« Pas pris au sérieux » : l’Ukraine avait mis en garde Israël contre les drones explosifs

La presse internationale a concentré son attention sur Israël cette semaine autour de trois révélations qui, prises ensemble, dessinent un tableau stratégique d’une complexité inédite : les limites de l’adaptation militaire israélienne face aux drones de nouvelle génération du Hezbollah, les menaces iraniennes sur le détroit d’Ormuz, et le déploiement du Dôme de fer aux Émirats arabes unis. Tour d’horizon.

Israël face aux drones à fibre optique : une lacune que l’Ukraine avait signalée

Le Wall Street Journal et l’agence AFP ont tous deux mis en lumière une réalité militaire inconfortable pour Israël : dans le conflit actuel contre le Hezbollah, Tsahal peine à contrer efficacement les drones FPV guidés par fibre optique. La particularité de ces engins tient précisément dans leur technologie de guidage — la fibre optique isole le drone des systèmes de brouillage électronique classiques. Le jamming, qui perturbe le signal radio entre l’opérateur et le drone pour le faire atterrir ou épuiser sa batterie, n’a aucun effet sur un câble physique. Le spoofing GPS — l’envoi d’un faux signal de navigation — non plus.

Ce que révèle le Wall Street Journal va plus loin : l’Ukraine, qui utilise et affronte ces engins depuis des années sur son propre champ de bataille, avait proposé à Israël un partage d’expérience et d’expertise. La proposition a été déclinée. Oleksiy Reznikov, ministre de la Défense ukrainien entre 2021 et 2023, a déclaré sans ambages que « les avertissements ukrainiens n’ont pas été pris au sérieux ». Il a ajouté que « depuis le 7 octobre et jusqu’à ce jour, Israël fait face à une application agressive d’une expérience de combat dont l’origine est russe, transmise via les mandataires de l’Iran ». Le Hezbollah produit une partie de ces drones directement sur le territoire libanais, selon un de ses porte-parole cité par l’AFP — tout en acquérant d’autres modèles de façon commerciale sur des plateformes comme AliExpress. Le coût unitaire oscille entre quelques centaines de dollars et 4 000 dollars selon les composants. Une arme d’infanterie au prix dérisoire, pour un effet stratégique maximal.

L’Iran veut contrôler le détroit d’Ormuz — et exclure Israël

Iran International, média critique du régime de Téhéran, rapporte que des parlementaires iraniens ont annoncé leur intention d’interdire le passage des navires israéliens et américains dans le détroit d’Ormuz jusqu’au paiement de « réparations » pour les dommages causés par la guerre. Le vice-président du Parlement iranien, Ali Nikzad, a déclaré que ces navires appartiennent à des « États hostiles » et qu’ils devront au préalable indemniser l’Iran avant d’être autorisés à circuler. D’autres membres du Parlement ont étendu cette restriction aux États du Golfe qu’ils considèrent comme proches d’Israël et des États-Unis.

La déclaration s’inscrit dans un contexte de perturbations importantes de la navigation dans le détroit depuis environ deux mois — soit depuis le début du conflit entre Israël et l’Iran. Le détroit d’Ormuz constitue un verrou stratégique mondial : avant la guerre, quelque 20 % des exportations mondiales de pétrole et de gaz transitaient par ce couloir. Un parlementaire iranien, Mohamad Reza Rezaï, a même exigé que toutes les embarcations passant par Hormuz désignent le plan d’eau sous son nom persan — et non « Golfe arabe ». Les revenus perçus sur les navires transiteraient à 30 % vers le « renforcement des infrastructures militaires » et à 70 % vers le « développement économique ». Des déclarations qui relèvent encore de l’avertissement, mais dont le contexte de guerre active avec Israël et le blocus américain du 13 avril leur confèrent une portée inédite.

Le Dôme de fer s’installe dans le Golfe : l’Iran a rapproché Israël et les Émirats

Al-Monitor documente dans un long reportage ce que la guerre iranienne a produit de plus inattendu : le déploiement opérationnel du Dôme de fer israélien aux Émirats arabes unis, avec des dizaines de soldats israéliens. Une première dans le Golfe, à la connaissance des analystes. Le déclencheur est clair : l’Iran a ciblé les Émirats de manière intensive pendant l’opération « Rugissement du Lion », avec 537 missiles balistiques, 26 missiles de croisière et environ 2 250 drones. Le volume de ces attaques a saturé même le système de défense aérien émirati, pourtant parmi les plus sophistiqués du Golfe — il combine des batteries Patriot PAC-3 et THAAD américains, des systèmes coréens KM-SAM et des Pantsir russes.

Face à cet afflux, le Dôme de fer a comblé le déficit de couverture pour les menaces à courte et moyenne portée. Ce déploiement n’est pas une rupture : il prolonge une coopération militaire qui s’est approfondie depuis les Accords d’Abraham en 2020. Les attaques houthistes sur Abu Dhabi en 2022 avaient déjà poussé les Émirats à acquérir deux systèmes israéliens — le Spyder de Rafael et le Barak-8 de l’Industrie aérospatiale israélienne. La guerre avec l’Iran a simplement franchi une étape de plus : de l’achat de matériel à la présence militaire conjointe sur le sol émirati. Ce que l’axe de résistance a cimenté par ses attaques, c’est paradoxalement l’intégration sécuritaire la plus concrète jamais réalisée entre Israël et le monde arabe.


Ces sujets s’inscrivent dans une actualité déjà documentée sur ce site. Sur la menace des drones du Hezbollah : 🔴 Des dizaines de blessés suite à une frappe de drone sur une base militaire à Binyamina. Sur l’ensemble des menaces coordonnées par l’Iran : Le renseignement américain alerte : le Hezbollah est prêt à la guerre, l’Iran orchestre — et Israël sera attaquée de toutes parts.

 


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
© 2025 – Tous droits réservés

Publicité & Partenariats – Infos-Israel.News

📢Voir nos formats & tarifs publicitaires📢

 

S1871ab49133f4530a788d53fb2392d37b