L’ONU dans une déclaration inhabituelle : « Les terroristes du Hamas ne sont occupés qu’à préserver leur pouvoir – et ont volé l’aide »

L’ONU a publié une déclaration inhabituellement directe après l’arrêt du fonctionnement d’un centre de distribution alimentaire à Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, à la suite d’une prise de contrôle du site par des hommes armés liés au Hamas ce week-end. « Les terroristes du Hamas ne sont occupés qu’à préserver leur pouvoir, à semer la terreur et à voler l’aide humanitaire qui vous est destinée », indique le communiqué adressé aux habitants de la bande de Gaza.

Un entrepôt du PAM envahi, deux chauffeurs agressés

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Dans une déclaration officielle publiée à Jérusalem, le Dr Ramiz Alakbarov, coordinateur adjoint spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient et coordinateur résident et humanitaire pour le territoire palestinien occupé, a affirmé condamner « fermement » l’obstruction récente des opérations humanitaires à Gaza par les autorités de facto, en référence au Hamas. Selon lui, ces agissements ont « mis en danger le personnel humanitaire, intimidé les travailleurs chargés de distribuer une aide alimentaire vitale et perturbé des opérations humanitaires vitales ».

Le communiqué précise que, samedi, des travailleurs humanitaires ont été contraints d’interrompre les distributions de nourriture après que des hommes armés liés aux autorités de facto ont fait irruption dans le point de distribution alimentaire d’Abou Rachid, à Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza. Ces hommes armés seraient également entrés dans un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) et auraient agressé deux chauffeurs de camions qui livraient des fournitures humanitaires.

Le Dr Alakbarov a insisté sur le fait que « ces incidents ne sont pas isolés ». Il les a qualifiés de « totalement inacceptables », y voyant le reflet d’un « schéma de plus en plus dangereux d’intimidation, de violence et d’obstruction, incluant des tentatives de contrebande, le ciblage et les abus contre les opérations humanitaires ». Selon lui, ces actes mettent en danger le personnel humanitaire, perturbent l’acheminement d’une aide vitale et réduisent encore davantage la capacité des organisations humanitaires à opérer, à un moment où les civils de l’ensemble de la bande de Gaza continuent de faire face à des conditions humanitaires immenses et pressantes.

« L’espace opérationnel humanitaire continue de se réduire »

Le responsable onusien a également évoqué les menaces directes contre le personnel, les interférences avec les fournitures humanitaires et le rétrécissement de l’espace opérationnel humanitaire, qui continuent selon lui de mettre en péril la continuité des opérations sur le terrain. Il a noté, en parallèle, que l’expansion des zones sous contrôle israélien réduit elle aussi l’espace disponible pour les civils, rendant d’autant plus impératif que l’aide humanitaire puisse circuler en sécurité et atteindre les personnes qui en ont besoin sans entrave.

Le Dr Alakbarov a rappelé qu’en vertu du droit international humanitaire, toutes les parties doivent respecter et protéger le personnel humanitaire, les installations et les fournitures de secours, et s’abstenir de toute action faisant obstacle aux opérations humanitaires. Il a appelé à « une cessation immédiate de toute interférence avec les opérations humanitaires » et au respect de leur indépendance, de leur impartialité et de leur neutralité, insistant sur le fait que les civils, y compris le personnel humanitaire, doivent toujours être protégés, et que le passage rapide, sûr et sans entrave de l’aide humanitaire impartiale doit être facilité.

« La population de Gaza a déjà enduré d’immenses souffrances. Elle ne peut être soumise à de nouveaux retards ou perturbations dans l’acheminement d’une aide vitale », a-t-il conclu, réitérant que les organisations humanitaires doivent pouvoir mener leur travail en sécurité, de manière indépendante, impartiale et sans crainte d’intimidation ou de violence.

Selon des informations relayées par la presse internationale, le Hamas continue de contrôler certaines zones de la bande de Gaza, même après que les forces israéliennes ont étendu leur présence sur plus de 60 % du territoire. La déclaration du Dr Alakbarov constitue l’une des critiques les plus frontales formulées ces derniers mois par un haut responsable des Nations unies à l’encontre du mouvement islamiste concernant sa gestion de l’aide humanitaire.

Sur ce sujet, notre rédaction avait déjà évoqué l’hypocrisie révélée derrière le blocage de centaines de camions d’aide à l’entrée de Gaza, ainsi que l’appel de l’ONU à l’ouverture de tous les passages alors que le Hamas se réarmait.