« Le karma est arrivé » : Eric Robic — qui a tué Lee Zeitouni à Tel Aviv quand il était ivre, s’est enfui de la scène et a volé vers la France — a été assassiné par balle dans les rues de Paris

Le destin vient de clore, de la manière la plus brutale et la plus spectaculaire qui soit, l’un des chapitres les plus douloureux et les plus révoltants de l’histoire criminelle entre Israël et la France. Eric Robic, l’homme dont le nom est devenu en Israël synonyme d’injustice, de mépris souverain pour la vie humaine et de fuite lâche, a succombé à ses blessures après avoir été la cible d’un tir de précision en plein cœur de la capitale française. Pour la famille de Lee Zeitouni et pour des milliers d’Israéliens qui n’ont jamais oublié ce matin noir de septembre 2011, cette nouvelle résonne comme un épilogue sanglant, venant confirmer ce sentiment populaire tenace que, tôt ou tard, la facture finit par être présentée à ceux qui pensaient pouvoir s’en affranchir.

L’histoire qui a secoué l’État hébreu commence par une tragédie transformée en scandale international. Lee Zeitouni, une jeune femme lumineuse de 25 ans, traversait une rue de Tel Aviv pour se rendre à son travail lorsqu’elle a été fauchée par un SUV noir lancé à une allure folle. À son bord, Eric Robic et son complice Claude Khayat, deux ressortissants français qui venaient de passer la nuit à brûler la vie et à consommer de l’alcool. Au lieu de piler, au lieu de porter secours à cette jeune femme qui se vidait de son sang sur le bitume, les deux complices ont choisi d’écraser l’accélérateur, l’abandonnant à une agonie solitaire sous les yeux des passants horrifiés par tant de cynisme.

Le mot-clé de cette affaire, au-delà de l’accident lui-même, reste la karma. Ce concept de justice immanente a hanté les discussions en Israël pendant plus d’une décennie. Dans un geste d’une froideur qui dépasse l’entendement, Robic et Khayat se sont précipités à l’aéroport Ben Gourion quelques heures seulement après avoir tué Lee. Profitant de leur double nationalité et de la lenteur initiale de l’identification, ils ont décollé pour Paris, mettant les Alpes et la Méditerranée entre eux et les menottes de la police israélienne. Ce départ a déclenché une crise diplomatique sans précédent, la France se retranchant derrière sa constitution pour refuser l’extradition de ses propres enfants, malgré la clameur de Tel Aviv et les manifestations à Paris.

Pendant des années, une impunité insolente a semblé protéger Robic. Bien que finalement rattrapé par la justice française en 2014 pour les faits commis en Israël, les peines prononcées ont été accueillies avec une amertume profonde par l’opinion publique israélienne. Eric Robic avait été condamné à cinq ans de prison ferme, une sentence perçue comme un simple contretemps par rapport à la vie fauchée de Lee. La justice des hommes, entravée par les frontières et les traités, n’avait jamais réussi à effacer l’affront de cette fuite qui avait laissé une plaie béante dans la conscience collective des Israéliens, choqués par l’usage du passeport français comme « ticket de sortie » pour un meurtrier.

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Les rapports de police qui parviennent aujourd’hui de Paris dessinent la fin de parcours d’un homme qui n’a jamais vraiment quitté les bas-fonds de la criminalité. Eric Robic a été abattu dans ce qui ressemble à un règlement de comptes classique, un incident criminel pur et dur. L’homme, qui flirtait depuis longtemps avec les réseaux troubles, a fini par rencontrer la violence qu’il avait lui-même semée, bien que sous une autre forme, des années plus tôt. Sur les réseaux sociaux israéliens, la mèche s’est allumée instantanément. La karma a pris son temps, mais elle a fini par frapper à la bonne porte, écrivent des internautes, traduisant une satisfaction sombre que les codes de procédure pénale n’auraient jamais pu offrir.

Cette fin de trajectoire souligne l’illusion d’un individu qui pensait pouvoir vivre éternellement au-dessus des lois en utilisant les passeports comme des boucliers. En fuyant Tel Aviv en 2011, Robic ne fuyait pas seulement une cellule de prison, il fuyait un impératif moral élémentaire : celui de regarder son crime en face. Sa mort sous les balles, dans cette ville de Paris qu’il avait transformée en forteresse contre la justice israélienne, boucle la boucle d’une existence marquée par l’esquive. Pour les proches de la victime, ce dénouement n’efface pas l’absence, mais il met un point final à l’insolence de celui qui avait choisi de laisser mourir une jeune femme pour sauver sa propre liberté.

Le cas Robic restera gravé comme un avertissement dans les annales des relations franco-israéliennes. Il a forcé deux nations à se confronter à l’absurdité de certaines règles internationales face à la barbarie routière. Au bout du compte, c’est la loi de la rue, celle-là même que Robic semblait affectionner dans ses dérives nocturnes, qui a rendu le dernier arbitrage. La mort de Lee Zeitouni avait suscité une émotion nationale en raison de la personnalité de la victime et de la fuite orchestrée des coupables. Aujourd’hui, cette page noire se tourne par un retour de flamme violent, illustrant que même les frontières les plus gardées ne peuvent protéger indéfiniment un homme de son propre passé.

L’annonce de cet assassinat vient clore une longue attente. Elle rappelle que le temps n’efface pas tout et que la mémoire des victimes reste vive, même quand les bourreaux pensent s’être refait une vie loin du lieu de leur crime. Le sentiment de justice immanente évoqué massivement aujourd’hui n’est pas une simple soif de vengeance, mais le constat que l’impunité a ses limites géographiques et temporelles. Eric Robic ne fuira plus, laissant derrière lui le souvenir d’un drame qui a changé le regard d’Israël sur la dignité des victimes face à la lâcheté internationale et aux méandres diplomatiques.

Pour plus d’informations sur l’historique de cette affaire et ses conséquences judiciaires, consultez nos articles sur infos-israel.news :

  1. Affaire Lee Zeitouni : le combat d’une famille contre l’impunité internationale

  2. Eric Robic et Claude Khayat : retour sur le procès qui a divisé la France et Israël

  3. Justice et extradition : pourquoi le dossier Zeitouni a changé la loi


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