Un incident grave et inhabituel s’est produit dans la nuit de samedi à dimanche à Modiin Illit, mettant en cause une opération de sécurité menée par le Shin Bet. Un jeune avrekh, récemment marié et sans aucun lien avec l’enquête en cours, a été violemment interpellé, menotté et frappé, avant que les forces de sécurité ne reconnaissent une erreur d’identification et ne le relâchent sans la moindre charge.
Les faits se sont déroulés rue Hazon David, alors que les forces de sécurité procédaient simultanément à l’arrestation de deux frères soupçonnés d’avoir entretenu des contacts avec un agent étranger. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, l’avrekh se trouvait à proximité de la zone d’intervention lorsqu’il a été confondu avec l’un des suspects recherchés.
Une interpellation d’une extrême violence
Un volontaire du Magen David Adom (MDA), présent sur les lieux, a livré un témoignage particulièrement dur. Selon lui, les agents – identifiés par les témoins comme appartenant au Shin Bet – auraient agi avec une force « totalement disproportionnée ». L’homme aurait été frappé à plusieurs reprises, plaqué au sol, entravé avec des colliers de serrage en plastique et maintenu au sol, sans qu’il n’oppose la moindre résistance.
« J’ai vu beaucoup d’interventions dans ma vie, mais une telle violence contre une personne qui ne se défend pas, je n’avais jamais vu cela », a confié le volontaire à la presse locale. Des membres de la famille de l’avrekh, présents sur place, ont décrit une scène de panique et d’incompréhension totale, le jeune homme apparaissant terrorisé, incapable de comprendre ce qui lui arrivait.
Reconnaissance rapide de l’erreur… mais trop tard
Environ quinze minutes après le début de l’interpellation, les forces de sécurité auraient réalisé qu’il s’agissait d’une erreur de personne. L’avrekh a alors été immédiatement libéré, sans interrogatoire approfondi et sans qu’aucun soupçon ne pèse sur lui.
Cependant, les conséquences physiques étaient déjà visibles. Selon les proches, son abdomen était couvert de marques rouges et d’ecchymoses importantes, laissant peu de doute sur la violence exercée. Il a été pris en charge par une ambulance du MDA, puis conduit au domicile des parents de son épouse pour y recevoir des soins et se remettre du choc.
Une famille sous le choc, des questions lourdes
La famille du jeune homme, marié depuis à peine un mois et étudiant dans une yeshiva réputée, se dit profondément choquée. « On ne peut pas accepter qu’un citoyen innocent soit battu de la sorte à cause d’une simple erreur », a déclaré un proche. Selon eux, l’avrekh n’a aucun antécédent, aucun lien avec des cercles suspects et mène une vie strictement consacrée à l’étude.
La famille envisage désormais des démarches juridiques et réclame l’ouverture immédiate d’une enquête interne afin d’examiner la conduite des forces impliquées. Elle demande également des garanties pour que ce type d’erreur ne se reproduise pas, notamment dans des zones civiles densément peuplées.
Contexte sécuritaire sensible
Cette interpellation erronée s’est produite dans un contexte sécuritaire tendu. La même nuit, deux frères originaires de Beitar Illit et de Modiin Illit ont été arrêtés pour suspicion de contact avec un agent étranger. Selon des proches, une perquisition massive aurait eu lieu vers deux heures du matin dans un appartement de Beitar Illit, impliquant une quinzaine d’agents du Shin Bet et de la police, avec d’importants dégâts matériels.
L’avrekh blessé aurait été interpellé ultérieurement, possiblement lors d’une confusion sur un axe routier majeur, possiblement la zone de la route 6, avant que l’erreur ne soit identifiée.
Un débat sur les méthodes d’intervention
L’affaire relance un débat sensible en Israël : celui des méthodes d’intervention des forces de sécurité lorsqu’elles opèrent en milieu civil, en particulier dans des villes ultra-orthodoxes où la population n’est pas habituée à ce type d’opérations nocturnes violentes.
Si la nécessité de lutter contre l’espionnage et les menaces à la sécurité nationale fait consensus, de nombreuses voix estiment que la proportionnalité et la vérification de l’identité doivent rester des principes absolus, surtout lorsqu’il s’agit de citoyens sans antécédents.
À ce stade, aucune réaction officielle détaillée du Shin Bet n’a encore été publiée concernant cet incident précis. Les proches espèrent qu’une clarification rapide sera apportée, accompagnée d’une reconnaissance formelle de la faute et, le cas échéant, de sanctions ou de recommandations internes.
Un traumatisme durable
Au-delà des blessures physiques, l’impact psychologique est considérable. Selon son entourage, l’avrekh reste profondément marqué par l’événement. « Être battu, menotté et traité comme un ennemi alors qu’on n’a rien fait, c’est quelque chose qui laisse des traces », confie un membre de la famille.
Pour beaucoup à Modiin Illit, cet épisode est vécu comme un signal d’alarme : même dans des opérations légitimes, une erreur peut transformer une action de sécurité en drame humain, avec des conséquences durables pour des innocents.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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