Des pirates informatiques iraniens ont rĂ©ussi Ă pĂ©nĂ©trer dans les rĂ©seaux de quelque 32 entreprises israĂ©liennes, a annoncĂ© lundi la sociĂ©tĂ© de sĂ©curitĂ© informatique ESET. Des pirates informatiques ont Ă©galement pĂ©nĂ©trĂ© une entreprise au BrĂ©sil et une autre aux Émirats arabes unis. Les noms des entreprises n’ont pas Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©s, mais elles opèrent dans divers secteurs, tels que l’assurance, la mĂ©decine, l’industrie, les communications, l’informatique, la technologie, la vente au dĂ©tail, l’automobile, le droit, les services financiers, l’architecture et le gĂ©nie civil.
Le groupe Ă l’origine de la campagne a Ă©tĂ© identifiĂ© comme Ă©tant Ballistic Bobcat, connu sous d’autres noms tels que Charming Kitten, TA543 ou PHOSPHORUS, ainsi que APT35/42. L’objectif principal du groupe est le cyberespionnage, mais il opère Ă©galement Ă d’autres niveaux comme le vol de donnĂ©es ou les attaques contre rançon. De plus, selon les rĂ©sultats, le groupe n’est pas le seul Ă avoir rĂ©ussi Ă accĂ©der aux rĂ©seaux des victimes. Au moins 16 entreprises ont Ă©tĂ© touchĂ©es par des attaquants secondaires, mĂŞme si ESET n’a pas prĂ©cisĂ© lesquels.
« Il est recommandĂ© aux utilisateurs d’installer des correctifs de sĂ©curitĂ© mis Ă jour sur tous les appareils exposĂ©s Ă Internet et d’ĂŞtre attentifs aux nouvelles applications qui apparaissent de manière inattendue dans leur organisation », a dĂ©clarĂ© Adam Berger, un chercheur d’ESET qui a dĂ©couvert la porte dĂ©robĂ©e connue sous le nom de Sponsor et analysĂ© les dernières informations du groupe. campagne de cyberattaque. Backdoor Sponsor utilise des fichiers de configuration stockĂ©s sur le disque dur d’un ordinateur. Les fichiers sont secrètement exĂ©cutĂ©s sous forme de fichiers batch et créés pour paraĂ®tre lĂ©gitimes, afin d’Ă©viter d’ĂŞtre dĂ©tectĂ©s par les scanners de sĂ©curitĂ©.
Le groupe Ballistic Bobcat a commencĂ© Ă utiliser la porte dĂ©robĂ©e en septembre 2021. Pendant l’épidĂ©mie de coronavirus, le groupe Ballistic Bobcat a attaquĂ© des organisations liĂ©es Ă la pandĂ©mie, notamment l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) et des chercheurs en mĂ©decine. On soupçonne que ces attaques visaient Ă transmettre des informations aux autoritĂ©s iraniennes sur la manière de lutter contre la maladie dans le monde et sur les vaccins dĂ©veloppĂ©s Ă l’Ă©poque.
Les chercheurs ont Ă©galement dĂ©couvert que les pirates ont profitĂ© d’une faiblesse connue des serveurs de messagerie Exchange de Microsoft dans au moins 23 des 34 cas d’attaque. Microsoft a dĂ©jĂ publiĂ© une mise Ă jour logicielle pour cette vulnĂ©rabilitĂ©, de sorte que les victimes n’ont probablement pas mis Ă jour leurs systèmes en temps rĂ©el, permettant ainsi aux pirates d’y pĂ©nĂ©trer.
Selon les chercheurs, il ne s’agit pas d’une campagne sĂ©lective. Les pirates n’ont pas tentĂ© de pĂ©nĂ©trer de manière proactive dans des entreprises individuelles, mais ont simplement scannĂ© Ă l’aide d’outils de piratage et, lorsqu’ils ont trouvĂ© un moyen de le faire, ils les ont simplement utilisĂ©s pour pĂ©nĂ©trer dans les rĂ©seaux des entreprises.
Les groupes de hackers iraniens opèrent rĂ©gulièrement contre des cibles en IsraĂ«l. De nombreuses tentatives sont menĂ©es Ă tout moment pour identifier les faiblesses des rĂ©seaux industriels, gouvernementaux et militaires et les exploiter. Des groupes de frappe russes, nord-corĂ©ens, syriens et turcs opèrent Ă©galement rĂ©gulièrement en IsraĂ«l, mĂŞme si leur objectif est gĂ©nĂ©ralement plus criminel que politico-stratĂ©gique. Cependant, il ne fait aucun doute qu’un groupe qui parvient Ă pĂ©nĂ©trer avec succès dans les ordinateurs israĂ©liens peut Ă©galement profiter de l’opĂ©ration au niveau politique.
IsraĂ«l et l’Iran mènent depuis plusieurs annĂ©es des cyberattaques systĂ©matiques et discrètes. L’activitĂ© des Iraniens a Ă©tĂ© identifiĂ©e dans plusieurs cas comme la fermeture de l’hĂ´pital Hillel Yaffe ou l’intrusion dans les rĂ©seaux d’entreprises de dĂ©fense, de municipalitĂ©s ou encore d’infrastructures nationales et d’entreprises gouvernementales. Dans certains cas, il s’agit de recueillir des renseignements, dans d’autres, l’objectif est de gĂŞner et d’arrĂŞter une activitĂ© ou d’installer des chevaux de Troie pour une utilisation ultĂ©rieure. À l’heure actuelle, il n’est pas clair si la campagne identifiĂ©e a atteint ses objectifs ou si elle continue Ă affecter activement d’autres victimes.





