« Ma situation n’est pas bonne » : comment Bezalel Zini s’est effondré face aux enquêteurs. Les transcriptions des interrogatoires dans l’affaire de contrebande de marchandises vers la bande de Gaza révèlent une séquence tendue, marquée par des silences prolongés, des versions fluctuantes et, finalement, des aveux partiels. Bezalel Zeini, frère du chef du Shin Bet, se trouve au cœur d’un dossier sécuritaire particulièrement sensible, impliquant des soupçons d’introduction illégale de marchandises vers Gaza en pleine période de conflit.
Arrêté le mois dernier, Zini a été interrogé à plusieurs reprises par la police israélienne. Les extraits publiés par des médias nationaux montrent un suspect d’abord déterminé à minimiser son rôle, avant de reconnaître avoir perçu des sommes d’argent. L’affaire, qui comporte des chefs d’accusation graves, notamment aide à l’ennemi en temps de guerre, soulève des questions sensibles sur la sécurité intérieure et la gestion des points de passage vers Gaza.
Dès son premier interrogatoire, Bezalel Zini aurait tenté de réduire la portée des accusations. Selon les procès-verbaux, il aurait affirmé que l’argent reçu n’était pas destiné à un usage personnel mais à soutenir son unité. Interrogé sur le montant exact des fonds et leur destination précise, il aurait répondu ne pas être en mesure de fournir de chiffres clairs. Face aux questions insistantes des enquêteurs, il aurait choisi d’exercer son droit au silence.
Les enquêteurs lui auraient alors signifié que les soupçons reposaient sur des éléments solides. « Les soupçons contre vous sont forts », lui aurait-on indiqué. Zini aurait répondu qu’il lui était difficile de s’exprimer et qu’il ne savait pas quoi dire. À plusieurs reprises, il aurait réitéré son intention de garder le silence.
La pression se serait accentuée lorsque les enquêteurs lui auraient affirmé détenir des preuves selon lesquelles les fonds auraient été reçus à titre personnel. Selon les transcriptions, Zini aurait maintenu son silence avant de reconnaître, sous pression, avoir reçu de l’argent « trois ou quatre fois ». Il aurait alors déclaré que certaines personnes cherchaient à ternir son nom.
Les interrogateurs l’auraient confronté à des informations suggérant que la contrebande ne concernait pas uniquement des produits de consommation, mais qu’elle pouvait soulever des interrogations plus graves. À ce moment, Zini aurait admis que son associé lui avait évoqué des cas de contrebande de cigarettes. Les échanges se seraient intensifiés, et il aurait déclaré : « Je ne sais pas comment sortir de cette situation. Ma situation n’est pas bonne. Je suis tellement impliqué. »
Lors d’un second interrogatoire, les enquêteurs lui auraient présenté la version d’un coaccusé, Aviel Ben David, qui l’aurait directement impliqué. Selon cette version, des cartons de cigarettes auraient été transportés en voiture vers Gaza. Zini aurait répondu ne pas se souvenir précisément du contenu transporté, admettant la possibilité qu’un carton ait été placé dans son véhicule sans qu’il en connaisse le contenu exact.
Un autre passage du témoignage présenté aux enquêteurs évoquerait un paiement en espèces de 200 000 shekels remis à Zini après la livraison présumée de marchandises. Face à cette accusation, il aurait nié toute implication directe, déclarant que ses entrées dans la bande de Gaza constituaient une routine professionnelle.
Vers la fin du second interrogatoire, il aurait admis avoir perçu des fonds, sans toutefois préciser les montants exacts. À la lecture d’une déclaration supplémentaire attribuée à son associé, évoquant des tentatives de suppression d’informations sensibles liées à des unités militaires, Zini aurait rejeté catégoriquement ces accusations, affirmant que son nom était exploité à des fins de diffamation.
Concernant les sommes reçues, il aurait déclaré ne pas savoir précisément combien il avait perçu, évoquant des montants approximatifs de 200 000 à 250 000 shekels, avant de conclure qu’il avait bien reçu de l’argent sans pouvoir en détailler le total exact.
Il y a environ deux semaines, un acte d’accusation grave a été déposé contre Zini, Aviel Ben David et treize autres prévenus. Les charges incluent des infractions sécuritaires majeures, parmi lesquelles l’aide à l’ennemi en temps de guerre. Le dossier doit être examiné par le tribunal de district de Beersheba, où le parquet devrait demander le maintien en détention des accusés jusqu’à la fin de la procédure judiciaire.
L’affaire soulève des interrogations profondes sur la surveillance des flux de marchandises vers Gaza et sur les mécanismes de contrôle interne. Elle intervient dans un contexte de tension sécuritaire élevée, où toute faille logistique peut avoir des implications stratégiques.
L’affaire Zini dépasse le cadre d’un simple dossier de contrebande. Elle touche à des questions sensibles de sécurité nationale, de confiance institutionnelle et de responsabilité individuelle. Les transcriptions des interrogatoires dressent le portrait d’un suspect oscillant entre silence stratégique, dénégations et aveux partiels.
Si la justice devra établir les faits définitifs, les éléments déjà rendus publics montrent un enchevêtrement complexe de relations, d’intérêts financiers et d’enjeux sécuritaires. La mention répétée de paiements en espèces, de transport de marchandises vers Gaza et d’éventuelles tentatives de dissimulation d’informations confère à ce dossier une dimension particulièrement grave.
Dans un contexte de conflit actif, toute allégation de soutien logistique à des entités hostiles est examinée avec une rigueur accrue. Le procès à venir constituera un moment déterminant pour clarifier les responsabilités et mesurer l’ampleur réelle des faits.
En attendant, cette affaire illustre la fragilité des équilibres sécuritaires et l’importance d’un contrôle strict des flux matériels dans une région sous tension permanente.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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