Le Premier ministre Netanyahu a dĂ©clarĂ© haut et fort que le pouvoir dans la bande de Gaza ne serait pas transfĂ©rĂ© Ă l’AutoritĂ© palestinienne. Cependant, comme le rapporte la publication amĂ©ricaine Jewish Insider , ces dernières semaines, l’organisation Fatah a progressivement pris les rĂŞnes du contrĂ´le Ă Gaza, en s’appuyant sur le consentement d’IsraĂ«l et des chefs des clans locaux influents.
En fait, le « jour d’après-guerre » est en quelque sorte déjà arrivé dans le pire des cas pour le Hamas, à savoir sous la forme d’une bataille de clans pour le pouvoir, qui, dans la bande de Gaza d’aujourd’hui, s’exprime par le contrôle de l’aide humanitaire.
Ahmed Abu-Toameh, spĂ©cialiste des affaires palestiniennes au Centre de politique publique de JĂ©rusalem, qui a beaucoup Ă©crit pour le Jerusalem Post dans le passĂ©, a dĂ©clarĂ© Ă la publication amĂ©ricaine que ces derniers jours, il y avait des signes d’une coopĂ©ration accrue entre IsraĂ«l et l’AutoritĂ© palestinienne pour obtenir et distribuer de l’aide humanitaire Ă Gaza.Â
Les hommes du Fatah du secteur, officiers de l’administration de l’AutoritĂ© palestinienne avant le coup d’État du Hamas en 2007, ont reçu l’autorisation d’IsraĂ«l pour gĂ©rer l’aide humanitaire, a-t-il dĂ©clarĂ©. « C’est pourquoi nous n’avons pas entendu parler d’incidents de distribution de nourriture ces derniers jours », explique Abu-Toameh.
Il est impossible de survivre Ă Gaza sans le toit d’une organisation ou d’une autre – le Hamas ou le Fatah. Tous deux s’appuient sur des clans fidèles, et ces dernières semaines, des affrontements entre ces clans ont commencĂ©. Le Hamas a notamment rĂ©cemment tuĂ© le mukhtar du clan Dogmush, auparavant impliquĂ© dans le terrorisme et proche d’Al-QaĂŻda. Certains disent qu’ils ont commencĂ© Ă coopĂ©rer avec IsraĂ«l, et au Hamas, ils disent qu’ils ont volĂ© des convois humanitaires. « Quel que soit le motif, ce meurtre est un message adressĂ© aux autres clans. Certains clans ont prĂŞtĂ© allĂ©geance au Hamas, d’autres au Fatah, ce qui montre qu’une guerre a dĂ©jĂ commencĂ© Ă Gaza entre ces deux organisations », estime Abou Toame.
Il estime Ă©galement qu’il est opportun pour l’AutoritĂ© palestinienne de se cacher derrière la lutte des clans dans la lutte pour le pouvoir Ă Gaza, car elle ne veut pas ressembler Ă un agent d’IsraĂ«l. « La plus grande crainte au sein de l’AP est qu’elle semble retourner Ă Gaza avec les baĂŻonnettes israĂ©liennes, dansant sur le sang de ses compatriotes palestiniens. C’est pourquoi ils appellent leurs habitants Ă Gaza des sociĂ©tĂ©s privĂ©es, des travailleurs sociaux ou des reprĂ©sentants de clans. »
Il conclut : « IsraĂ«l doit travailler avec tous les Palestiniens disposĂ©s Ă coopĂ©rer avec eux. C’est dans l’intĂ©rĂŞt d’IsraĂ«l. Il se passe bien sĂ»r autre chose, mais ce n’est pas nĂ©cessairement mauvais pour IsraĂ«l. »
Il y a un mois, le ministre de la DĂ©fense Galant a parlĂ© d’un « plan pour l’avenir » dans la bande de Gaza, dans lequel le rĂ´le principal Ă©tait confiĂ© aux structures claniques traditionnelles. Il est peu probable que l’un d’entre eux veuille ressembler Ă un collaborateur, mais il est tout Ă fait possible de tirer les ficelles par des secondes mains. « Le projet pilote israĂ©lien sur l’utilisation des clans a Ă©chouĂ©, mais il a montrĂ© que seules les factions palestiniennes peuvent diriger le secteur d’une manière ou d’une autre », a dĂ©clarĂ© le Times of Israel citant une source officielle anonyme de l’AutoritĂ© palestinienne.





