Il a tiré devant les enfants — puis s’est réfugié à la synagogue : un neveu inculpé du meurtre de son oncle à Herzliya

Un acte de mise en examen a été déposé contre Shovál Bar-El, 20 ans, de Herzliya, pour le meurtre de son oncle Reuven Kraif. L’acte d’accusation retient une série d’infractions graves : meurtre avec circonstances aggravantes par indifférence à la vie humaine, incendie criminel, port et détention illégale d’armes à feu, tirs dans une zone résidentielle, dégradation volontaire de véhicule, menaces et entrave à la justice. Ce profil pénal est d’autant plus saisissant que Bar-El avait déjà été condamné deux fois par le passé pour des faits de violence, de menaces et de stupéfiants, et avait écopé d’une peine de prison avec sursis de six mois.

Tout part d’un conflit d’apparence banale entre membres d’une même famille vivant dans le même immeuble à Herzliya. La victime, Reuven Kraif — l’oncle de l’accusé — avait coupé l’alimentation en eau et en électricité de l’appartement occupé par Bar-El et son père, en raison d’un litige autour d’une unité de logement. Un désaccord de voisinage, le genre de friction qui se règle ordinairement devant un tribunal ou un médiateur. Mais Bar-El avait, selon l’acte d’accusation, réagi par une intimidation calculée. Lors d’une altercation dans la cour de l’immeuble, il avait lancé à son oncle des mots dont la portée n’allait pas tarder à se révéler : « C’est ton choix. Tu as choisi. Souviens-toi que c’est ton choix. »

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Ce qui a suivi relève d’une escalade méthodique. Bar-El s’est présenté aux abords du domicile de Kraif armé d’un pistolet semi-automatique et muni d’un jerrican rempli de liquide inflammable. Il a mis le feu au véhicule de son oncle et tiré deux fois sur la voiture de l’épouse de celui-ci, avec l’intention déclarée d’intimider le couple et de le contraindre à céder à ses exigences. La coupe d’eau et d’électricité n’avait toujours pas été rétablie une semaine plus tard.

C’est à ce moment que Bar-El est passé à l’acte final. Selon l’acte d’accusation, il s’est d’abord rendu à une synagogue de la ville, où il s’est changé, a enfilé une cagoule et des gants pour brouiller les pistes, puis a enfourché une moto en direction de l’immeuble de son oncle. Kraif se trouvait alors dans le salon avec son épouse et leurs deux jeunes enfants. Bar-El a tiré six coups de feu à travers la fenêtre, en sachant pertinemment qu’il risquait d’atteindre l’un des membres de la famille présents dans la pièce. Cinq projectiles ont fait des dégâts dans le salon et la cuisine adjacente. Le sixième a frappé Reuven Kraif à la nuque, le faisant s’effondrer sur le sol. Son épouse a appelé un voisin à l’aide, qui a commencé les manœuvres de réanimation en attendant les secours. Kraif a été transféré à l’hôpital Meir de Kfar Saba, où son décès a été constaté.

Bar-El, lui, avait déjà pris la fuite. Il est retourné à la synagogue, s’est à nouveau changé, a dissimulé les vêtements portés pendant la fusillade dans un sac qu’il a glissé dans la cour de l’établissement — et a fait disparaître l’arme. Ce n’est pas la scène du crime qui a trahi l’accusé, mais les caméras de surveillance : le parquet a joint à l’acte d’accusation des images filmées par ces caméras, qui documentent les tirs, ainsi que des informations sur le sac retrouvé à la synagogue. Deux preuves matérielles qui reconstituent point par point la chronologie minutieusement planifiée d’un meurtre.

L’affaire illustre une fois de plus la violence explosive que peuvent générer les conflits de voisinage quand ils se doublent de liens familiaux distendus, de rancœurs accumulées et d’un accès aux armes. Bar-El n’était pas un inconnu de la justice : ses antécédents auraient dû déclencher une vigilance particulière. Le fait qu’il ait pu planifier et exécuter ce meurtre avec ce degré de préméditation — se préparer dans une synagogue, utiliser un déguisement, dissimuler l’arme après le tir — indique une détermination froide qui tranche avec l’image d’un acte de violence spontanée.

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