« Il m’a attaquée jusqu’au sang » : un corbeau s’est jeté sur une journaliste — voici la réponse de la mairie

Sheli Tapiro, journaliste judiciaire et d’investigation à la Société de radiodiffusion israélienne (Kan), a vécu ce lundi matin une expérience peu commune sur le chemin du jardin d’enfants de son fils. Un corbeau gris l’a attaquée violemment à l’entrée de l’établissement, la blessant jusqu’au sang. La veille, elle avait été témoin d’une scène similaire : un enfant quittant le même jardin d’enfants s’était fait foncer dessus par le même oiseau. « L’enfant, terrorisé, a hurlé et s’est enfui en courant », raconte-t-elle.

Dans un post publié ce matin sur le réseau X (anciennement Twitter), Tapiro a décrit les faits sans détour : « Hier en sortant du jardin d’enfants de mon fils, j’ai assisté à une attaque de corbeau sur un des enfants. Ce matin, j’ai été attaquée jusqu’au sang à l’entrée du jardin par un corbeau. » Elle a aussitôt contacté le centre d’appels de la municipalité de Tel-Aviv-Jaffa pour signaler le problème. La réponse de l’opératrice a été lapidaire : « Il n’y a rien à faire, nous ne traitons que les corbeaux blessés. » Tapiro a alors rétorqué : « Et les êtres humains blessés, vous ne vous en occupez pas ? »

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La journaliste a tagué la municipalité directement sur les réseaux sociaux pour obtenir une réaction officielle. La mairie a effectivement répondu, mais la teneur de sa réponse n’a guère rassuré les parents. Selon la municipalité, l’incident s’explique par un phénomène bien connu et parfaitement documenté : la fin de la saison de nidification. En cette période, les oisillons qui tentent leurs premiers envols tombent parfois du nid et restent au sol. Les corbeaux parents, dans ce contexte, attaquent instinctivement quiconque s’approche — ou leur semble s’approcher — de leur progéniture. « Nous sommes actuellement en fin de saison de nidification. Il y a des oisillons ou des jeunes oiseaux qui tentent de s’envoler du nid et tombent. Dans ces cas-là, les corbeaux parents attaquent toute personne qui s’approche, ou qui leur paraît s’approcher, du jeune oiseau », a expliqué la mairie.

La réponse de la municipalité a cependant suscité une perplexité légitime. Après avoir fourni cette explication biologique, la mairie a ajouté qu’elle n’avait « pas la possibilité d’intervenir pour résoudre ce phénomène dangereux » et s’est contentée de recommander aux habitants de « s’éloigner de la zone jusqu’à ce que les oisillons s’envolent ». Tapiro a alors demandé la localisation précise du jardin d’enfants pour que la mairie puisse « traiter le problème » — tout en soulignant l’absurdité de la recommandation : s’éloigner de la zone signifie concrètement ne pas amener les enfants à la crèche. « Je ne sais pas comment dire ça, mais la mairie de Tel-Aviv, sommée de traiter des corbeaux agresseurs devant un jardin d’enfants, conseille aux parents qui ont été attaqués de s’éloigner de la zone », a-t-elle résumé avec une ironie à peine voilée.

L’incident n’est pas aussi anecdotique qu’il n’y paraît. Le corbeau gris, ou corbeau à nuque grise (Corvus cornix), est une espèce dont la population a considérablement augmenté dans les zones urbaines israéliennes au cours des dernières décennies. Particulièrement intelligent et territorial, cet oiseau est connu pour sa mémoire, sa capacité à reconnaître les visages humains — et sa rancune tenace. Des recherches récentes ont mis en lumière ce caractère vengeur. Pendant la période de nidification, de la fin du printemps au début de l’été, les comportements agressifs se multiplient dans les espaces publics, aux abords des écoles et des parcs. Plusieurs municipalités israéliennes ont été confrontées au problème ces dernières années sans avoir trouvé de solution véritablement satisfaisante, les oiseaux étant protégés par la réglementation environnementale.

L’échange entre Tapiro et la mairie de Tel-Aviv illustre une tension réelle entre la protection de la faune sauvage et la sécurité des usagers des espaces publics. L’Autorité de la nature et des jardins, selon les propos rapportés par la journaliste, serait elle aussi concernée par le dossier — mais là encore, sans intervention concrète immédiate. En attendant que les jeunes corbeaux prennent leur envol et que leurs parents retrouvent leur calme habituel, l’entrée du jardin d’enfants reste un passage à risque.

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