Des parlementaires iraniens ont scandĂ© « Merci Ă la police » lors d’un dĂ©bat qui s’est tenu aujourd’hui (dimanche), lors d’une manifestation de soutien Ă la rĂ©pression d’une manifestation contre la mort de la jeune kurdo-iranienne Mehsa Amini lors de son arrestation par la police des mĹ“urs pour avoir portĂ© le hijab d’une manière qui viole les lois de la pudeur en RĂ©publique islamique. Lors d’un dĂ©bat au parlement, les lĂ©gislateurs ont jurĂ© allĂ©geance au chef suprĂŞme de la RĂ©publique islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, et ont scandĂ© : « Le sang dans nos veines est un cadeau Ă notre chef ».
Khamenei n’a pas encore rĂ©pondu aux « émeutes du hijab », qui sont devenues la plus grande manifestation depuis des annĂ©es contre les autoritĂ©s iraniennes. Beaucoup appellent Ă la fin du rĂ©gime islamo-religieux après plus de quatre dĂ©cennies.
Le prĂ©sident du Parlement iranien, Mohammad Bakr Kalibaf, a averti que la manifestation pourrait dĂ©stabiliser l’Iran et a appelĂ© les forces de sĂ©curitĂ© Ă sĂ©vir contre ceux qui « mettent en danger l’ordre public ». L’Iran, par les enseignants et les retraitĂ©s, Ă©tait destinĂ© Ă mener Ă des rĂ©formes, alors que le but de la contestation actuelle est de renverser le gouvernement.
« Le chaos dans les rues mettra en danger l’Ă©conomie et augmentera la pression et les sanctions de l’ennemi », a dĂ©clarĂ© Klibuff, faisant rĂ©fĂ©rence aux sanctions amĂ©ricaines. Il a promis de « corriger les mĂ©thodes de la police des mĹ“urs » pour prĂ©venir des cas similaires Ă l’avenir.
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Ce soir, les mĂ©dias officiels iraniens ont rapportĂ© que les forces de sĂ©curitĂ© avaient affrontĂ© des Ă©tudiants de l’UniversitĂ© Sharif de TĂ©hĂ©ran, la principale universitĂ© d’Ă©tudes scientifiques et technologiques en Iran. Dans l’une des vidĂ©os diffusĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux, on voit les forces de sĂ©curitĂ© tirer des gaz lacrymogènes pour Ă©loigner les Ă©tudiants du campus et des coups de feu se font entendre au loin. Dans une autre vidĂ©o, les forces de sĂ©curitĂ© sont vues en train de poursuivre des dizaines d’Ă©tudiants piĂ©gĂ©s dans le parking souterrain de l’universitĂ©.
Le site Internet « Iran International », qui est affiliĂ© Ă l’opposition en Iran, a rapportĂ© que les forces de sĂ©curitĂ© ont encerclĂ© les Ă©tudiants de l’universitĂ© et ne leur ont pas permis de quitter le campus. Selon le rapport, les forces ont utilisĂ© des fusils de chasse pour tirer de minuscules balles spĂ©ciales qui ont blessĂ© des personnes. Ceux qui ont Ă©tĂ© blessĂ©s ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s et emmenĂ©s. Selon « Iran International », des dizaines ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s.
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Amini, 22 ans, a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©e Ă TĂ©hĂ©ran par la police des mĹ“urs il y a environ trois semaines, alors qu’elle venait visiter la capitale avec les membres de sa famille. Des tĂ©moins oculaires ont dit Ă son père que la police l’avait forcĂ©e Ă monter dans la voiture et que la raison de son arrestation Ă©tait qu’elle ne portait pas correctement son foulard. Lors de l’arrestation, Amini a perdu connaissance et plus tard, elle a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e morte dans un hĂ´pital de TĂ©hĂ©ran. Sa famille affirme qu’elle a Ă©tĂ© battue lors de son arrestation, mais la police de TĂ©hĂ©ran nie cela et insiste sur le fait que la jeune femme a eu une sorte d’Ă©vĂ©nement mĂ©dical – peut-ĂŞtre une crise cardiaque – lors de l’arrestation. Le père d’Amini a affirmĂ© que sa fille Ă©tait en bonne santĂ© et qu’après sa mort, il avait remarquĂ© des ecchymoses sur son corps.
Depuis la mort d’Amini, des manifestations ont eu lieu dans des dizaines de villes des 31 provinces iraniennes et se concentrent sur la suppression des libertĂ©s individuelles dans le pays, en particulier les droits des femmes liĂ©s au code vestimentaire. Les femmes jouent un rĂ´le central dans ces manifestations, et dans les vidĂ©os mises en ligne sur Internet, on les a vues, entre autres, enlever leur couvre-chef, les brĂ»ler avec dĂ©fi – et mĂŞme se couper les cheveux. Certains d’entre eux ont Ă©tĂ© vus osant apparaĂ®tre les cheveux nus devant les forces de sĂ©curitĂ© iraniennes.
Les manifestations n’ont pas cessĂ© malgrĂ© la rĂ©pression des manifestants par les forces de sĂ©curitĂ© – dans certains cas, selon des vidĂ©os diffusĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux, Ă©galement par le biais de tirs rĂ©els – et le nombre croissant de morts. Selon l’organisation « Amnesty International », au moins 52 civils ont Ă©tĂ© tuĂ©s lors des manifestations, des centaines d’autres ont Ă©tĂ© blessĂ©s et des milliers ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s. L’organisation « Human Rights in Iran », basĂ©e Ă Oslo, a rapportĂ© qu’Ă ce jour, au moins 92 personnes sont mortes depuis le dĂ©but de la manifestation il y a environ deux semaines. L’Iran a admis qu’au moins 41 personnes ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© tuĂ©es dans la rĂ©pression des manifestations, dont des membres des forces de sĂ©curitĂ©.
Des manifestations ont Ă©galement eu lieu aujourd’hui dans des villes de tout l’Iran, notamment Kermansha, Shiraz et Shahid, et dans des vidĂ©os diffusĂ©es sur les rĂ©seaux, les manifestants ont Ă©tĂ© entendus scandant « indĂ©pendance, libertĂ©, mort Ă Khamenei ». D’autre part, les mĂ©dias d’État iraniens ont partagĂ© une vidĂ©o d’Ă©tudiants tenant une manifestation de soutien au rĂ©gime Ă Mashhad, appelant « La RĂ©publique islamique – notre ligne rouge ».
Au cours de la manifestation, l’Iran a annoncĂ© Ă plusieurs reprises l’arrestation de « citoyens Ă©trangers » qu’il accuse d’ĂŞtre responsables des Ă©meutes. Le ministère iranien du Renseignement a annoncĂ© en fin de semaine l’arrestation de « neuf citoyens Ă©trangers », notamment originaires des Pays-Bas, de France, d’Allemagne, d’Italie et de Pologne. L’Iran prĂ©tend que les pays occidentaux – les États-Unis en tĂŞte – tentent de profiter de la situation pour dĂ©stabiliser le gouvernement.
Partout dans le monde, la manifestation est suivie avec intérêt et acclame les femmes iraniennes qui se sont mises en danger pour faire entendre leur voix. En fin de semaine, des manifestations de soutien aux manifestants iraniens ont eu lieu dans des dizaines de villes à travers le monde sous le titre « Femmes, vie, liberté ».





