La pression sur le Hezbollah augmente : les alliés chrétiens de Nasrallah exigent la fin de la guerre

Le Hezbollah libanais dispose d’un Ă©norme arsenal d’armes, y compris les plus modernes, mais les chiites du pays reprĂ©sentent environ un quart de la population, et le Pays du Cèdre reste, bien qu’Ă©trangement structurĂ©, un clan communautaire, mais un pays dĂ©mocratique avec un vĂ©ritable jeu de forces politiques.

 Le Hezbollah ne peut pas agir seul au Liban : il ne dispose que de 14 sièges sur 128 au Parlement, mais le bloc pro-iranien, qui comprend le Hezbollah, dispose de 61 mandats et de 16 portefeuilles ministériels sur 24. Le principal allié de Hassan Nasrallah est le Courant patriotique libre chrétien. (SPM), dirigé par Michel Aoun, qui a récemment démissionné de son poste de président du Liban. Ce parti dispose de 17 sièges au Parlement et de 6 portefeuilles ministériels.

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Le SPD a pleinement soutenu le Hezbollah pendant la Seconde Guerre du Liban, mais s’oppose dĂ©sormais Ă  l’action militaire que le Parti d’Allah a imposĂ©e Ă  IsraĂ«l après le 7 octobre. Michel Aoun a rĂ©cemment critiquĂ© le Hezbollah. Selon Ehud Yaari, chroniqueur pour les affaires arabes sur la Douzième chaĂ®ne, Aoun a dĂ©clarĂ© dans une interview Ă  la chaĂ®ne locale OTV que le Liban ne devrait pas s’impliquer dans la bande de Gaza car il n’a aucune obligation envers les Palestiniens. Il a dĂ©clarĂ© que les attaques du Hezbollah contre IsraĂ«l pour soutenir Gaza ne faisaient que mettre le Liban en danger. Selon lui, seule la Ligue arabe a le droit de prendre de telles dĂ©cisions.

Le ministre libanais des Affaires Ă©trangères Gibran Bassil, gendre de l’ancien prĂ©sident libanais et prĂ©sident du parti LDS, s’est exprimĂ© dans le mĂŞme esprit. 

« Nous sommes pour la dĂ©fense du Liban, mais nous sommes contre le fait que le Liban soit responsable de la libĂ©ration de la Palestine. C’est l’affaire des Palestiniens eux-mĂŞmes. Nous sommes contre l’unitĂ© des fronts, c’est-Ă -dire la liaison du Liban avec d’autres fronts. Et nous sommes particulièrement opposĂ©s Ă  l’idĂ©e de lier la fin de la guerre au Sud-Liban Ă  la fin de la guerre Ă  Gaza. La situation peut Ă©voluer dans diffĂ©rentes directions et, soudain, Ă  un moment donnĂ©, nous nous retrouverons liĂ©s Ă  la guerre au YĂ©men. Cela n’est pas dans l’intĂ©rĂŞt du Liban. Nous sommes contre l’utilisation du Liban comme base pour attaquer la Palestine occupĂ©e. Le Liban ne peut pas se permettre de payer pour les droits des Palestiniens Ă  la place du monde entier », a dĂ©clarĂ© Gibran Bassil. 

Le Hezbollah ne peut ignorer de tels sentiments parmi ses alliĂ©s et doit trouver des excuses. Hier, le numĂ©ro deux du Hezbollah, Cheikh Naim Qassem, a dĂ©clarĂ© que « le plafond de la confrontation avec IsraĂ«l a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© atteint, Ă  quelques exceptions près et rĂ©ponses Ă  ces exceptions ». « Mais si l’ennemi porte l’escalade Ă  un nouveau niveau, alors la rĂ©ponse sera plus importante », a-t-il ajoutĂ©. Dans le mĂŞme temps, il a confirmĂ© l’intention du Hezbollah de maintenir le feu jusqu’à la fin de la guerre Ă  Gaza. « Nous ne quitterons pas le champ de bataille, et l’Ă©volution des Ă©vĂ©nements dĂ©pend de ce qui se passe sur ce terrain. »

Il faut garder à l’esprit que ce que craignent le plus les Libanais n’est pas une guerre avec Israël, mais une répétition de la guerre civile, comme l’a dit à son sujet le leader druze Walid Joumblatt. On ne peut donc pas compter sur une pression plus active de la part des opposants à la guerre contre le parti chiite.