L’Europe fracturée face à l’Iran : la France, l’Espagne et l’Italie bloquent la désignation du CGRI comme organisation terroriste

Alors que la pression internationale sur l’Iran atteint un niveau rarement observé depuis des décennies, une fracture diplomatique majeure traverse l’Union européenne. Selon des informations confirmées par plusieurs sources parlementaires, la France, l’Espagne et l’Italie bloquent actuellement toute initiative visant à classer officiellement le Corps des Gardiens de la Révolution islamique comme organisation terroriste. Une position qui provoque une onde de choc politique à Bruxelles, au moment même où Washington envisage ouvertement des options militaires « décisives » contre Téhéran et où le régime iranien intensifie sa répression interne.

Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique, pilier idéologique, militaire et économique du régime iranien, est au cœur des critiques. Accusé de diriger la répression des manifestations, de piloter des attaques régionales via ses milices affiliées et de superviser les programmes balistiques et de drones de l’Iran, le CGRI est déjà désigné comme organisation terroriste par les États-Unis. Pourtant, au sein de l’Union européenne, le consensus fait défaut.

Une opposition européenne de plus en plus visible

La révélation de ce blocage intervient dans un contexte particulièrement tendu. Les images de convois iraniens transportant missiles et drones à travers le pays, les attaques récentes menées par le CGRI contre des cibles kurdes en Irak, ainsi que les menaces publiques de responsables iraniens promettant une riposte « sans retenue », ont renforcé l’argumentaire de ceux qui réclament une ligne européenne plus ferme.

C’est dans ce climat que le député européen néerlandais Bart Groothuis, membre du groupe centriste-droit Renew Europe, est monté au créneau. Il accuse ouvertement Paris, Madrid et Rome d’entraver une réponse européenne crédible face aux agissements du régime iranien. Selon lui, refuser de qualifier le CGRI d’organisation terroriste revient à fermer les yeux sur son rôle central dans la déstabilisation du Moyen-Orient et dans la répression sanglante du peuple iranien.

Les arguments des États opposés à la désignation

Officiellement, les pays opposés à la désignation avancent des arguments juridiques et diplomatiques. La France, notamment, insiste sur la nécessité de respecter le cadre légal européen, qui impose des preuves judiciaires solides avant toute inscription sur la liste des organisations terroristes de l’UE. D’autres responsables évoquent la crainte d’une escalade irréversible avec Téhéran, qui pourrait mettre en danger des intérêts européens, des ressortissants détenus en Iran ou encore les derniers canaux diplomatiques existants.

L’Italie et l’Espagne, de leur côté, mettent en avant le risque d’un isolement diplomatique complet de l’Iran, qui compliquerait toute tentative de médiation future, notamment sur les dossiers nucléaire et humanitaire. Ces arguments, toutefois, peinent à convaincre une partie croissante des élus européens, qui estiment que la réalité sur le terrain a déjà dépassé le stade des précautions diplomatiques.

Un décalage avec la réalité iranienne

Pour les défenseurs de la désignation, le décalage entre le discours européen et la réalité iranienne devient intenable. Selon des organisations de défense des droits de l’homme et des sources occidentales, la répression des manifestations en Iran aurait fait plusieurs milliers de morts. Le CGRI est accusé d’avoir dirigé ou coordonné une grande partie de cette répression, tout en poursuivant des opérations militaires à l’étranger.

Dans ce contexte, maintenir une distinction artificielle entre le régime iranien et son bras armé apparaît, pour beaucoup, comme une forme de déni politique. « On ne peut pas condamner la violence du régime tout en refusant de sanctionner l’institution qui l’exécute », résume un diplomate européen cité anonymement dans les couloirs du Parlement.

Une Europe en porte-à-faux face à Washington et à Israël

Cette division européenne crée également un fossé stratégique avec les États-Unis et Israël. À Washington, l’administration du président Donald Trump examine ouvertement des scénarios incluant des frappes ciblées contre des infrastructures du CGRI. En Israël, le Corps des Gardiens de la Révolution est perçu comme l’architecte principal des menaces régionales, qu’il s’agisse du Hezbollah au Liban, des milices en Syrie ou des capacités balistiques iraniennes.

Le refus européen de franchir le pas est donc interprété, dans certains cercles israéliens et américains, comme un signe de faiblesse politique, voire comme une complaisance dangereuse. Plusieurs analystes estiment que cette posture affaiblit la crédibilité de l’Union européenne lorsqu’elle prétend jouer un rôle stabilisateur au Moyen-Orient.

Les conséquences politiques d’un blocage prolongé

Au-delà du symbole, le blocage a des implications concrètes. Une désignation du CGRI comme organisation terroriste permettrait de geler des avoirs, de restreindre des déplacements et de renforcer les poursuites judiciaires contre ses réseaux en Europe. En l’absence de cette mesure, les marges de manœuvre européennes restent limitées, alors même que les activités du CGRI dépassent largement les frontières iraniennes.

De plus, cette division interne risque de fragiliser davantage la politique étrangère commune de l’UE, déjà mise à rude épreuve par d’autres crises internationales. Pour les partisans d’une ligne dure, l’Union européenne se retrouve à la traîne de l’Histoire, hésitant là où les faits exigeraient une décision claire.

Une décision qui pèsera lourd

La question de la désignation du CGRI dépasse désormais le simple cadre technique ou juridique. Elle est devenue un test politique majeur pour l’Union européenne : celui de sa capacité à assumer une position cohérente face à un régime accusé de violations massives des droits humains et de déstabilisation régionale.

À mesure que la situation en Iran évolue, que la pression américaine s’intensifie et que le régime iranien multiplie les démonstrations de force, le temps joue contre l’indécision européenne. Le choix de la France, de l’Espagne et de l’Italie de bloquer cette initiative pourrait, à terme, s’avérer lourd de conséquences, tant sur le plan moral que stratégique.

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Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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