Un habitant d’Eilat qui avait avoué le meurtre de son fils retrouvé mort dans sa voiture

Asher Goldstein, résident d’Eilat âgé de 89 ans, a été retrouvé sans vie hier dans son véhicule garé aux abords de la ville. Il était allongé sur la banquette arrière, habillé de vêtements légers. Dans la voiture, les enquêteurs ont découvert des contenants remplis de produits inflammables. La police d’Eilat a ouvert une enquête, mais les premiers éléments convergent vers un acte volontaire. Derrière ce fait divers se déploie l’une des histoires les plus sombres de la chronique judiciaire israélienne récente.

Goldstein n’était pas un inconnu des tribunaux. Dans les années 1970, il avait été condamné pour le meurtre de son épouse et avait purgé onze ans de prison. Une peine accomplie, une dette payée selon le droit — mais une vie marquée au fer rouge. Ce que personne ne savait encore, c’est qu’il portait depuis plus d’un demi-siècle un secret bien plus lourd. Il y a environ un an, Goldstein avait fait une confession qui avait secoué l’opinion : il avait tué son propre fils, alors âgé de 5 ans, plus de 51 ans auparavant. Un enfant. Un crime enfoui pendant toute une vie d’homme.

La police d’Eilat avait alors ouvert une enquête. Elle l’avait interrogé, cherché des preuves, tenté de construire un dossier. Sans succès. Faute d’éléments suffisants pour le mettre en examen, Goldstein avait été relâché. La confession existait, le crime était avoué — mais la justice, dans ses formes légales, n’avait pas pu aller au bout. Il était ressorti libre, à 88 ans, avec le poids de cette révélation sur les épaules et le regard du monde sur lui.

La présence de contenants de produits inflammables dans la voiture où son corps a été retrouvé n’est pas un détail anodin. Elle suggère une préparation, une intention, une décision arrêtée avant de monter dans ce véhicule. À 89 ans, après deux meurtres — l’un condamné, l’autre avoué mais non poursuivi — après la prison, la confession publique et l’enquête avortée, Goldstein semble avoir choisi de mettre fin à ses jours dans la discrétion des montagnes entourant Eilat. Vêtu légèrement, installé à l’arrière, comme quelqu’un qui ne prévoyait pas de reprendre le volant.

Ce type de mort interroge autant qu’elle clôt. Que cherchait-il dans cette confession tardive, un an avant sa mort ? Une forme de soulagement ? Une reconnaissance, même douloureuse, de ce qu’il avait fait ? Ou simplement l’impossibilité de continuer à porter seul ce qu’il avait tu pendant des décennies ? Les réponses sont parties avec lui. Ce qui reste, c’est le récit d’une vie traversée par une violence intime et répétée, que ni les années de prison ni le temps écoulé n’avaient suffi à effacer.

Pour les enquêteurs d’Eilat, le dossier reste ouvert dans ses formes — mais dans les faits, il se referme. L’homme qui avait avoué avoir tué son fils est mort avant que la justice ait pu statuer. Le fils, lui, est mort il y a plus d’un demi-siècle, dans un silence que son père a maintenu jusqu’à la fin de sa vie, ou presque.


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