă©tĂ© absorbĂ©e dans les rangs de l’organisation de renseignement israĂ©lienne. Elle a servi dans une variĂ©tĂ© de rĂ´les opĂ©rationnels importants, a courageusement dirigĂ© des activitĂ©s impressionnantes et a atteint des postes de commandement supĂ©rieurs.
Sylvia partage ses sentiments en tant que personne qui a vĂ©cu l’enfer mais qui a grandi et travaillĂ© pendant de nombreuses annĂ©es dans l’organisation de renseignement israĂ©lienne : « Personne au Mossad ne savait que j’Ă©tais une survivante de l’Holocauste. Je ne voulais pas de rabais. Je voulais ĂŞtre comme tout le monde. J’aimais le pays. Sylvia est mère de trois enfants et grand-mère de six petits-enfants.
Haim Victor raconte avec une Ă©motion admirable son histoire : « En juin 1940, l’Italie fasciste qui gouvernait la Libye dĂ©clara la guerre Ă la Grande-Bretagne et Ă la France, ce qui provoqua des bombardements massifs sur la ville de Tripoli, qui conduira ma famille Ă fuir vers la ville de Zawia oĂą ma sĹ“ur cadette est morte du typhus. Dans toute la Libye, avec la nationalitĂ© Ă©trangère au camp de dĂ©tention en Tunisie, dont environ 660 ont Ă©tĂ© envoyĂ©s au camp de Bergen-Belsen en Allemagne.
« En Tunisie, qui était alors sous le contrôle du gouvernement de Vichy et de la Gestapo, les hommes ont été envoyés dans des camps de travail. Après quelques mois, nous avons été transférés en Algérie où notre nationalité française a été révoquée et envoyée au camp de concentration de Laguat dans le désert du Sahara où nous vivions dans des conditions insupportables.
« En 1943, les AlliĂ©s et la France libre ont envahi l’AlgĂ©rie dans le cadre de l’opĂ©ration Lapid, qui a Ă©tĂ© rendue possible par les activitĂ©s de la rĂ©sistance juive de 800 membres et a servi de pont vers l’occupation europĂ©enne et la dĂ©faite du rĂ©gime nazi. J’ai vĂ©cu avec ma famille encore quelques annĂ©es, et mon jeune frère, jusqu’Ă notre retour Ă Tripoli et de lĂ Ă Marseille et Ă la campagne en 1947.
Haim a servi Ă l’unitĂ© Givati ​​​​en tant qu’agent de liaison et s’est enrĂ´lĂ© en 1956 Ă l’Institut du renseignement et des postes spĂ©ciaux, oĂą il a occupĂ© pendant de nombreuses annĂ©es divers postes clĂ©s au sein de la division de la technologie des opĂ©rations. « En tant qu’enfant persĂ©cutĂ© par l’Holocauste qui a vĂ©cu de première main les terribles atrocitĂ©s, pour moi, servir dans le Mossad et contribuer Ă la sĂ©curitĂ© de l’État d’IsraĂ«l est une immense rĂ©ussite personnelle et une immense fiertĂ© de faire partie de la famille du Mossad. » Haim est mariĂ© Ă Ziona et a deux enfants et 5 petits-enfants.
Dans un discours prononcĂ© par le chef du Mossad, Dudi Barnea, Ă la fin des tĂ©moignages des survivants de l’Holocauste, a dĂ©clarĂ© : « Ce jour secoue l’âme. Il est difficile de parler, l’esprit a du mal Ă comprendre et le cĹ“ur a croire ce qui est arrivĂ© Ă notre peuple. Encore aujourd’hui, ce que vous avez vĂ©cu est encore choquant, presque incroyable, inconcevable, et vous ĂŞtes ici avec le peuple d’IsraĂ«l, pour dire au monde entier ce qui s’est passĂ©. »
« Votre hĂ©roĂŻsme a commencĂ© alors, mais il continue Ă ce jour. Il est difficile de dĂ©crire la force mentale et le courage requis juste pour continuer Ă vivre. Et vous avez fait bien plus que cela : vous avez construit votre vie, participĂ© au renouveau de la terre, des familles Ă©tablies Ă la gloire de ce pays. Vous avez acquis des fonctions spĂ©ciales de l’État d’IsraĂ«l. Mais vous n’Ă©tiez pas satisfait de cela. Je vous parle en tant que reprĂ©sentant d’une organisation israĂ©lienne, Ă©tatique, dĂ©terminĂ©e et puissante », a ajoutĂ© Barnea.
« Et moi, qui dirige le Mossad, je regarde avec beaucoup d’humilitĂ© votre courage personnel, l’histoire de votre vie. La plupart d’entre vous sont des membres de la famille d’employĂ©s du Mossad, certains d’entre vous ont servi au Mossad, aujourd’hui vous faites tous partie de nous, une partie du Mossad. Il est important pour nous de vous entendre. Votre histoire fait partie du contexte historique. Le cadre gĂ©nĂ©ral dans lequel nous opĂ©rons, grâce Ă vous, nous apprenons Ă mieux apprĂ©cier le sens et la valeur de nos vies, en un État indĂ©pendant et souverain. »
« Les dĂ©fis sĂ©curitaires auxquels nous sommes confrontĂ©s, enseignent, au-delĂ de toute leçon possible, que nous devons construire notre force et ne compter que sur nous-mĂŞmes. Nous avons beaucoup d’alliĂ©s, mais personne ne se battra pour nous, cela a toujours Ă©tĂ© clair, aujourd’hui c’est plus clair que nous devons avoir des organes de sĂ©curitĂ© forts, l’IDF, le GSS et le Mossad qui permettront Ă notre pays d’exister dans la prospĂ©ritĂ© et la sĂ©curitĂ©. »
Le chef du Mossad a ajoutĂ© : « Les rĂ©unions tenues aujourd’hui ont Ă©tĂ© organisĂ©es par notre dĂ©partement d’apprentissage, dont le travail n’est pas seulement de fournir au personnel du Mossad des compĂ©tences professionnelles, mais aussi, peut-ĂŞtre le plus important, de nous enseigner les valeurs de base, et de nous apprendre Ă ne pas seulement quoi faire mais aussi comment faire. Aujourd’hui ils ne sont pas jeunes, mais leurs yeux brillent et leur Ă©nergie est inspirante. Nous avons mĂŞme eu un membre de la famille qui a transmis le nom de son père. Nous continuerons Ă transmettre ce tĂ©moignage de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration. Je vous remercie du fond du cĹ“ur pour votre participation Ă cette journĂ©e passionnante et importante. Votre tĂ©moignage, grâce Ă votre personnalitĂ©, fera de nous de meilleurs ĂŞtres humains, de meilleurs IsraĂ©liens et de meilleurs employĂ©s du Mossad. »





