Yigal Amir confronté à un chef du crime organisé en prison : « Je l’aurais tué »

L’émission d’interviews « Asnheim », diffusée sur la chaîne 13 et présentée par le journaliste Omri Asnheim, propose un format singulier de conversations intimistes en tête-à-tête, autour d’une table. Après une liste d’invités prestigieux ayant compté Naftali Bennett, Gadi Eisenkot ou encore Reuven Rivlin, l’émission accueille désormais un invité venu d’un tout autre monde. Demain sera diffusé l’entretien avec Yossi Harari, l’un des anciens chefs de file du crime organisé en Israël dans les années 1990.

Au cœur de cet entretien particulièrement dramatique, Harari dévoile une conversation intense et hors du commun qu’il a eue en tête-à-tête, en cellule, avec nul autre que Yigal Amir, l’assassin du Premier ministre Yitzhak Rabin. Dans un extrait de l’interview, Harari revit le moment où il s’est retrouvé enfermé dans la même cellule que le détenu le plus infâme et le plus honni du pays, et raconte comment il n’a pas hésité à l’affronter frontalement.

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« Aucun millimètre de remords »

« Je lui ai dit que j’étais très en colère contre lui, qu’il n’avait aucun droit de faire ce qu’il a fait », confie Harari, dans un moment de sincérité rare. « Je ne pense pas qu’on puisse, à cause d’une divergence d’opinion politique, s’en prendre à un Premier ministre, un chef d’état-major, un ministre de la Défense, un homme qui a tant fait pour le peuple d’Israël — et tout simplement lui ôter la vie. »

Harari raconte à Asnheim comment Amir a campé sur ses positions durant de longues heures, sans la moindre hésitation ni le moindre signe de conscience. « Il a répété pendant plusieurs heures qu’il était en paix avec ce qu’il avait fait », relate Harari, avant d’insister : « Il n’a pas un millimètre de regret. » Interrogé sur ce qui lui traversait l’esprit à l’instant où il plongeait son regard dans celui du meurtrier, l’ancien chef de gang livre une déclaration particulièrement glaçante et tranchante : « Je lui ai dit ceci : si nous avions été dehors, lui et moi, et qu’il n’avait pas été arrêté — je l’aurais tué. »

« Bourreau, fossoyeur, et dixième pour le minyan »

L’échange atteint son point culminant lorsque Asnheim rappelle à Harari une phrase prononcée par le passé. « Tu m’as dit un jour qu’il y a des gens, quand tu les vois, tu es prêt à être leur bourreau, leur fossoyeur… », relève l’animateur. Harari ne se laisse pas déstabiliser et répond aussitôt : « Oui, il en fait partie. » Quand Asnheim insiste et demande « Comment ça ? », Harari précise exactement ce dont il se serait senti capable envers cet homme : « Bourreau, fossoyeur et dixième homme pour le minyan, je n’aurais eu aucun problème, parce qu’il a fait du mal à un pays tout entier. »

L’entretien complet, qui sera diffusé demain sur la chaîne 13, offre un regard inhabituel sur les limites — même chez celui qui fut autrefois considéré comme la terreur du milieu. Que même un ancien chef du crime organisé exprime un dégoût aussi profond face à l’absence totale de remords de l’assassin du Premier ministre constitue, une fois de plus, un rappel douloureux et résonnant de la blessure encore béante qui traverse toute la société israélienne.

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