Le directeur de l’hôtel hollandais révèle : « Je suis agent du Mossad » | Les opérations les plus dangereuses contre le nucléaire iranien

Dans la province paisible d’Overijssel, au nord-est des Pays-Bas, à la frontière allemande, les habitants pensaient connaître « Jonathan Mor » — un hôtelier prospère, homme de famille irréprochable, businessman accompli. Tout cela était vrai. Mais il y avait un autre pan de sa vie, caché et vertigineux : pendant quinze ans, cet homme a été l’un des agents les plus précieux et les plus secrets du Mossad en Europe, opérant au cœur des opérations les plus dangereuses contre le programme nucléaire iranien. Cette semaine, le journal hollandais De Telegraaf a levé le voile sur son identité, à l’occasion de la parution de son livre, « Espion du Mossad ».

L’histoire commence dans l’adolescence. Pendant que ses camarades jouaient au football, le jeune garçon d’Overijssel construisait dans son grenier des albums de coupures de presse détaillés sur les opérations de Tsahal, dissimulés derrière des panneaux secrets. « Ils sont probablement encore là aujourd’hui », confie-t-il. Cette obsession pour Israël l’a conduit à faire son alyah, à s’installer dans un kibboutz, à se convertir au judaïsme. Il souhaitait s’engager dans des unités de commando — mais le renseignement militaire (Aman) l’a repéré avant. Le profil était idéal : un Hollandais polyglotte, capable de se fondre dans presque n’importe quel environnement sans éveiller le moindre soupçon.

De l’hôtel aux salles obscures du renseignement

Lorsqu’il se marie et que ses enfants naissent, « Mor » échange le service militaire contre l’hôtellerie — ce qui le ramène aux Pays-Bas. C’est depuis son hôtel que tout commence. Après les attentats du 11 septembre 2001, le Mossad lui demande de l’aider sur le sol hollandais. « Le travail pour ce que nous appelions ‘le Bureau’ n’a pas commencé par des missions façon Hollywood. La plupart du soutien que j’ai fourni venait simplement de mon hôtel. Progressivement, des missions plus complexes m’ont été confiées. »

Parmi les révélations les plus frappantes figure son implication dans « l’opération Kouplar » (« Le Marieur »). Jusqu’en 2022, « Mor » a travaillé au développement d’un système d’intelligence artificielle révolutionnaire pour le Mossad. Ce système était conçu pour cartographier et identifier les réseaux sociaux et politiques en Iran, et filtrer automatiquement les candidats susceptibles de servir d’ »yeux et d’oreilles » d’Israël à l’intérieur de la République islamique. Le système était capable d’établir un premier contact avec des informateurs potentiels via des messages et des appels téléphoniques. « Mor » exprime une fierté immense pour ce projet, qui selon lui a permis au Mossad de maîtriser « le déluge d’informations » et de le transformer en renseignement opérationnel de qualité.

Le charme, le bluff et l’argent

Sur le terrain, « Mor » opérait sous des dizaines d’identités fictives, se faisant passer pour un homme d’affaires fortuné et un investisseur international. Il recevait des scientifiques et des militaires iraniens dans des restaurants de luxe et des clubs privés aux quatre coins du monde. Il a réussi à recruter des dizaines d’agents aux plus hauts échelons du programme nucléaire iranien et des Gardiens de la Révolution, en utilisant « le charme personnel, le bluff et l’argent ».

L’un des cas les plus troublants qu’il décrit : il a établi un contact avec un membre de la famille du scientifique nucléaire Saïd Borji à Hong Kong, sous couverture d’un projet d’aide humanitaire. L’objectif était d’atteindre Borji lui-même pour lui présenter un ultimatum — coopérer ou être éliminé. Borji a finalement été tué lors de frappes de missiles israéliennes dans le cadre de l’opération « Am Kelavi » en juin 2025.

« Mor » décrit aussi des moments de tension psychologique extrême — comme celui où il buvait du thé avec une cible désignée à l’élimination, quelques minutes avant que le véhicule de cet homme soit attaqué par un drone. « Ce qui m’a aidé, c’était de penser aux civils innocents qui seraient sauvés grâce à l’arrêt de ces livraisons d’armes. »

Soleimani dans le collimateur

Autre révélation explosive : « Mor » a été impliqué dans les préparatifs de l’élimination du général iranien Qassem Soleimani, commandant de la force Al-Qods des Gardiens de la Révolution. Un premier plan avait été contrecarré sous la présidence de Barack Obama en 2015 — mais le renseignement collecté a finalement servi à son élimination à l’aéroport de Bagdad en janvier 2020, sous la présidence de Donald Trump.

« Mor » ne regrette rien. Il voit dans son travail une mission supérieure pour la protection d’Israël et de l’Occident face au terrorisme et à l’islam radical. Son histoire souligne l’immense valeur que le Mossad accorde aux agents possédant une citoyenneté étrangère — des profils qui lui permettent d’opérer librement dans des endroits où tout Israélien serait immédiatement identifié.


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