Frappe sur une position de la FINUL au Liban : un soldat supplémentaire succombe à ses blessures

Un nouveau deuil frappe la FINUL. Le caporal Rico Pramudia, soldat du contingent indonésien de la force de maintien de la paix des Nations Unies au Liban, est décédé ce vendredi dans un hôpital de Beyrouth des suites de ses blessures. Il avait été grièvement atteint dans la nuit du 29 mars lors d’une frappe de missile sur la position de la FINUL dans le village de Kfar Adchit al-Qossaïr, près de Nabatiyeh, dans le sud du Liban.

Pramudia est le sixième soldat indonésien de la FINUL à périr depuis le début de la présence du contingent de l’ONU dans la région. Sa mort porte à 347 le nombre total de Casques bleus tués dans l’exercice de leurs fonctions depuis le déploiement initial de la force en 1978.

Une zone de tension extrême

Le village de Kfar Adchit al-Qossaïr, où se trouvait la position touchée, se situe dans l’un des secteurs les plus sensibles du Liban-Sud — une zone où des combattants du Hezbollah opèrent face aux forces de Tsahal, et où la FINUL est positionnée en tampon et en force de surveillance. Des publications libanaises ont attribué la frappe mortelle à un tir d’artillerie de Tsahal, une affirmation qui n’a pas été confirmée de source indépendante.

La mort de Pramudia survient quelques jours après celle d’un soldat français de la FINUL. Le président Emmanuel Macron avait annoncé mercredi dernier, dans un post sur X, le décès d’un Casque bleu français tué à la suite d’une attaque menée par une unité du Hezbollah — un des trois soldats français blessés lors de cet incident, qui a succombé à ses blessures. Un second soldat français blessé lors du même incident est également décédé.

La FINUL en fin de mission, mais sous les tirs

Le contexte dans lequel surviennent ces décès est particulier : la FINUL se trouve actuellement en phase de réduction progressive de ses effectifs, dans le cadre d’une décision de mettre fin à son déploiement cette année. Les unités sont en cours de retrait, mais les soldats encore sur place continuent d’être exposés aux violences d’un terrain qui ne s’est jamais véritablement stabilisé depuis la résolution 1701 du Conseil de sécurité, adoptée en 2006 pour mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah.

Dans sa déclaration officielle suite au décès de Pramudia, la FINUL a exigé de toutes les parties qu’elles « respectent leurs engagements au titre du droit international et garantissent la sécurité du personnel et des biens des Nations Unies à tout moment ». L’organisation a réaffirmé que « les attaques délibérées contre des forces de maintien de la paix constituent de graves violations du droit international humanitaire et de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, et peuvent être considérées comme des crimes de guerre. »

Cette mise en garde résonne dans un contexte où la zone frontalière reste le théâtre d’échanges de tirs réguliers, de violations du cessez-le-feu et d’incidents impliquant aussi bien le Hezbollah que Tsahal — plaçant les Casques bleus dans une position structurellement précaire, coincés entre deux forces qui refusent de respecter les lignes tracées par la communauté internationale.


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