L’accord entre les États-Unis et l’Iran lui a fourni l’occasion qu’il attendait. Naftali Bennett, ancien Premier ministre et candidat déclaré à la tête d’un mouvement politique qui monte dans les sondages, a lancé une attaque en règle contre Benjamin Netanyahu dans le cadre d’une interview diffusée sur la radio 103FM. Le ton était celui d’un homme qui n’a plus rien à ménager.
Bennett a d’abord posé son diagnostic sur le mandat de Netanyahu en des termes accablants : « Le mandat s’est ouvert par une guerre fratricide, s’est poursuivi par le massacre du 7 octobre et s’achève par un échec très lourd face à Téhéran. » Une formule en trois temps qui résume sa lecture de la séquence politique et sécuritaire des dernières années.
Sur l’Iran précisément, Bennett ne nie pas la réalité de la menace ni la nécessité de l’affronter. Mais il conteste la méthode et trace une perspective à long terme : « Le combat contre l’Iran prendra encore des années. En fin de compte, c’est un affrontement entre la puissance nationale israélienne et la puissance nationale du régime iranien. Nous sommes finalement plus forts. Nous sommes une démocratie vivante avec les meilleurs soldats, le meilleur Mossad. » Mais il conditionne cette victoire à une cohésion intérieure qu’il juge aujourd’hui absente : « Si nous continuons dans la déchirure interne et les divisions, nous nous frapperons nous-mêmes. Ce qui a aussi mené au 7 octobre, c’était la guerre fratricide intérieure. Il faut relever la tête. »
Il convoque alors une comparaison historique : « Nous avons surmonté Nasser, nous surmonterons aussi l’Iran — mais pas de cette façon. »
Bennett est également revenu sur un épisode personnel qui illustre, selon lui, l’état d’esprit de Netanyahu : la passation de pouvoir lors de son entrée à la tête du gouvernement. « C’était moins d’une demi-heure — un événement incompréhensible. » L’ancien Premier ministre affirme qu’il était lui-même prêt à consacrer des heures à transmettre les dossiers de l’État, mais que Netanyahu n’a manifesté aucune volonté réelle de briefing. « Il m’a répondu avec des marmonnements incompréhensibles, ‘il faut frapper l’Iran’. J’ai constaté un écart terrible dans le domaine des armements spéciaux que nous n’avions pas, et sans lesquels le mouvement était impossible. »
C’est ce constat, dit-il, qui l’a poussé à s’engager dans un travail intensif pour obtenir les financements nécessaires — des milliards — et lancer, sur une période de deux à trois ans, la mise en place des lignes de production permettant de disposer des outils nécessaires à une opération contre l’Iran. Une référence implicite au travail de préparation qui a rendu possible les frappes sur le programme nucléaire iranien.
Sur sa propre ambition politique, Bennett se montre lucide sur les sondages sans les nier : « Je vois les sondages et je ne le cache pas. Je me bats chaque jour pour obtenir la confiance du public. » Il dresse également le tableau de ce qu’il attend d’un prochain gouvernement : « Il y a des missions colossales. Dans le gouvernement précédent, je pense qu’il y a un consensus que j’ai dirigé un bon gouvernement, avec de bons ministres. Cette fois, diriger ne suffit pas. »
Pour approfondir ce sujet, vous pouvez consulter notre article : Naftali Bennett brise le silence : « Le peuple veut autre chose. Netanyahu doit rentrer chez lui » — ainsi que notre analyse sur l’accord américano-iranien vu depuis Israël.






