À compter de la semaine prochaine, une réforme éducative majeure entrera en vigueur dans les écoles primaires israéliennes : les élèves n’auront plus le droit d’utiliser leur smartphone dans l’enceinte des établissements scolaires, y compris pendant les récréations. La mesure, annoncée de longue date, a été officiellement encadrée ce mercredi par la publication des directives d’application et de sanctions par le Ministère israélien de l’Éducation.
La nouvelle politique prendra effet le 2 février 2026, jour de Tou BiShvat, et vise à transformer l’école primaire en un espace protégé, recentré sur l’apprentissage, les interactions sociales directes et le développement émotionnel des enfants. Selon la circulaire signée par le directeur général du ministère, Meir Shimoni, l’interdiction s’applique tout au long de la journée scolaire, sans exception pour les pauses ou les espaces communs.
Interdiction totale au primaire, cadre souple au secondaire
Dans les écoles primaires, l’usage des téléphones portables est strictement interdit. Les appareils devront rester éteints dans les sacs des élèves, ou être déposés dans un espace défini par l’équipe éducative. Une seule exception est prévue : les cours pédagogiques spécifiques dans lesquels l’enseignant autorisera explicitement l’utilisation contrôlée d’outils numériques à des fins d’apprentissage.
Les élèves en situation de handicap pourront toutefois continuer à utiliser leur téléphone lorsqu’il constitue un outil d’accessibilité pédagogique, conformément aux adaptations prévues par la loi.
Dans les établissements post-primaires – collèges et lycées – la politique sera plus flexible. Chaque chef d’établissement pourra décider, en concertation avec les enseignants, les élèves, les parents, les collectivités locales et les réseaux éducatifs, du périmètre exact de l’interdiction. En revanche, une règle reste nationale et non négociable : l’usage des téléphones est interdit pendant les cours et les examens, sauf consigne pédagogique explicite.
Lors des examens du baccalauréat, la réglementation est encore plus stricte : il est interdit non seulement d’utiliser, mais même de détenir un téléphone portable ou tout autre appareil numérique.
Sanctions éducatives, pas punitives
Le ministère insiste sur le caractère éducatif et non répressif de la réforme. En cas de non-respect des règles, les élèves – du primaire comme du secondaire – seront convoqués à une discussion avec leurs parents. Le téléphone sera confisqué jusqu’à la fin de la journée scolaire et l’élève devra effectuer une “action éducative réparatrice” : rédaction d’un travail, présentation orale ou participation à une activité pédagogique en lien avec l’usage responsable du numérique.
Recréer du lien social sans écrans
Selon le ministère, cette réforme s’inscrit dans une tendance internationale : la proportion de pays interdisant les smartphones à l’école est passée de 25 % mi-2023 à 40 % fin 2024. Israël rejoint ainsi une dynamique mondiale visant à réduire la dépendance précoce aux écrans.
Le directeur général Meir Shimoni explique que l’objectif est de permettre aux élèves de développer des compétences sociales et émotionnelles, d’améliorer le climat scolaire et de favoriser la concentration. « L’école doit redevenir un espace où les relations humaines directes priment sur les interactions médiées par des écrans », souligne-t-il.
La réforme met également l’accent sur la différence fondamentale entre les relations en face à face et la communication numérique, et sur le rôle crucial du contact humain dans le développement émotionnel, le sentiment d’appartenance et la qualité des apprentissages. Les conseils d’élèves seront associés à la mise en œuvre de la politique afin de favoriser son acceptation.
Un équilibre entre protection et compétences numériques
Le Yoav Kisch, ministre de l’Éducation, soutient cette approche équilibrée. Le ministère précise que l’interdiction ne signifie pas un rejet de la technologie, mais une distinction claire entre un usage éducatif, encadré et adapté à l’âge, et un usage excessif ou inapproprié.
Des études récentes citées par le ministère montrent qu’un usage intensif du smartphone chez les enfants et adolescents est associé, avec une forte probabilité, à des effets négatifs sur la santé, le bien-être émotionnel et les performances scolaires. Entre un quart et un tiers des jeunes utilisateurs présenteraient des comportements d’usage problématiques.
Face à ces constats, le ministère appelle à une implication active des adultes, à l’école comme à la maison, pour accompagner les enfants vers un usage progressif, régulé et conscient du numérique – en particulier à l’ère de l’intelligence artificielle.
En résumé, la réforme ne vise pas seulement à retirer les téléphones des cartables, mais à redéfinir le rôle de l’école : un lieu d’apprentissage, de socialisation réelle et de croissance émotionnelle, où la technologie reste un outil – et non un substitut aux relations humaines.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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