Le tribunal a autorisé ce jeudi la publication d’une information hautement sensible : un proche parent du chef du Shin Bet, David Zini, est soupçonné d’être impliqué dans une vaste affaire de contrebande de marchandises vers la bande de Gaza. Les juges ont toutefois insisté sans ambiguïté : le chef du Shin Bet n’est ni suspect, ni impliqué, ni informé des faits reprochés.
En raison du lien familial direct, il a été décidé que l’enquête serait menée par la police israélienne et non par le Shin Bet, afin d’éviter tout conflit d’intérêts. La décision a été prise en coordination avec la procureure générale.
Une affaire sécuritaire de grande ampleur
Selon les éléments désormais publics, l’enquête porte sur une organisation structurée, composée d’Israéliens – juifs et arabes – soupçonnés d’avoir fait passer des marchandises interdites de territoire israélien vers Gaza, en échange d’importantes sommes d’argent.
L’affaire a débuté il y a environ six semaines, lorsque des soldats israéliens déployés sur la « ligne jaune » à Gaza ont repéré un camion suspect. À l’intérieur, ils ont découvert un chargement particulièrement alarmant :
- Drones lourds capables de transporter jusqu’à 70 kg
- Des dizaines de téléphones portables
- Batteries industrielles
- Câbles électriques
- Produits chimiques et pesticides
Ces équipements sont classés comme bi-usage : d’apparence civile, mais pouvant être exploités par le Hamas à des fins militaires ou terroristes.
25 suspects, des chefs d’accusation graves
L’enquête, menée sous interdiction totale de publication, a permis d’identifier 25 suspects. Une première vague d’arrestations a eu lieu il y a un mois et demi. Le proche du chef du Shin Bet a été interpellé il y a une dizaine de jours.
Selon une source proche du dossier, il aurait occupé un rôle secondaire mais conscient :
« Il savait exactement quelles marchandises passaient, il a fermé les yeux sur des passages illégaux et aurait reçu une contrepartie financière. »
Le suspect, pour sa part, nie toute implication :
« Mon rôle se limitait au contrôle des camions autorisés à entrer à Gaza. Je n’ai jamais participé à une quelconque contrebande. »
D’autres suspects interrogés contredisent cette version et l’impliquent directement.
Procédure judiciaire en cours
Le tribunal a prolongé ce jeudi la détention du proche du chef du Shin Bet de cinq jours supplémentaires.
La police a annoncé avoir achevé l’enquête concernant 13 suspects, contre lesquels des actes d’accusation seront déposés la semaine prochaine devant le tribunal de district de Be’er Sheva.
Les chefs d’accusation incluent :
- Contact avec un agent étranger
- Fourniture de moyens Ă une organisation terroriste
- Complot en vue de commettre un crime
- Infractions économiques et blanchiment
Clarification officielle : aucune implication du chef du Shin Bet
Le tribunal, la police et le parquet ont tous tenu Ă souligner un point essentiel :
David Zini n’est pas suspect, n’a aucune implication directe ou indirecte, et rien n’indique qu’il ait eu connaissance des faits.
Le père de David Zini a toutefois publié un communiqué virulent, affirmant que les accusations seraient « un mensonge grossier » et dénonçant une tentative de nuire à sa famille.
Une affaire explosive, sous haute surveillance
Cette affaire illustre une nouvelle fois les défis sécuritaires internes auxquels Israël est confronté : exploitation des failles logistiques, tentatives d’enrichissement criminel en temps de guerre, et infiltration de circuits civils par des réseaux liés au terrorisme.
L’enquête se poursuit, et d’autres développements sont attendus dans les prochains jours.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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